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COTE-D'OR : Le SDIS et la Métropole font bouillir la session du Conseil Départemental

26/11/2018 13:19Imprimer l’article
Tandis que les élus départementaux étaient appelés à débattre des orientations budgétaires ce lundi, c'est le transfert de compétences entre le département et Dijon Métropole et la situation du Service d'Incendie et de Secours qui ont cristallisé les discussions. Au sujet des pompiers, Nathalie Koenders a fait sortir François Sauvadet de ses gonds.
Que la droite et la gauche n'aient pas la même vision des choses et ne fassent pas les mêmes choix politiques n'est pas un scoop. Il en a toujours été ainsi, et le macronisme n'y peut finalement rien, tout au moins au conseil départemental de la Côte-d'Or où il n'est pas présent.
C'est ainsi que, sans surprise, et comme l'opposition de gauche l'avait annoncé avant la session (cliquez ici pour lire notre compte-rendu de la conférence de presse du groupe des Forces de Progrès), des divergences sont notables sur un certain nombre de choix en matière d'investissements ou d'aides sociales. Les clivages classiques tels qu'on les voit dans tous les conseils départementaux.

Département / Métropole : plus qu'un mois pour trouver un accord


Mais ce sont deux sujets propres à la Côte-d'Or qui ont enflammé les débats ce lundi matin : la question du transfert de compétences du département à la métropole dijonnaise, pour laquelle les deux présidents, François Sauvadet et François Rebsamen, ont jusqu'au 31 décembre pour trouver un accord ou laisser le préfet trancher, et la situation du SDIS, le Service d'Incendie et de Secours, au cœur d'une crise avec des manifestations depuis quelques mois et un changement de président le 6 novembre dernier.

Sur le transfert de compétences, une seule chose est certaine : contrairement à ce qu'affirmait le président Sauvadet ce matin, le dialogue est bien rompu avec François Rebsamen. Depuis des mois, presque un an, chacun reste campé sur sa position. «La loi, rien que la loi, toute la loi» clame François Sauvadet. «Tout à fait» répond François Rebsamen, si l'on veut résumer, au risque de caricaturer. Mais alors où est le problème ? Il semble résider dans une lecture de ce que dit la loi.
En matière d'aides sociales, «vous avez exigé une partition des publics fragiles sur le territoire de la me?tropole : les familles avec enfants au de?partement, les familles sans enfants et les personnes seules a? la me?tropole. Vous n'avez rien entendu lorsque nous vous disions que ce n'e?tait pas la loi et pas souhaitable pour les usagers» a déclaré ce lundi matin Colette Popard, résumant ainsi la divergence de fond.

Chacun se renvoie la balle quant à la responsabilité de l'échec annoncé de ces négociations


«Comment se fait-il que ce soit le seul cas en France où ça se passe comme ça ?» répond François Sauvadet. «Aucune autre métropole n'a demandé toutes les compétences. Mais c'est la loi… La vérité, c'est que vous ne voulez pas de cet accord car vous avez une attitude offensive à l'égard du département».
François Sauvadet accuse la Métropole de vouloir tout pour elle, Colette Popard accuse le département d'oublier ses administrés métropolitains. Et chacun se renvoie la balle quant à la responsabilité de l'échec annoncé de ces négociations. Colette Popard a d'ailleurs «donné rendez-vous» aux Côte-d'Oriens au 1er janvier pour constater cet échec, François Sauvadet lui a répondu qu'en disant cela, elle acte la fin des négociations et la volonté de sa famille politique de ne pas trouver d'accord, tout en assurant que les discussions se poursuivaient. Il reste quoi qu'il en soit un mois pour se mettre d'accord ou laisser le préfet appliquer la loi, rien que la loi. Et on saura alors ce que celle-ci prévoit réellement.

La tension était déjà palpable ce lundi matin dans la salle des séances avec ce sujet de la Métropole, quand Nathalie Koenders a pris la parole au sujet du SDIS, faisant sortir François Sauvadet de ses gonds.
«Je veux affirmer et renouveler ici tout notre soutien aux sapeurs-pompiers, en particulier ceux de la métropole dijonnaise qui paient aujourd'hui le prix le plus fort des manques de financement que vous avez décidés. J'exprime ma plus vive inquiétude pour la sécurité des Dijonnaises et des Dijonnais». La phrase de trop pour le président du conseil départemental, qui crie à la «démagogie» : «C'est honteux. Je ne peux pas laisser dire que la sécurité de nos compatriotes n'est pas assurée. Je prendrai votre déclaration et la porterai au préfet pour qu'il organise une réunion d'urgence, car lui ne considère pas que la sécurité des Dijonnais n'est pas assurée».

«Que vous osiez dire que la sécurité n'est pas assurée, c'est une honte absolue»


«Cette situation est devenue dangereuse tant pour les sapeurs-pompiers que pour les habitants» insiste la première adjointe au maire de Dijon. «Les conditions de leur sécurité ne sont plus assurées, et par voie de conséquence celle des habitants de Dijon non plus. Le manque de personnel fait prendre des risques inconsidérés aux sapeurs-pompiers. Là où la norme veut que 6 sapeurs-pompiers partent en intervention dans certains types de matériel, la réalité est qu'ils partent en intervention à 4. Par manque de volontaires dans certains territoires, les pompiers dijonnais vont souvent prêter mains fortes à leurs collègues, ce qui réduit d'autant les capacités d'intervention à Dijon».

François Sauvadet réfute cette conclusion, citant l'exemple du SDIS du Loiret «où les pompiers partent même parfois à trois sans mettre personne en danger». «Je suis scandalisé. Que vous osiez dire que la sécurité n'est pas assurée, c'est une honte absolue. Nous avons mis les moyens, par exemple au centre de Chevigny-saint-Sauveur. On peut soutenir un mouvement, mais on ne doit pas jeter de l'inquiétude. J'avais jusqu'à présent confiance, mais quand je vois la tonalité que vous donnez, je sais pourquoi vous ne voulez pas d'accord sur la Métropole : vous ne voulez pas de la présence du département dans la métropole. Tout ce qui n'est pas en accord direct avec la vision de M. Rebsamen doit être écarté. C'est une vision archaïque».
Et voilà la métropole et François Rebsamen qui ressurgissent dans la conversation. Et ce n'est pas fini, à en juger par la hargne qui anime les relations politiques des deux François.
Nicolas Richoffer
Photos N.R.