jeudi 25 avril 2019
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Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
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DIJON : La démocratie représentative en prend pour son grade au Grand Débat

09/02/2019 03:08Imprimer l’article
Une centaine de personnes ont participé ce vendredi soir à la deuxième réunion du Grand Débat National organisée au Cellier de Clairvaux par les députés Didier Martin et Fadila Khattabi. Et s'ils ont été parfaitement courtois, les échanges ont été animés.
Après «Transition écologique» et «Fiscalité et dépenses publiques» mercredi, c’est sur les thèmes de «Démocratie et citoyenneté» et «Organisation de l’Etat et des services publics» que les citoyens étaient appelés à s’exprimer ce vendredi soir, dans le cadre officiel du Grand Débat National. Les deux séances, organisées par les députés de Côte-d’Or Didier Martin (1ère circonscription) et Fadila Khattabi (3e circonscription), ont attiré une grosse centaine de personnes chacunes, dont un certain nombre ont participé aux deux.

Ce vendredi soir, peut-être parce que chacun, les commissaires enquêteur qui animaient la séance comme les participants, était en quelque sorte rôdés par l’exercice, les débats ont été vivants et les propositions nombreuses. Et même si les Gilets jaunes étaient peu nombreux, ce sont bien des choses que l’on entend dans le cortège des samedis que l’on a vues ainsi consignées dans les restitutions qui remonteront à Paris. Mais les contradicteurs se sont exprimés aussi pour défendre le régime de la 5e République et de la démocratie représentative en général. Tout en admettant qu’il faudra en corriger certains points.

Le RIC, évidemment


Ainsi, le référendum d’initiative citoyenne a été abordé à plusieurs reprises, loué par certains, refusé par d’autres : «si c’est à portée de clic, ça va être un massacre» lance un participant. «Tout le monde demandera des baisses de taxes et d’impôts» ajoute-t-il : «toute baisse de recettes doit être accompagnée d’une baisse de dépenses pour que ce soit réalisable» conclut l’homme.

Un autre veut accorder le droit de vote aux élections locales pour les étrangers, rappelant qu’ils payent des impôts, et demande la suppression de la hausse des tarifs d’inscription pour les étudiants étrangers. Quelqu’un lui répond que «ce n’est pas aux Français de payer les études supérieures des étrangers».
Toujours concernant les mesures récemment décidées, mais sur un autre registre, les arguments foisonnent pour la suppression de la loi dite «anti-casseurs» : «elle est anticonstitutionnelle», «elle donne un pouvoir judiciaire aux Préfets et viole le principe de séparation des pouvoirs». Un participant tempère : «il faut la garder, car il n’est pas normal que des voitures soient brûlées ou des vitrines cassées. Ce sont de simples citoyens ou des petits commerçants qui en paient le prix».

«Il faut défendre la liberté de la presse»


C’est à ce moment de la soirée que l’affaire Benalla surgit dans le Grand Débat : «il faut défendre la liberté de la presse, dont on voit qu’elle est en danger avec la tentative de perquisition à Mediapart». Profitons-en pour ajouter, au nom d’Infos-Dijon, que toute attaque contre un média ou un journaliste est une attaque contre un contre-pouvoir précieux. Quel que soit le modèle, quel que soit le support, quelle que soit la ligne éditoriale, on ne peut à la fois réclamer plus de démocratie et menacer des journalistes dont on ne partage pas la vision des faits sans se contredire soi-même. Quand le pouvoir tente de museler un grand média d’investigation ou quand un manifestant sort une équipe de journalistes d’un cortège (sans parler du lynchage filmé d’une équipe d’LCI il y a quelques semaines), la dérive est la même : autoritaire et antidémocratique.

Cette parenthèse refermée, revenons au débat de ce vendredi. Car la démocratie était au programme, et les dérives de la notre en ont pris pour leur grade : «il faut interdire de voter une loi de finance en déficit», «il faut l’inéligibilité à vie pour les élus qui sont pris la main dans le sac», «les sommes allouées aux partis pour les campagnes électorales doivent être équitables», «il faut de la proportionnelle car il n’est pas normal qu’un parti comme le Rassemblement National obtienne 17 millions de voix mais seulement deux députés». L’idée du «septennat non renouvelable» a également surgit : «avec l’instauration du quinquennat, on a pu voir les effets pervers des législatives collées à la présidentielle». La rémunération et les retraites des élus ont également été dénoncées.

«Il faut partager le pouvoir»


Enfin, la Métropole a aussi fait parler d’elle : «Le maire de la grande ville centre ne devrait pas pouvoir être aussi le président de l’agglomération», «il faut partager le pouvoir», «il faut rééquilibrer le nombre de sièges à l’avantage des petites communes».
La conclusion, nous la piochons dans cette intervention d’un participant : «Je ne veux pas faire de proposition, mais simplement remercier les Gilets Jaunes, car sans eux, il n’y aurait pas eu de grand débat». Applaudissements dans la salle même si, à la sortie, les Gilets Jaunes présents se montraient fatalistes : «on sait qu’Emmanuel Macron n’en fera rien». A lui de prouver le contraire s’il veut en finir avec cette colère qui gronde dans le pays.
Nicolas Richoffer
Photos N.R.