dimanche 22 avril 2018
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COTE-D'OR : «La France Insoumise peut-elle prendre le pouvoir ?», et surtout, comment peut-elle le faire ?

16/04/2018 17:25Imprimer l’article
C'était le thème de la réunion publique organisée par La France Insoumise à Talant, avec comme invités Manuel Bompard, directeur des campagnes nationales du mouvement, et Lenny Benbara, directeur de la publication de la revue Le Vent se Lève, à laquelle une centaine de personnes ont assisté.
«C'est une réunion qui s'inscrit dans la suite du cycle de rencontres initié depuis janvier» explique Arnaud Guvenatam, ancien candidat aux élections législatives de La France Insoumise dans la 1ère circonscription de Côte-d'Or et initiateur du rendez-vous qui a réuni plus de cent personnes. «Il s'agit de donner une visibilité aux actions de La France Insoumise, et de montrer que Dijon est une ville d'intérêt sur laquelle on a des ambitions». Notamment en vue des prochaines élections européennes et municipales. «Ici, Jean-Luc Mélenchon a réalisé un score de 22%, au dessus de sa moyenne nationale, et tous les candidats de La France Insoumise étaient devant les candidats du Parti Socialiste».

«Une formule un peu provocatrice»


Le thème est «une formule un peu provocatrice car la philosophie de notre mouvement est bien la réappropriation du pouvoir par les citoyens, et pas par un parti en tant que tel» ajoute Arnaud Guvenatam, confirmé dès le début de ses propos par Manuel Bompard : «l'idée est d'avoir un débat en partant du principe que l'on souhaite que le peuple prenne le pouvoir, par le biais de la France Insoumise, qui n'est qu'un outil au service du peuple. C'est ainsi qu'il faut reformuler la question. Il s'agit de discuter des modalités de cette prise de pouvoir. Les campagnes de 2017 ont ouvert ces débats stratégiques au sein du mouvement, et même plus largement».

Et le directeur des campagnes nationales de poser quelques questions comme préalable : «doit-on faire référence au clivage droite-gauche ? Les mobilisations sociales aboutissent-elles toujours sur des bouleversements politiques ?». Une manière de «poser les débats de fond» et de «se projeter hors du temps électoral».

«Faire face à des enjeux de crédibilité»


De son coté, Lenny Benbara s'attache à «mettre en lumière les verrous qui empêchent cette prise de pouvoir» et à «revenir sur ce qu'a été cette élection et ce qu'elle révèle sur l'état politique du pays». Pour lui, le parti doit «faire face à des enjeux de crédibilité» qui se sont matérialisés lors des scrutins de 2017 par une peur du saut dans l'inconnu d'une partie des Français».Il faut par exemple se demander «ce que signifie "conquérir la centralité" pour ce mouvement qui a réussi à s'extraire du carcan de la Gauche de la Gauche».

Manuel Bompard reprend : «On ne nie pas qu'une grande partie de nos propositions politiques se situe à gauche. Mais la gauche est un discours mobilisateur qui s'est estompé, pour plusieurs raisons. Du fait du bilan du quinquennat Hollande d'une part, mais aussi parce que les gouvernements de droite et de gauche ont mené peu ou prou la même politique ces dernières décennies. Mais il y a aussi une raison plus tactique : en nous positionnant à gauche, on est obligé de se démarquer et on ne peut revendiquer un positionnement plus central».
Dans cette perspective, «la question des alliances se pose» selon Lenny Benbara. «Reste à définir leur périmètre. Faut-il faire un nouveau front de Gauche ?»

«Recherche de transversalité»


Au rang des atouts de La France Insoumise, Manuel Bompard liste «le nombre d'adhérents, qui a permis de franchir un seuil de crédibilité, ainsi que le score et l'obtention d'un groupe à l'Assemblée Nationale. Ces trois éléments ont permis aux Français d'identifier clairement La France Insoumise comme une force politique du pays». «La capacité, durant la séquence électorale, à se désenclaver en sortant du carcan de l'image d'un groupe de gens jamais contents qui ne veulent pas que ça bouge» est aussi à mettre au crédit du mouvement selon lui, tout comme «la recherche de transversalité» sur nombre de sujets. Il cite notamment l'exemple de la souffrance animale.
Dans sa stratégie, «la France Insoumise s'est demandé quels sont les axes politiques qui ont des capacités de mobilisation, qui parlent du quotidien des gens, au lieu de se demander quels compromis faire pour rassembler une somme d'étiquettes politiques».

Pour autant, le responsable national point aussi quelques faiblesses. «Le seuil de crédibilité était-il suffisamment haut ? Comment résoudre le problème de ceux qui se demandent s'il est dangereux de nous donner le pouvoir ?». Pour répondre à cette question, Manuel Bompard invoque «le travail parlementaire, qui n'est pas un simple travail d'opposant mais un vrai travail de proposant». Pour lui, une autre faiblesse est «le poids de l'idéologie dominante et du parti médiatique». «Je ne me rappelle pas avoir vu une offensive aussi forte que celle à laquelle on assiste depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Avant, les médias essayaient au moins de faire semblant…» Pour lui, bien-sûr, la réponse passe par la création et le développement de médias autonomes.

Dernières faiblesses en passe d'être corrigées : «la nécessité de faire émerger une équipe, donc un gouvernement potentiel, et pas un seul homme. Je pense qu'on réussit à le faire depuis». Quant à la «résignation» qui domine entre les périodes électorales, il préconise de «la combattre en martelant les discours et en ne lâchant jamais rien». Ça aussi, de toute évidence, la France Insoumise parvient bien à le faire.
N.R.