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CÔTE-D’OR : Une Brigade de protection des familles 2.1 pour apporter plus que des réponses pénales

31/01/2019 03:15Imprimer l’article
Inaugurée officiellement ce mardi en salle du conseil de Dijon Métropole, la BPF 2.1 du groupement de gendarmerie départementale de la Côte-d’Or vise à allier les compétences sociales aux compétences judiciaires afin de faire en sorte que la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales soit plus efficace.
«La Gendarmerie n’est pas un travailleur social, elle est là pour protéger les personnes et les biens». En rappelant cela, le général de division Thierry Cailloz, commandant de la région de gendarmerie de Bourgogne- Franche-Comté et du groupement de gendarmerie départementale de la Côte-d'Or, a voulu justement annoncer que la Brigade de protection des familles 2.1 se veut telle une évolution dans l’approche des violences conjugales et intrafamiliales.

Ne pas limiter le cadre d’exercice à l’aspect pénal des situations


«On entend innover en prenant le problème à la source», a-t-il ajouté, en tenant à assurer que cette BPF 2.1 doit élargir le champ des préventions et des interventions, et non pas limiter le cadre à l’aspect pénal des situations. L’objectif est de réduire les interventions des militaires pour ces violences citées, tout en prenant la problématique dans sa globalité, en sachant aussi que ces violences aux dommages collatéraux retombant notamment sur les enfants peuvent entraîner «une entrée dans la spirale de la délinquance».
En 2018 sur le département, d’après les données listées par le général Thierry Cailloz, ces violences ont nécessité plus de 900 interventions, et ont représenté 38 % des violences aux personnes. Adjoint au chef de la division des opérations de la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté, Paul Chaudanson a fait remarquer que si les faits constatés de violences intrafamiliales ont diminué de 19,5 % entre 2014 et 2017, ils ont en revanche augmenté de 29,5 % entre 2017-2018. La Gendarmerie l’explique par des révélations liées notamment au mouvement #MeToo. Des révélations certes, «mais relatives à des faits dont l’antériorité complique les investigations».

«Faire en sorte qu’il n’y ait aucun chaînon manquant à l’aide

aux victimes et aux enfants»


L’une des idées fortes de la BPF 2.1 est alors aujourd’hui de travailler sur les mesures judiciaires mais aussi sur l’approche sociale, de travailler en cohérence. «Il faut agir sur la résurgence des faits. Il s’agit de travailler pour les femmes victimes de ces violences, car on sait qu’un vrai départ du domicile conjugal se fait au bout de sept départs», souligne Armelle Barry, intervenante sociale en gendarmerie. En répétant : «Travailler ensemble, c’est travailler avec le réseau territorial, local pour faire en sorte qu’il n’y ait aucun chaînon manquant à l’aide aux victimes et aux enfants».
Selon Paul Chaudanson, la création de la BPF 2.1 vise à «donner aux militaires volontaires les outils nécessaires pour apporter une réelle plus-value contre et dans la lutte des violences faites aux femmes et aux enfants au domicile».

Tout un dispositif prenant en compte le social


Les référents Violences intrafamiliales des unités territoriales de gendarmerie sur le département de la Côte-d’Or deviennent ainsi des enquêteurs spécialisés, «mieux formés» et plus à même de partager leurs connaissances approfondies aux militaires des unités. Des militaires volontaires qui seront sensibilisés par des mises à jour législatives notamment concernant la protection de l’enfance, et qui seront engagés dans un cadre de nature à faciliter les échanges avec l’intervenante sociale via une application et un réseau de partage des bonnes pratiques voire des difficultés pouvant être rencontrées : Résogend.
Les moyens d’action de la Gendarmerie pour répondre aux violences conjugales et intrafamiliales, ils existent évidemment : proposition aux victimes de les inscrire comme personnes vulnérables sur le fichier de sécurisation des interventions de protection, mises à disposition de téléphones Grave danger en lien avec le Parquet afin de donner la possibilité aux victimes d’alerter en cas de situations risquées, suivi psychologique et sanctions contre les auteurs des violences… La démarche de la BPF 2.1 est de travailler plus en profondeur peut-on dire, d’aller au-delà du traitement pénal, plus au contact des partenaires locaux que sont les associations et les institutions telles que Solidarité Femmes 21 ou même l’Education Nationale.
Chaque unité de gendarmerie en Côte-d’Or compte un enquête spécialisé dans les violences intrafamiliales : 41 ESVIF chargés de conseiller les référents de compagnies pour la protection des familles. Composent également cette BPF 2.1, deux référents opérateurs Accueil chargés de la réception et de la diffusion des appels. Enfin, soulignons que le dispositif est chapeauté par l’intervenante sociale de gendarmerie et le référent de groupement Protection des familles. On y revient, les compétences sociales et judiciaires sont là associées pour le développement de la BPF 2.1.

Un poste d’intervenante sociale demandé

sur le secteur de Montbard


«C’est mettre en place une communauté de pratiques et d’expertises, tout en renforçant les liens développés avec tous les partenaires concernés par cette problématique des violences conjugales et intrafamiliales», a insisté le général Thierry Cailloz, à propos de la création de cette Brigade s’inscrivant dans le plan d’actions de la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté. Une Brigade pour laquelle il est demandé aux autorités compétentes la création d’un deuxième poste d’intervenante sociale, afin de renforcer l’approche souhaitée sur la zone ouest du département de la Côte-d’Or dans le secteur de Montbard, «zone où se concentrent les faits constatés de violences intrafamiliales».
Frédéric Sampson, directeur de cabinet du préfet de région, et Emmanuelle Coint, vice-présidente du Conseil Départementale de Côte-d’Or, ont exprimé leurs soutiens envers un dispositif soutenu également par la Mutualité sociale agricole. Ils ont aussi tenu à rappeler que les violences conjugales et intrafamiliales sont ainsi davantage identifiées et traitées au travers d’un maillage territorial renforcé, dans la coordination de différents acteurs en capacité d’apporter leurs compétences aux problématiques spécifiques.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier









 
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