jeudi 23 mai 2019
Les neuf artistes annoncés présentés par neuf clips.
Questions à...
L'adjointe à la culture sera aux premières loges vendredi pour l'inauguration et la réouverture du Musée des Beaux Arts de Dijon. Un moment qu'elle attend avec «fébrilité, impatience et curiosité».
> Côte-d'Or > Côte d'Or

ÉLECTIONS EUROPÉENNES : À Ahuy, la Droite de Côte-d'Or fait bloc derrière Bellamy

17/05/2019 03:14Imprimer l’article
Le candidat tête de liste des Républicains aux élections européennes a donné une réunion publique à la mi-journée, en compagnie des n°2 et 3, Agnès Evren et Arnaud Danjean.
François-Xavier Dugourd, le président de la Fédération des Républicains de Côte-d’Or, n’a pas souvent l’occasion de prendre le micro pour s’adresser à un autre «FX». C’est ce qu’il a fait ce jeudi midi, à la salle des fêtes d’Ahuy, où François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux élections européennes, est venu donner une réunion publique devant quelque 300 militants et sympathisants emballés par le vent de fraîcheur que souffle le jeune candidat. Le candidat, et même le trio de tête, puisqu’Agnès Evren (n°2) et Arnaud Danjean (n°3), le «régional de l’étape», étaient aussi présents pour inciter chacun à se déplacer le 26 mai.

Pierre Bolze, secrétaire départemental, et Nathalie Roussel, candidate et représentante de la Côte-d’Or sur la liste Les Républicains-Les Centristes, étaient également aux premières loges avec François-Xavier Dugourd, ainsi que tous les ténors de la droite côte-d’orienne. Ne manquait que François Sauvadet. Le président du conseil départemental était retenu hors du département, et a fait lire un message de soutien en introduction du meeting.

On le voit dans l’engouement, dans les regards, dans cette façon qu’il a d’attirer à lui la foule pour un mot, une poignée de main, un selfie. Oui, la droite en pince pour son «jeune prodige», dont le temps calme parvient à rassembler. Ce jeudi, ils étaient tous emballés, même si le passage fut assez bref, l’équipe de candidats se rendant ensuite en Saône-et-Loire pour l’après-midi et la soirée.

Morceaux choisis :


François-Xavier Dugourd, président de la Fédération des Républicains de Côte-d’Or :


«Cher François-Xavier… c’est vrai que ce prénom me dit quelque chose… Il est en train de se passer quelque chose dans la vie politique française. Je t’ai vu à Lyon et je suis resté scotché».

«Il incarne une intelligence, une cohérence, une profondeur de réflexion rares. Il est aussi un catalyseur. Rappelez-vous l’annonce de la liste. Entendez-vous encore les ronchons ou les hostiles ? Non, car il a réussi à fédérer autour de lui et de son équipe. On peut lui dire un grand merci.»

Agnès Evren, candidate :


«Je suis époustouflée par cette campagne formidable. François-Xavier est critiqué par ce qu’il a des valeurs, mais Laurent Wauquiez a fait un très bon choix, parce qu’il a réveillé la droite. Arnaud Danjean est aussi une personnalité hors-norme en politique. On a tous les trois en commun une conception de la politique, sans petites phrases assassines, mais au service de convictions, de valeurs et d’idéaux.»

«L’enjeu, c’est la mobilisation. Il y aura 60% d’abstention, c’est colossal. Une voix comptera double face à cette abstention.  A chacun ici de convaincre au moins une personne. Merci FX, avec toi, on va faire bouger l’Europe.»

Arnaud Danjean, candidat :


«La sympathie qu’on sent, l’engouement autour de nos candidatures, cette fierté retrouvée d’être de droite, doivent se traduire dans les urnes. Ce n’est pas gagné, il y a plein de contingences : la fête des mères, le fait que les gens croient qu’il y a deux tours, etc. Et il y a trop de gens qui se disent de droite et qui ne vont pas voter pour nous car ils se disent séduit par la liste du Président de la République. Parce qu’ils se laissent piéger par la stratégie d’Emmanuel Macron, «moi ou le chaos»».

«Beaucoup de gens de droite ont été tentés de lui faire confiance. Aussi parce qu’on n’a pas été à la hauteur. Mais maintenant, c’est terminé. Quand on se dit de droite, on ne peut pas voter pour la liste de Mme Loiseau. Ils ont des candidats qui sont ouvertement des recyclés socialistes, et des écologistes, à qui on a confié la rédaction du programme. Le programme de LREM, c’est la lettre envoyée aux Européens par Emmanuel Macron, mais repeinte en vert. Ce sont des gens qui sont aux antipodes de ce que nous proposons. Il ne faut pas laisser le blanc seing aux écologistes dans l’Union Européenne.»

«Vous avez vu où nous a mené le «et en même temps» en France ? Vous avez adoré, et bien vous allez l’adorer en Europe. Au parlement européen, on me disait «votre président, il faut lui laisser sa chance». Et les mêmes sont revenus me voir quelques mois après : «quelle arrogance, il n’a pas de résultats chez lui et il fait la leçon à toute l’Europe»».

«L’Europe aujourd’hui a besoin de protection, d’aider ses concitoyens. Nous avons des propositions concrètes et des alliés, En Marche n’a ni l’un ni l’autre. Nous ne pouvons nous résoudre à être les spectateurs du duel permanent entre En Marche et Le Pen.»

François-Xavier Bellamy, tête de liste :


«Si la Côte-d’Or a fait beaucoup pour qu’Arnaud Danjean soit sur cette liste, alors je dois beaucoup à la Côte-d’Or. Ma candidature était inattendue, et je comprends qu’il y ait eu des réticences. Depuis le début de cette campagne, Arnaud m’a tout appris. Être jeune, ce n’est pas une qualité, c’est une exigence.»

«L’Europe est à un tournant. Il y a dans le fait que vous soyez nombreux ici comme un signe de gravité, une aspiration profonde. Nous savons que notre société traverse une crise historique, globale. Je fais partie d’une génération qui a découvert le monde à travers le concept de crise. Il nous faut prendre la mesure de la gravité de la situation. L’humanité a déjà connu des crises plus fortes, mais jamais aussi globales. C’est le moment de faire les bons choix car ça ne pourra pas durer longtemps.»

«Défis économique, commercial et environnemental, crise migratoire, transmission de la culture commune… tout cela passe par l’Europe. Nous croyons trop souvent qu’elle nous fragilise au lieu de nous renforcer.
Nous voulons que sur la question économique, l’Europe puisse enfin s’affirmer au niveau mondial.
Je suis désolé de voir le débat européen s’enliser dans l’absurdité. Tout se passe maintenant comme si le grand enjeu de l’Europe est de savoir si c’est M. Macron ou Mme Le Pen qui feront le plus de points. Les citoyens méritent mieux. Tout leur programme est d’être l’un contre l’autre. Mais nous, on veut voter pour. Ce qui compte, ce n’et pas d’être en marche mais de savoir ou on va. Sans renoncer à défendre nos convictions.»

«Jordan Bardella, le candidat du Rassemblement National, a dit que son rêve était de voir pleurer Christophe Castaner le 26 au soir, et Nathalie Loiseau a dit que son rêve était de battre Marine Le Pen. Et bien nous, notre rêve, c’est de répondre aux attentes des Français. On est à l’heure des décisions, au moment de choisir le cap, à l’instant critique. Et moi je crois à la clarté des choix. »

«Il faut mettre fin à l’élargissement de l’Union Européenne, car l’Europe donne l’impression de ne pouvoir se finir, et donc se définir. Non à l’entrée de la Turquie, un grand pays, mais qui n’est pas européen, c’est évident.»

«L’Europe, c’est peut-être un particulier qui s’est pris pour un universel. C’est très Français d’ailleurs. Mais nous avons voulu être tout. Non, il y a un monde extérieur. Je suis critiqué pour avoir dit que l’Europe a des racines chrétiennes ? Mais laissez nous assumer notre identité, et reconnaître qu’on est un élément de la diversité mondiale. La Turquie n’a pas vocation à devenir membre de l’Union Européenne car ce n’est pas sa culture. Non à l’Albanie aussi. Nous voterons contre tout nouvel élargissement dans les 5 années qui viennent car il est d’abord important de consolider l’Union Européenne.»

«Angela Merkel a dit, et c’est la première fois depuis la réconciliation entre nos deux pays, qu’elle a des relations souvent conflictuelles avec Emmanuel Macron. Quand on la connait, ce n’est pas peu dire. Notre Président est isolé.»

«Sur la politique migratoire, on ne peut se contenter d’une Europe qui gère son impuissance. L’enjeu est grand : c’est l’avenir de l’Europe et de la France. On croit en l’Europe car c’est d’abord une civilisation, avec ses 25 siècles d’histoire.»

Nicolas Richoffer
Photos N.R.