samedi 24 août 2019
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ÉLECTIONS EUROPÉENNES : Plus de 200 personnes pour Alexis Corbière et Clémentine Autain à Dijon

16/05/2019 18:19Imprimer l’article
24 heures après Jean-Luc Mélenchon à Besançon, les députés de la France Insoumise ont mouillé la chemise dans cette campagne en venant soutenir salle Devosge les candidates aux Européennes Jeanne Chevalier, (25e position) et Isabelle Michaud (77e position).
Plus de 200 personnes se sont rendues mercredi soir salle Devosge à Dijon pour une réunion publique que la France Insoumise 21 organisait dans le cadre des élections européennes. Sur le podium : Alexis Corbière et Clémentine Autain, députés de la Seine Saint-Denis, mais aussi les candidates Jeanne Chevalier (25e position) et Isabelle Michaud (77e position).

Alors que la question de l’abstention est au coeur des spéculations sur ce scrutin, les quatre candidates et députés s'exprimaient sur la thématique «Pourquoi voter pour les Européennes?», mais ont tout de même balayé l’essentiel des questions importantes de cette campagne.

Dans la salle, de nombreux représentants de La France Insoumise, notamment Alexandre Emorine, Denis et Arnaud Guvenatam, Sophie Baudry, mais aussi le conseiller régional Denis Lamard, qui a rejoint le mouvement d’Emmanuel Morel à l’automne dernier.

Morceaux choisis :


Isabelle Michaud, candidate aux élections européennes :


La conseillère municipale de Joigny a abordé la question de la transition écologique, de l’agriculture et de l’alimentation : «Ils ont accordé une dérogation, encore, pour l’utilisation du glyphosate. Mais on a le pouvoir de refuser de l’acheter quand même. C’est un pouvoir politique puissant, sauf qu’on ne le fait pas».

«En refusant le modèle de l’agrobusiness. On peut aider les petits agriculteurs dans le cadre de la PAC.»

Sur la privatisation des barrages, «on ne sait pas si on saura faire face aux problèmes qui pourraient subvenir en abandonnant de tels ouvrages au privé. On a le droit de refuser car c’est de la concurrence libre et ça ne nous va pas».

«Nos députés ne seront pas tous seuls mais dans un groupe, et ça, ça va peser dans la balance. On aura la main mise sur la façon de vous alerter sur les grands problèmes européens.»

Jeanne Chevalier, candidate :


Après avoir dénoncé la casse des services publics, Jeanne Chevalier aborde les problèmes posés par les rachats d’entreprises par les grands groupes : «Quand Unilever a pris la décision de délocaliser le centre de recherche, c’était 205 postes en moins à Dijon. Et les cornichons, qui avant étaient produits dans l’Yonne, sont désormais produits en Inde et en Chine. Cette Europe n’est pas un rempart contre la mondialisation mais un tremplin.»

Et de revenir sur «la situation des collectivités locales et, pire encore, celle des hôpitaux.
Vous avez tous entendu parler récemment du suicide d’une jeune interne à Lyon. Aujourd’hui, on ne peut plus dire que les suicides sont individuels, car les suicides de soignants se multiplient.»

Jeanne Chevalier rappelle également que «la règle des 3% de déficit a été décidée sur un coin de table, sans qu’il n’y ait aucune justification à ce chiffre, de l’aveu même de son inventeur».
Pour elle, «la plus grosse illégitimité, c’est le référendum de 2005 sur le traité européen. C’est un traité néo libéral qui n’apportera que des choses négatives m’avait dit mon père à l’époque. Deux ans plus tard, après le rejet par referendum, le traité de Lisbonne le reprend mot pour mot et les dirigeants le font passer. Ça a été un choc considérable pour moi : démocratie bafouée, souveraineté du peuple balayée. L’Union Européenne, c’est une idée qui m’a été volée, comme à toute ma génération. Aujourd’hui, elle est un carcan politique, monétaire, et commercial.»

«Un beau projet que pourrait financer la banque centrale, c’est un service public du rail à l’échelle européenne.»

Clémentine Autain, députée :


«Emmanuel Macron nous avait fait la promesse, certes, d’une économie dérégulée, on l’a eue, mais aussi de mesures fortes sur le plan social, et là, on n’a rien eu.»

«Le symbole de la privatisation d’Aéroports De Paris (ADP) est tout à fait fascinant. Avant, on privatisait quand les entreprises allaient mal. Mais maintenant, la nouvelle recette, c’est que quand on a un trou dans les caisses, on vend aussi les bijoux de famille, des entreprises qui vont bien et qui sont bénéficiaires.»

«Il faut cesser avec ces entreprises comme Whirlpool, qui distribuait des dividendes aux actionnaires mais dont les licenciements des ouvriers pour licenciements économiques ont été validés par Muriel Pénicaud.»

«La France Insoumise est dans un étau. Je regardais les sondages :on ne parle que de Loiseau, Bardella et Bellamy. C’est ça qu’il faut déjouer. Je ne crois pas que notre pays soit coincé entre un monde néolibéral et le racisme».

«Le mouvement des Gilets jaunes est très positif, et en particulier un point : c’est une expression brute, massive, sociale, de gens qu’on n’entendait pas. Cette réalité sociale a trouvé de la chair, du corps. A nous de transformer cette réalité insupportable qui est celle de la pauvreté.»

«Les riches émettent 4 fois plus de gaz à effet de serre et payent 40 fois moins de taxe carbone. Il y a donc un problème.»

«On ne veut pas une société dans laquelle les jeunes rêvent d’être milliardaires comme le disait Emmanuel Macron mais une société ou on peut tous vivre dignement.»

«Le 26, qu’il y ait le plus d’élus de la France Insoumise possible, et qu’on fasse le même tintouin que quand on est arrivés à l’Assemblée Nationale».

Alexis Corbière, député :


Le prof d’histoire commence par parler de Lazare Carnot puis enchaîne : «L’Europe, c’est la paix. Oui, mais c’est une construction politique d’abord.»

Au sujet des affiches de la liste Renaissance, où Emmanuel Macron apparaît désormais seul : «ça donne une saveur particulière au grand débat national, qui nous a coutés 15 millions d’euros. On saisira d’ailleurs le CSA pour que cela compte dans la campagne».

«Sa liste s’appelle Renaissance : je demande pourquoi ? Quand on voit la proposition, c’est plutôt le moyen âge.»

Sur la défense et la paix : «Mme Loiseau dit que la paix n’est plus un acquis. Certes. De grandes puissances s’installent. C’est vrai. Et elle, elle propose une augmentation des dépenses militaires. Je ne suis pas pour désarmer la France, je suis pour qu’on ait une armée et une capacité de réponse. Les budgets militaires mondiaux ont augmenté de 4,9%. Mais c’est d’abord parce que les budgets des membres de l’Otan (nous demandons à sortir de l’Otan) ont augmenté de 5,8%. Et au sein de l’Otan, les Etats-Unis l’ont augmenté de 7% (646 milliards de dollars de budget militaire, 35% des dépenses du monde). Je dis au passage que la Russie, c’est seulement 3,5% des dépenses mondiales, soit dix fois moins que les Etats-Unis.
Cette insécurité mondiale est donc due aux pays de l’Otan qui augmentent leurs dépenses militaires. L’Arabie Saoudite a un budget qui représente aussi 3,5% du budget mondial, ce tout petit pays. Je dis ça car nombre de pays, en alliance avec le Qatar et les Etas-Unis, mènent cette guerre au Yémen, où 22 millions de civils sont en danger. 5 millions d’enfants sont en danger de mort imminent en raison de la guerre et de la malnutrition. En commission défense, on a demandé plusieurs fois si les armes françaises étaient impliquées et on nous a répondu que non. Une fois que la vérité a été révélée, le gouvernement a entamé des poursuites judiciaires contre deux journalistes au lieu de se poser les bonnes questions.
Nous avons encore posé la question la semaine dernière à la ministre Florence Parly, et elle m’a répondu qu’elle n’avait pas à se prononcer sur une note censée être secrète. Circulez, y’a rien à voir.
Et j’ai une pensée pour les dockers du Havre qui ont refusé de charger les armes destinées à l’Arabie Saoudite sur le navire. Le bateau est reparti vide. Sans doute va-t-il charger à Santander, on verra, mais ça montre qu’on peut se mobiliser efficacement. Si vous voulez voter pour une Europe de la paix, le 26, ne vous trompez pas.»

Sur les Gilets Jaunes, Alexis Corbière parle d’un «mouvement formidable, né d’une colère populaire». «Dans l’histoire, c’est pas toujours raffiné les colères populaires. Et alors ? Je parle d’histoire pour montrer que les événements se propagent dans le pays, et que ça prend parfois du temps, mais on ne sait pas ce qui sort au bout. Les Gilets Jaunes ont fait monter dans le pays cette idée que les institutions ne sont pas à la hauteur des défis. Les institutions permettent de gouverner sans le peuple et même contre le peuple.
Nous avons demandé l’interdiction du matériel gli F4 contre les Gilets Jaunes, mais ils n’en ont rien à fiche. On veut la convergence des luttes, mais eux c’est la convergence des brutes. Ils veulent voir des citoyens et des policiers se taper dessus».

Sur le Rassemblement National : «Il suffit de regarder ce qu’ils proposent pour comprendre qu’on n’a rien en commun avec eux. Ils sont contre la hausse du smic, pour qu’on travaille plus longtemps, etc. Sans compter le racisme.»

Sur le duel En Marche / Rassemblement National : «Les deux listes seraient au coude à coude ? Non, ils sont bras dessus bras dessous.»

A propos d’Andréa Kotarac, élu FI qui a rejoint le Rassemblement National : «ce crétin, cet abruti, dit «elle m’a rassuré sur son discours social», mais Mussolini aussi il avait un discours social, et Hitler aussi, sur les salaires des ouvriers, etc. Il n’a rien appris de l’histoire.»

«L’enjeu du 26 mai, ce n’est pas de changer tout, mais d’envoyer un commando de députés qui mettra la lumière sur ce qui se prépare. Il faut aller voter clairement, car ça fait mécaniquement baisser Emmanuel Macron.»