lundi 10 décembre 2018
Questions à...
Le préfet de Côte-d'Or et de Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz, a réagi ce samedi pour Infos-Dijon.
> Côte-d'Or > Côte d'Or

COTE D'OR : Kheira Bouziane à la rencontre d'acteurs de l'économie sociale et solidaire

08/02/2017 13:01Imprimer l’article
La députée cherche à mieux connaître le secteur de l'ESS, en quête de son modèle économique. Pour cela, elle a visité Ethicofil, une association œuvrant pour la réinsertion professionnelle à Dijon.
Durant une heure, Kheira Bouziane, députée de la 3e circonscription, est venue à la rencontre des responsables et employés de l'association Ethicofil, basée en plein cœur du quartier des Grésilles à Dijon. Depuis près de neuf ans, cette association, qui relève de l'économie sociale et solidaire, embauche des demandeurs d'emploi pour les accompagner dans leur réinsertion professionnelle. «Il faudrait changer le mot "réinsertion", qui a une connotation négative» propose Kheira Bouziane. «Je préfère parler de reconversion».
Ici, toutes les forces vives sont dirigées vers un seul but : «soutenir les gens qui en ont besoin après un accident de parcours, en empêchant le repli sur soi» explique Philippe Granger, le président d'Ethicofil. «Nous réussissons le retour à l'emploi dans 60% des cas».

Reconnaissance et viabilité

Pourtant, rien n'est facile pour ce genre de structures, à mi-chemin entre l'association et l'entreprise. «Le travail fourni est très important mais il y a un problème de manque de reconnaissance et aussi de viabilité» poursuit la députée, membre de la commission des affaires sociales à l'assemblée. «Ce sont des entreprises qui n'ont pas les moyens des entreprises… Il n'y a pas encore de maturité du modèle économique et nous nous devons d'y être attentifs. Leur fragilité tient au fait qu'elles dépendent de subventions et qu'elles sont, de fait, tenues à un devoir de réserve et à une certaine docilité».
Didier Simmoncini, le trésorier de l'association, est en effet contraint de faire avec la baisse des financements : «Aujourd'hui, on se pose la question de déménager car on touche des subventions qui servent à payer un loyer… Pour 2017, on a assuré les salaires mais on a aucune trésorerie d'avance».
Grosse contrainte : ces subventions doivent représenter 70% du budget. «Et puis on doit proposer des prestations au prix du marché pour ne pas créer une distorsion de concurrence» ajoute Sophie Clere, la directrice d'Ethicofil. Ici, les activités sont celles d'un centre d'appel : enquêtes téléphoniques, télémarketing, téléservices, relation téléphoniques. Parmi les nombreux clients, beaucoup d'institutionnels, à l'image du Conseil Départemental de la Côte d'Or, qui a délégué sa gestion du «trafic téléphonique entrant de la plateforme du RSA».

Cindy, 27 ans : «Une réelle opportunité»




L'accueil téléphonique des bénéficiaires du RSA, c'est notamment le travail de Cindy El Habbi, une dijonnaise de 27 ans qui, après une expérience de vente en boulangerie, s'est retrouvée sans emploi : «C'est la mission locale qui m'a positionnée sur ce chantier école. Mon projet aujourd'hui est d'intégrer une formation de secrétaire médico-sociale, mais je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire en arrivant ici. C'est une grande chance et une réelle opportunité de pouvoir travailler ici, en étant accompagner sur notre projet professionnel, avec une directrice vraiment super et un superviseur sur qui on peut toujours compter. J'avais trouvé un emploi mais ça s'est mal passé et j'ai pu revenir. C'est vraiment unique. On sait qu'ils ne nous lâchent pas tant que l'on a pas trouvé !»
Nicolas Richoffer










 
?>