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CÔTE-D’OR : Le CHU et le SDIS renforcent leur coordination sur les prises en charge pré-hospitalières

23/10/2019 13:33Imprimer l’article
Une nouvelle convention est signée entre le CHU Dijon Bourgogne et le Service départemental d’incendie et de secours de Côte-d’Or.
Sous l’autorité du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et de l’Agence régionale de santé, le CHU Dijon Bourgogne et le SDIS 21 ont travaillé à une nouvelle convention pour mieux répondre aux situations d’urgence. Elle cadre ainsi le secours à la personne et l’aide médicale d’urgence, «chacune des institutions dans son domaine d’expertises», souligne Nadiège Baille, directrice du CHU Dijon Bourgogne.

Une fonction de coordonnateur ambulancier pour plus d’efficacité


L’un des actes majeurs de la nouvelle convention est la création de la fonction de coordonnateur ambulancier au sein du Centre de réception et de régulation des appels (CRAA)-Centre 15 du CHU Dijon Bourgogne. Effective de le 1er octobre 2019, cette fonction spécifique a pour but de mobiliser, du lundi au vendredi, de 8h à 20h, de façon beaucoup plus efficace, les transporteurs ambulanciers privés et d’éviter ainsi le recours aux Véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV). Il s’agit là d’alléger peut-on dire la charge opérationnelle du SDIS 21 et d’atténuer les répercussions des carences.



«De manière concertée et en synergie dans la prise en charge pré-hospitalière»


Pour Hubert Poullot, président du Conseil d’administration du SDIS 21, la signature officielle ce mardi au siège du Service départemental était attendue, «car elle régit les règles de mise en oeuvre du traitement des secours, indispensable dans l’intérêt de nos structures respectives mais aussi de nos personnels et des Côte-d’Oriens». C’est selon lui «une réelle avancée, dans la complémentarité et l’adaptation de nos structures dans les réponses à apporter à la population, avec efficacité et éthique, de manière concertée et en synergie dans la prise en charge pré-hospitalière». Pour le président, la graduation dans le traitement des carences, prévue aussi dans la convention, va effectivement permettre de mieux gérer l’indisponibilité de transport privé et surtout d’éviter au maximum de surcharger le SDIS.

«Les carences continuaient à fragiliser la couverture opérationnelle»


«De 2010 à 2013, 7.500 urgences médicales par an étaient enregistrées et nombre d’entre elles étaient apparentées à des carences déguisées», fait remarquer Frédéric Sampson, directeur de cabinet du préfet, rappelant à cette occasion qu’un partenariat entre le CHU et le SDIS 21 en 2014 avait fait passer la rémunération de l’établissement sanitaire au SDIS de 170.000 à 300.000 euros. «Mais les carences continuaient à fragiliser la couverture opérationnelle du territoire départementale. Cette convention est «une avancée, pour une optimisation des moyens dédiés à l’organisation pré-hospitalière», ajoute aujourd’hui Frédéric Sampson, pouvant en l’occurrence mettre l’accent sur l’article L6311-1 du Code de la santé publique stipulant que les soins d’urgence à apporter doivent être le plus appropriés possibles à l’état des victimes.

«Un contexte social particulièrement difficile, y compris au niveau local»


Encore sur la convention, «elle va améliorer l’organisation du travail commun et complémentaire pour l’aide médicale d’urgence et elle apportera une réponse plus adaptée et plus efficace à la population côte-d’orienne, notamment pour les sapeurs pompiers qui n’ont pas forcément comme mission première les transports sanitaires», apprécie Nathalie Koenders en tant que vice-présidente du conseil de surveillance du CHU Dijon Bourgogne. Sans oublier «un contexte social particulièrement difficile, y compris au niveau local» sur lequel l’élue est revenu en souhaitant un prompt rétablissement au sapeur pompier dijonnais blessé à l’oeil lors de la manifestation à Paris mais aussi en évoquant les manifestations à Dijon et notamment celle rue de la préfecture (retrouvez notre article en cliquant ici). Nathalie Koenders a pointé un manque de moyens humains, tout en reconnaissant que la convention signée ne peut qu’aller dans le bon sens.

Une convention d’objectifs dans les tuyaux


Engorgement des urgences, carences ambulancières, recrudescence des agressions envers les personnels… Nadiège Baille n’a pas non plus éludé ces problématiques. Sur un plan plus structurel, elle parle d’une «intelligence collective pour dépasser les divergences». L’occasion, comme l’ont fait tous les intervenants en amont de la signature, de saluer l’engagement et le dévouement des personnels.
«Ça veut dire plus de confiance entre les acteurs. C’est un contrat juridique, technique, mais aussi moral, éthique. Ça nous permet de renforcer une relation sur le terrain ou entre salles opérationnelles. L’idée est mieux appréhender les moments plus difficiles, conflictuels, d’être plus adultes dans les interventions. Cette convention clarifie très bien les missions de chacun, les procédures mises en place, avec des méthodes de travail communes aux deux services. Elle permet aussi d’éviter les doublons. Ce qui est intéressant maintenant, c’est de se déterminer des objectifs d’amélioration d’un certain nombre de facteurs, pour par exemple mettre en place des indicateurs communs, pertinents, par rapport à nos soucis qui peuvent être différents», a résumé le colonel Jean Chauvin, directeur du SDIS 21, sur cette convention et en vue d’une convention d’objectifs en réflexion également avec le CHU Dijon Bourgogne, qui devrait être établie dans le courant de l’année 2020.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier