jeudi 21 mars 2019
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Questions à...
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CÔTE-D’OR : Baisse notable des atteintes aux biens et hausse des atteintes à l’intégrité physique

30/01/2019 03:14Imprimer l’article
Ce sont des points marquants du bilan de la délinquance présenté ce lundi en préfecture à Dijon. Notons également une explosion du nombre des manifestations, qui prennent de plus en plus de temps aux forces de police.
Le bilan du département de la Côte-d’Or en matière de sécurité publique et routière pour l’année 2018 a été présenté ce mardi par Bernard Schmeltz, Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Préfet de la Côte-d’Or, et Eric Mathais, Procureur de la République de Dijon. Ils étaient pour l’occasion accompagnés par le Général de Division Thierry Cailloz, commandant la Région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté et le Groupement départemental de la Côte-d’Or, par le Commissaire divisionnaire Jean-Claude Dunand, Directeur départemental de la sécurité publique de Côte-d’Or, par Paul Montmartin, Directeur interrégional de la Police Judiciaire, par Frédéric Lest, chef de l’escadron de sécurité routière, et par Frédéric Sampson, sous-préfet, directeur de cabinet du Préfet.

134 manifestations en 2018… contre 34 en 2017


Soulignant «un engagement conséquent et des moyens adaptés», le Préfet a commencé par évoquer quatre points généraux :

- «L’augmentation notable et substantielle des charges liées au maintien de l’ordre public, liée à la menace terroriste toujours très élevée mais aussi aux risques de débordements à l’occasion des manifestations des Gilets Jaunes en fin d’année dans le centre-ville de Dijon».

- «L’évolution des dispositifs mobilisables pour encadrer les événements festifs prévus par la loi SILT» (loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme). Mentionnant le concert de rentrée de Dijon ou la vente des vins des hospices de Beaune, le Préfet note que «la charge que ces services d’ordre représente pose de façon récurrente la question de leur facturation». Cela concerne 44 services d’ordre qui ont représenté 10.391 heures/fonctionnaires.

- La gestion des multiples journées nationales d’action et autres manifestations sur la voie publique, qui a littéralement explosé en 2018. 134 manifestations revendicatives ont en effet été déclarées, contre 34 en 2017. «Elles ont occasionné 124 opérations de maintien de l’ordre qui ont mobilisé 13.520 heures/fonctionnaires, contre 4364 en 2017» précise le Préfet.

- Enfin, en matière d’investissement et de présence des forces de sécurité intérieure lors des manifestations des Gilets Jaunes, Bernard Schmeltz note la mobilisation de plus de 1400 fonctionnaires de police et militaires, dont environ 800 appartenant. à une Unité de Force Mobile (UFM).

Baisse des atteintes aux biens


Les atteinte aux biens (qui représentent 55% de la délinquance générale en zone Police), sont en diminution sur l’ensemble du département. La baisse est de 7% en zone police et de 3% en zone gendarmerie.

- La baisse du nombre de cambriolages est de 6% en zone police et de 5% en zone gendarmerie.

- Diminution également de près de 10% des vols avec violence en zone police, «avec un taux d’élucidation de 35%, en progression de plus de 20% par rapport à 2017». Les vols à main armée, «heureusement peu nombreux», sont quant à eux quasiment stables.

- En zone police, les vols d’automobiles sont en baisse de 22% et les vols de deux roues de 23%.

- Les incendies enfin, en légère baisse (-3,6% en zone police), «restent à un niveau élevé mais ne sont pas tous liés à des violences urbaines». En effet, «ils peuvent correspondre à des escroqueries à l’assurance ou à la volonté de faire disparaître les preuves d’un vol».

Pour le préfet, Bernard Schmeltz, «il faut se féliciter de cette baisse des atteintes aux biens», «qui s’explique par des dispositifs efficaces mis en place par les forces de l’ordre», notamment leur présence sur le terrain et une dynamique de prévention par différentes actions.

Néanmoins, un certains nombre de phénomènes se développent :


- Les vols de GPS dans les exploitations agricoles, avec 35 faits recensés représentant une perte financière de plus de 200.000 euros.

- Les vols de carburants sur les ensembles routiers et les chantiers de travaux publics.

- Les infractions économiques et financières (13% de la délinquance constatée en zone police, en hausse de 5%) ainsi que les escroqueries et abus de confiance (+27%). D’après le préfet, «cette augmentation peut s’expliquer par la cybercriminalité, dont les sites d’achat / revente sont le support principal».

Pour conclure sur ces atteintes aux biens, le Préfet souligne un taux d’élucidation en hausse, de 40% en zone police contre 37% en 2017, «dû à un fort investissement des enquêteurs».

Les atteintes à l’intégrité physique en hausse


En hausse, les atteintes à l’intégrité physique représentent 18% de la délinquance constatée en zone police. Elles sont en hausse sur l’ensemble du département : +9% en zone police et +7,3% en zone gendarmerie.

Cela concerne notamment :
- Les violences sexuelles (+23% en zone police et +28% en zone gendarmerie).
- Les violences intra-familiales (33% des violences volontaires en zone police, en hausse de 5% en zone gendarmerie).
- Les violences à l’encontre des dépositaires de l’ordre public sont en hausse de 20% en zone police, une hausse dont les événements du samedi liés aux manifestations des Gilets Jaunes sont largement responsables selon le Préfet.

Hausse des infractions relevées par l’action des service


Les «infractions relevées par l’action des service» sont en augmentation de 17% en zone police et de 19% en zone gendarmerie, notamment dans le domaine des stupéfiants (+19% en zone police et +22% en zone gendarmerie), avec une hausse des trafics et deals de rue ainsi que des usages.
Les affaires solutionnées en matière de recel sont en hausse de 23% en zone police et les affaires de port et détention d’arme augmentent de 14%.

Pour le préfet, «cette hausse est à prendre des deux cotés : les faits constatés sont en hausse, mais c’est le résultat d’une forte implication des services». «Ces bons résultats sont à mettre au crédit d’une coordination constante avec les services du parquet, dans le respect des prérogatives propres aux autorités administratives et judiciaires».

Une phrase sur laquelle le procureur, Eric Mathais, a immédiatement enchaîné : «Il y a en effet d’excellentes relations, constructives, entre les différents acteurs de la sécurité».

Légère hausse du nombre des affaires traitées par le parquet


Et d’ajouter que «si les services de justice n’étaient pas en mesure de traiter ces faits, les efforts des forces de sécurité ne serviraient à rien». C’est ainsi que le procureur a fait le point sur le traitement judiciaire des mis en cause dans les différentes affaires, notant «une situation compliquée au parquet, qui nous a obligé à refaire quatre fois l’organigramme pour mieux traiter les dossiers».

Au parquet, le nombre des affaires traitées est en légère hausse : «ça veut dire qu’on traite un peu plus vite les dossiers» explique Eric Mathais.
«L’augmentation des affaires poursuivables, ça veut dire, et il faut en mettre le crédit au forces de sécurité, que l’efficacité est en hausse».
Devant une masse relativement grande d’affaires poursuivables, «si on traite tout, on allonge encore les délais». C’est ainsi que les poursuites ont augmenté de 15% car le parquet a choisi d’augmenter les ordonnances pénales par exemple, à savoir les condamnations sans audience pénale.

Forte hausse des comparutions immédiates


«Les comparutions immédiates augmentent de +18%» poursuit le procureur de Dijon.
Les présentations après garde-à-vue, pour placement sous contrôle judiciaire (sans incarcération) augmentent elles aussi, de +45%.
Ces deux méthodes «sont de puissants leviers face à la demande forte de réponse judiciaire» explique le procureur. «C’est une réponse rassérénante à cette demande de sécurité. C’était pour moi un objectif pour l’année 2018. La composition pénale est une alternative aux poursuites, très pédagogique car avec action civique, et pas un simple rappel à la loi».

Le procureur a enfin signalé une augmentation des saisines rapides du juge pour enfants. «C’est une nécessité car plus on traite rapidement la délinquance des mineurs, plus on a de chances d’éviter un ancrage dans la délinquance».

La nouvelle agence nationale du travail d’intérêt général expérimentée à Dijon


En termes d’objectifs et de perspectives pour 2019, le procureur de la République souhaite «continuer la progression des présentations rapides». «Les dossiers de trafic de stupéfiants ont augmenté, donc je souhaite que l’on fasse un focus sur ces affaires».
Par ailleurs, Eric Mathais a annoncé l’expérimentation nationale à Dijon, parmi 3 ou 4 villes en France, de la nouvelle agence nationale du travail d’intérêt général. «Nous avons obtenu 56.200 euros pour développer le suivi renforcé. Je me lance aussi dans l’expérimentation d’un bureau de soutien aux victimes, avec l’association d’aide au victimes».

«La délinquance est de plus en plus violente»


Jean-Claude Dunand, le Directeur Départemental de la Sécurité Publique, est aussi revenu sur les atteintes au personnes : «La délinquance est de plus en plus violente. On observe une hausse de 14 à 18% des atteintes aux personnes. Concernant les violences sur dépositaire de l’autorité : le contexte des manifestations n’est pas étranger à l’augmentation. En 2018, le nombre de policiers blessés a augmenté, passant de 53 en 2017 à 83 en 2018. Les violences ne sont pas que dans les manifs, mais aussi dans la lutte contre les faits de droit commun. Le rapport à l’autorité est de plus en plus contesté».

Si la mission de la police est toujours la même, lutter contre les faits de droit commun, il est désormais possible d’aller plus loin grâce à la police de sécurité du quotidien. «Nous travaillons sur les rodéos urbains, mais aussi avec les bailleurs pour les nuisances liées aux occupations de halls d’immeubles».
En matière d’économie souterraine, la police a traité 151 affaires supplémentaires par rapport à l’année précédente, pour «plus de 300.000 euros de saisies».

12 policiers blessés sur les manifestations des Gilets Jaunes


Et le directeur départemental de faire part d’une difficulté : «J’ai un vrai problème pour traiter la sécurité du quotidien car la gestion de l’ordre public me prend de plus en plus de temps. Elle représente 8% du volume d’heure disponible pour l’ensemble des missions de police, contre 7% l’an dernier.

Jean-Claude Dunand a également signalé qu’à Dijon, 12 policiers ont été blessés sur les manifestations des Gilets Jaunes depuis le début du mouvement.
Paul Montmartin, Directeur interrégional de la Police Judiciaire est revenu sur la baisse des vols à main armée : «Nous sommes revenus à 7 vols à main armée, comme en 2016, contre 20 en 2017. Ce sont surtout des agressions de commerçants de proximité. Le taux d’élucidation est important, donc c’est un phénomène peu important».

Enfin, le Général de Division Thierry Cailloz, commandant la Région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté et le Groupement départemental de la Côte-d’Or, a affirmé la volonté, pour 2019, de «confirmer la baisse des atteintes aux biens par le déploiement de dispositifs».
Nicolas Richoffer
Photos N.R.

Le bilan de la sécurité routière à lire en cliquant ici


 
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