vendredi 19 avril 2019
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DIJON : Rassemblement pour la Défense des Libertés place François Rude

13/04/2019 13:28Imprimer l’article
«La loi restreignant le droit de manifester constitue une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs» estiment les organisateurs, associations et syndicats, qui ont réuni 200 personnes ce samedi à 13 heures.
Un rassemblement inter-associatif à l'appel de nombreuses associations (Ligue des Droits de l'Homme fédération de Côte d'Or, Union Départementale CGT, FSU 21, Amnesty International Dijon, Libre Pensée cercle Martinet, ATTAC 21, Syndicat des Avocats de France, MRAP, SOS Racisme, SOS Refoulement, OXFAM, Union Juive Française pour la Paix, Mouvement pour une Alternative Non-violente) s'est déroulé ce samedi à 13 heures place François Rude à Dijon.
Le mot d'ordre : Défendre les libertés et le droit de manifester. 200 personnes environ ont répondu à l'appel.

Le communiqué des organisateurs :

La loi restreignant le droit de manifester nous inquiète au plus haut point. Elle constitue une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs.

Le Conseil constitutionnel vient de censurer l'interdiction administrative de manifester que le gouvernement a voulu imposer dans sa loi de circonstance. Cependant, il valide l’inspection visuelle, la fouille des bagages et des véhicules aux abords d’une manifestation dès lors que le procureur de la République l’aura autorisé. Le Conseil constitutionnel a aussi validé la sanction d’avoir son visage en partie dissimulé.

En validant deux dispositions qui permettent de retarder voire d’empêcher l’accès à une manifestation et de sanctionner pénalement toute personne dont la police jugera qu’elle dissimule « une partie de son visage », le Conseil constitutionnel cautionne une restriction sans précédent du droit de manifester et ouvre la voie à un arbitraire dangereux.

Que reste-t-il d’une liberté lorsqu’elle est soumise au bon vouloir d’un magistrat qui n’est pas indépendant du pouvoir exécutif et que son exercice peut valoir d’être condamné et fiché ?

Ce sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion. Cette loi de circonstance porte un lourd risque d’arbitraire des gouvernements d’aujourd’hui comme de demain.

En Côte d'Or, plusieurs faits récents nous inquiètent particulièrement. Une vidéo rendue publique par la presse locale a montré un manifestant isolé être violemment frappé par un policier en présence d'un gradé sans qu'il n'y ait  ni nécessité, ni proportionnalité justifiant l'usage de la violence.

Nous avons été saisis d’une opération de contrôles d'identité le (29 mai dernier ) à Malain à l'occasion d'une réunion publique  puis de relevé des numéros de véhicule des participants à une autre réunion le 19 janvier sans aucune justification, le procureur alerté à ce sujet n'a toujours répondu.

Un citoyen ayant dénoncé la présence dans une manifestation publique d'individus affichant leur antisémitisme (Chant et gestes de la « quenelle ») a reçu sur Facebook des menaces de mort et des insultes à caractère antisémite. La victime a porté plainte le 29 janvier, nous avons également alerté le procureur, mais n'avons pas de retour à ce jour.

Les informations que nous avons eues sur l'intervention des forces de l'ordre au café "Le boeuf blanc" nous questionnent aussi,montrant un usage totalement disproportionné de la force

Ces faits interviennent dans un climat de tensions sociales . Nos organisations sont attachées à l'expression pacifique des opinions, dont le droit de manifester est un pilier. Si nous ne cautionnons aucune violence gratuite d'où qu'elle vienne, il nous semble qu'il y a une responsabilité toute particulière des représentants de l'Etat à être respectueux de l'état de droit.

Aussi, nous appelons dans le cadre d'une journée d'action nationale à un rassemblement pour la défense des libertés Samedi 13 avril à 13h place François Rude (du Bareuzai) à Dijon

Ligue des Droits de l'Homme fédération de Côte d'Or, Union Départementale CGT, FSU 21, Amnesty International Dijon, Libre Pensée cercle Martinet, ATTAC 21, Syndicat des Avocats de France, MRAP, SOS Racisme, SOS Refoulement, OXFAM, Union Juive Française pour la Paix, Mouvement pour une Alternative Non-violente, mouvement de la Paix, Amis de la Terre.

Photos Nicolas Richoffer