dimanche 26 mai 2019
Les neuf artistes annoncés présentés par neuf clips.
Questions à...
L'adjointe à la culture sera aux premières loges vendredi pour l'inauguration et la réouverture du Musée des Beaux Arts de Dijon. Un moment qu'elle attend avec «fébrilité, impatience et curiosité».
> Côte-d'Or > Côte d'Or

COTE-D'OR : «Le président du conseil départemental se désintéresse de la moitié des habitants, ceux de Dijon Métropole»

26/11/2018 06:17Imprimer l’article
Avant le débat d'orientation budgétaire qui aura lieu ce lundi au conseil départemental de la Côte-d'Or, l'opposition a tenu une conférence de presse autour de sa présidente, Colette Popard.
Elle regrette un manque d'investissements de la part de François Sauvadet et l'absence de dialogue au SDIS ainsi que dans le cadre du transfert de compétence avec la Métropole dijonnaise.
Le Conseil départemental de la Côte-d'Or se réuni ce lundi en session plénière, sous la présidence de François Sauvadet. Les orientations budgétaires de 2019 sont le point essentiel de l'ordre du jour.
A cette occasion, le groupe d'opposition, présidé par Colette Popard, a fait le point et déployé sa vision des orientations départementales, au cours d'une conférence de presse en fin de semaine.

Pour le groupe des Forces de Progrès, «la situation financière est plutôt bonne, notamment grâce aux dotations DMTO (droits de mutation à titre onéreux), qui ont augmenté de 32 millions d'euros entre 2013 et aujourd'hui, passant de 51 millions à 83 en 2017»
«Mais je souhaite attirer votre attention sur plusieurs champs de compétences du département où ont lieu des conflits sociaux» a ajouté Colette Popard, faisant notamment référence au SDIS (service d'incendie et de secours) et à la prévention spécialisée. «Je veux également parler du transfert de compétences avec la Métropole, au sujet duquel il n'y a plus de dialogue, et il n'y aura dons pas d'accord avant le 31 décembre».

Retard dans le déploiement du très haut débit


A la lecture du DOB (Débat d'Orientation Budgétaire), on ne trouve pas de nouveaux investissements, qui pourraient pourtant être prévus. Il y a notamment du retard dans le déploiement du très haut débit. François Sauvadet a des explications, comme le manque de fibre, mais ça se fait ailleurs, dans d'autres départements…»

Un appel à projet qui vise à rationaliser l'aide aux communes suscite également l'interrogation du groupe de gauche : «aucun critère d'attribution n'est défini. Est ce que ce sera premier arrivé premier servi ? Nous ne l'avons pas examiné en commission quoi qu'il en soit. Il n'y a pas de réponse non plus aux besoins nombreux et très forts de rénovation dans les Ehpad. Le Conseil Départemental devrait faire un effort particulier, nous le demandons régulièrement».

Sur l'autonomie, «on nous parle de "convergence", mais on a peur que le seul but soit de faire des économies» poursuit Colette Popard.
«On en a vu un exemple concret, dans un Ehpad de Dijon que l'on connait, où il y a une aide soignante pour dix résidents le dimanche. Ce n'est pas assez. Le Conseil Départemental pourrait faire preuve de volonté politique pour mieux les financer. Il n'y a pas de prise de conscience alors que c'est un sujet de société très important».

Un «double langage» sur la présence territoriale


Concernant le RSA, «l'insertion n'est vue que par le prisme professionnel et non social. Cela dénote un manque de vision politique vers les personnes en grande difficulté, qui ne sont pas réemployables, en tous cas pas dans l'immédiat».

Sur la présence territoriale du département, «on dénonce un double langage : oui, il y a des locaux partout, mais parfois il n'y a personne dans les centres routiers par exemple. On nous fait croire qu'aucun centre ne ferme, mais ils sont vides. On laisse des hangars avec du matériel».

«Une chose va bien» note toutefois Colette Popard : «c'est ce qu'on nous annonce pour le dossier Alesia, qui évolue plutôt bien. Le Muséoparc va ouvrir son environnement scientifique».
D'une façon globale, alors que le débat d'orientation budgétaire aura lieu ce lundi, l'opposition regrette «l'absence de volonté politique forte, d'ambition ou d'innovation. C'est le service minimum. Il est pris pour prétexte la relation avec l'Etat : c'est vrai qu'il nous oblige à faire des économies, mais ce n'est pas une explication suffisante».

«Il n'y a pas une ligne dans le DOB sur le SDIS»


«Le SDIS est notamment financé par la taxe spéciale sur les conventions d'assurances (TSCA) depuis 2004. Cette recette a eu une hausse importante inscrite aux budget 2018, de +1,6 million d'euros. Le Conseil Départemental annonce une hausse d'un peu plus d'un million en 2019. Mais malgré ça, il n'y a pas une ligne dans le DOB sur le SDIS. Il y a eu un changement de président à la va-vite. Et quelles qu'en soient les raisons, on ne quitte pas comme ça une présidence en plein conflit, même pour raisons personnelles».

Au sujet du conflit social, Colette Popard note que «dans d'autres collectivités, les personnels du SDIS sont au moins reçus et on sait quelles sont leurs demandes. On ne peut pas continuer comme ça, c'est un problème de société. On demande que l'augmentation de la TSCA soit entièrement reversée directement au SDIS et pas au budget général du département.

Dijon Métropole : «Le président du Conseil Départemental ne s'intéresse pas à 48% des habitants de la Côte-d'Or»


«On reproche à François Sauvadet de ne pas poursuivre la politique intelligente des territoires» poursuit Colette Popard au sujet des relations avec Dijon Métropole. «C'est de l'intelligence politique qu'il faut. Son attitude vis-à-vis de la métropole n'est pas admissible. C'est la moitié des habitants (48%) du département. Le président du conseil départemental ne s'intéresse pas à ces habitants et ne les traite pas de la même façon que les autres. Que ce soit pour les équipements touristiques, culturels ou sportifs, nous en avons beaucoup en métropole qui sont aussi utilisés par des habitants extérieurs. Il faut faire ce qu'il fait dans le territoire rural, mais la population de la métropole mérite aussi qu'on s'intéresse à elle. Lui, il refuse de travailler avec la Métropole. Sur l'aide à la construction de logement, les PLAi ont été supprimés sur le territoire de la métropole».

Beaune mieux traitée que Dijon ?


«De plus, nous n'avons pas de précision sur le transfert de compétence avec la Métropole, qui n'intéresse pas du tout le président Sauvadet» ajoute Colette Popard. «La Métropole est exclue de Cap 100% Cote-d'Or, ainsi que la communauté d'agglomération de Beaune. Il dit que ces deux collectivités auront un traitement particulier, avec contractualisation, pour la réhabilitation énergétique, les grand projets de centralité et les enjeux sociaux. Mais il n'y a pas eu de contrat signé, et le Conseil Départemental subventionne des programmes d'investissement à Beaune mais pas dans la Métropole dijonnaise : la rocade, la cité des vins, etc. les aides, ce sont 32 millions à Beaune, et 16 millions à Dijon».
Et de préciser : «Il n'y a pas de soutien du département pour la deuxième tranche de la rénovation du musée des beaux arts, pour la piscine du carrousel, pour la cité internationale de la gastronomie et du vin, pour le centre d'interprétation du patrimoine, etc. Quand on est président du conseil départemental, on s'occupe de tous les habitants. La Métropole est exclue, et la moitié des habitants du département avec.»

Transfert de compétences : aucun accord ne sera signé


Au sujet du transfert de compétences, «on arrive au 31 décembre et les discussions sont terminées».
«Pourquoi n'est-on pas arrivé à un accord ? Car François Sauvadet n'en a pas voulu. Depuis le début, il s'arc-boute sur le dossier du traitement des familles et personnes en difficulté. Historiquement, les conseils départementaux s'occupent des familles avec enfant(s), et les villes des familles sans enfants et personnes seules. La métropole demande toute les compétences qui lui sont permises, afin d'unifier ces prestations sociales. C'est sur ce point que ça a échoué. Ce n'est pas sérieux. Le personnel est en souffrance et lui n'a pas une attitude politique responsable».

«On a palabré pour rien pendant un an et demi» conclut Colette Popard. «On n'a pas avancé. L'Etat va reprendre la main et appliquer la loi : in fine, le transfert de compétences se fera mais aura été repoussé de deux ans. C'est révélateur de son attitude avec la Métropole. Il ne veut pas travailler avec Dijon. Ce n'est pas une bonne façon de faire de la politique, en tous cas pas la notre.»
Nul doute que, sur des sujets qui divisent traditionnellement la majorité et l'opposition, le débat d'orientation budgétaire du conseil départemental promet d'être animé ce lundi.
Nicolas Richoffer
Photo N.R.

Les principaux sujets inscrits à l'ordre du jour :


1 – Orientations budgétaires pour 2019
2 – Aide exceptionnelle au Département de l'Aude sinistré par les intempéries d'octobre 2018
3 – Point d'étape de la mise en œuvre du Schéma Directeur d'Aménagement Numérique des Territoires (SDANT)
4 – Situation en matière de développement durable du Conseil départemental de la Côte-d'Or pour 2017
5 – Soutien aux Pays et aux Pôles d'Equilibre Territorial et Rural (PETR)
6 – Pactes locaux d'insertion
7 – Abaissement de la vitesse à 80 km/h sur le réseau routier secondaire : conséquences en Côte-d'Or
8 – Activité 2017 d'Orvitis
9 – Bilan de la délégation des aides à la pierre pour la période 2013-2018
10 – Attribution de subventions dans le cadre du Fonds spécial événements climatiques
11 – Activité et financement du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement (CAUE) en 2017
12 – Rapport d'information sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes
13 – Bilan 2017 de la Maison Départementale des Personnes Handicapées de Côte-d'Or
14 – Bilan de la saison 2017-2018 d'Arts & Scènes en Côte-d'Or


Colette Popard, au centre, entourée, de gauche à droite, de Paul Robinat, Hamid El Hassouni, Lionel Bard et Michel Bachelard