jeudi 21 mars 2019
Avec notre vidéo de la manifestation.
Youth for climate Dijon a réussi à mobiliser environ 2000 lycéens et étudiants dijonnais à l'occasion de la grève et marche pour le climat ce 15 mars, suite à l'appel de Greta Thunberg.
Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
> Côte-d'Or > Côte d'Or

FADILA KHATTABI : «La place est maintenant au dialogue, à la réflexion»

21/01/2019 03:16Imprimer l’article
La députée de la 3e circonscription de Côte-d’Or a présenté ses voeux par un discours de fermeté face aux violences et de soutien aux mesures prises depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron.
Fadila Khattabi, à l'occasion de sa cérémonie de vœux 2019 le jeudi 17 janvier à Quetigny, a donné un discours clair de soutien à la politique menée par le Président de la République, rappelant nombre de mesures prises et de lois en préparation. Devant «150 à 170 personnes», la députée de la 3e circonscription de Côte-d’Or appelle chacun à «réagir».

Le discours de Fadila Khattabi :

Je suis très heureuse de vous accueillir ici dans cette belle salle de Quétigny, mise gentiment à ma disposition par Monsieur le Maire que je salue et que je remercie.
Je suis à la fois heureuse et honorée de me retrouver parmi vous au cœur de la circonscription, cette belle circonscription, riche par la diversité de ces territoires ruraux et urbains, mais aussi, par la diversité des femmes et des hommes qui la composent.

Aussi, je tiens dès à présent à vous remercier toutes et tous chaleureusement pour votre présence nombreuse ce soir, une présence qui me va droit au cœur mais, un cœur, je dois bien l’avouer, quelque peu lourd, comme beaucoup d’entre vous je suppose, au regard de la situation de crise sociale que traverse notre pays depuis maintenant plusieurs semaines, mais aussi et surtout, au regard des violences verbales et physiques inouïes à l’égard des institutions, des élus de la République, des journalistes, des Forces de l’Ordre dont je salue le sang-froid et le grand professionnalisme pour garantir la sécurité de tous et en premier lieu celle des manifestants.

«L’ordre républicain doit revenir»


Le droit de manifester est, bien sûr, un droit constitutionnel mais il ne peut en aucun cas être associé à la violence…d’ailleurs la violence et la haine sont contradictoires avec les valeurs de la République, la violence et la haine sont contraire à la démocratie même et nous sommes une grande démocratie, c’est la raison pour laquelle l’ordre républicain doit revenir… il ne peut d’ailleurs, en être autrement et ce, d’autant plus que les répercussions économiques commencent à se faire sentir fortement… plusieurs commerçants, artisans m’ont fait part de leurs inquiétudes… on parle en effet de plus de 50.000 personnes au chômage technique et un manque à gagner de plus de 2 milliards d’euros pour l'économie française.

«Emmanuel Macron a fait campagne sur le pouvoir d’achat»


Ceci dit, cette colère sociale ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui. Rappelez-vous, le Président Chirac qui, pour répondre au mécontentement de l’époque promettait de réduire la fracture sociale quand Nicolas Sarkozy martelait, lui, qu’il fallait travailler plus pour gagner plus… Ségolène Royal, quant à elle, avait fait campagne sur la vie chère, quand François Hollande désignait, quelques années plus tard, la finance comme responsable de tous les maux. Force est de constater qu’aucune de ces politiques n’a permis de résoudre en profondeur les problèmes du pays, même si ici ou là, il y a eu de bonnes mesures. Face à ce constat, et compte tenu de l’urgence sociale et économique, Emmanuel Macron a fait campagne sur le pouvoir d’achat qui reste un sujet central, au cœur des priorités gouvernementales… Nous avons été élus sur cette thématique, sur cette contestation et il est de notre devoir, de ne pas l’oublier ! Oui,  cette colère sociale qui révèle donc une crise profonde et qui fait tanguer le paquebot France, je peux la comprendre. Je comprends l’impatience des français qui, in fine, attendent depuis de nombreuses années, qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois, ces agriculteurs, ces artisans qui n’arrivent pas à vivre du fruit de leur travail. Ces femmes à la tête de famille monoparentale qui n’arrivent pas à se projeter dans un avenir plus serein, tant il leur est difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale, ces jeunes qui pensent que leur avenir est ailleurs qu’en France… Et pourtant, ne sommes-nous pas ce peuple courageux, digne, déterminé qui sait faire preuve de générosité, de solidarité notamment lorsqu’il est confronté à des catastrophes naturelles ? On a pu le constater lors des inondations qui ont frappé notre région. Ne sommes-nous pas ce peuple qui sait se retrouver, s’unir face à l’adversité ? On a pu, là encore, le voir lors des attentats terroristes.

«Il nous faut réagir»


Rappelez-vous, quand la crise économique de 2008 a frappé durement notre pays, c’est bien notre modèle social, nos services publics, les collectivités territoriales, l’Etat, bref c’est bien notre République qui s’est mobilisée et qui a permis d’amortir le choc de la crise. Je peux vous dire pour y être allée, qu’il en fut tout autrement aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, cette république se trouve ébranlée. Ébranlée par les doutes de ses enfants, par les peurs, par la montée du populisme, par les divisions… Aussi, il nous faut réagir. Il nous faut réagir en tant que responsable public, en tant qu’élu, en tant que responsable politique, mais aussi et surtout, ai-je envie de dire, en tant que citoyens car nous sommes tous, avant tout, des citoyens !

«La place est maintenant au dialogue, à la réflexion»


De plus, vous l’avez compris, nous avons besoin de la république mais aujourd’hui la république a besoin de nous. Je l’ai dit en préambule, l’ordre républicain doit revenir, personne ne souhaite le chaos pour le pays. Les français ont besoin de s’exprimer, d’être écoutés et entendus mais pour ce faire, il nous faut nous mettre autour de la table. C’est tout le sens du grand débat national voulu par le Président de la République qui s’est d’ailleurs prêté à l’exercice avec beaucoup de panache et de conviction. La place est maintenant au dialogue, à la réflexion, aux échanges constructifs entre les citoyens et les élus qui le souhaitent et j’ose espérer que ce grand débat permettra aux français de retrouver une certaine sérénité et confiance en leurs institutions. Pour ma part, des cahiers de doléances et comme je suis de nature optimiste, mais peut-être ne l’aurez-vous senti au travers de mes propos liminaires, des cahiers d’espérances seront mis à la disposition de celles et ceux qui le désirent à ma permanence et ce, dès la semaine prochaine.

«La loi «Pour la liberté de choisir son avenir professionnel» acte un progrès social»


Sur ces propos, je vais essayer de revenir sur l’année 2018 qui fut une année d’une extrême richesse et intensité avec notamment le réforme qui me tient le plus à cœur et pour laquelle j’ai organisé plusieurs ateliers législatifs qui m’ont permis de compléter mon travail d’amendement sur ce texte à savoir la loi «Pour la liberté de choisir son avenir professionnel», qui acte avant tout un progrès social octroyant aux individus davantage de droits tout en leur permettant de choisir leur avenir professionnel. Cela passe par le compte personnel de formation qui est désormais crédité en euros et non plus en heure comme ce fut le cas avec le DIF : 500 euros pour les personnes qualifiées et 800 euros pour les personnes non qualifiées cumulables sur 10 ans.
Cette loi acte également de nouveaux droits pour les démissionnaires et les travailleurs indépendants en matière d’assurance chômage.

«Il n’y a pas de désengagement de l’Etat en matière de formation des demandeurs d’emploi»


Comme promis par le Président de la République, la formation des demandeurs d’emploi est notre priorité aussi. Mme Pénicaud, la Ministre du travail est venue en Avril dernier et a contractualisé avec la Région BFC à hauteur de 26 millions d’euros via le Plan Investissement compétences pour la formation de plus de 5.000 demandeurs d’emploi en région, rien que pour l’année 2018 et il y en aura autant les années à venir… cela n’est pas rien et je tiens à préciser qu’il n’y a pas de désengagement de l’Etat en matière de formation des demandeurs d’emploi, c’est le public prioritaire !

Ce texte comporte également une réforme de l’apprentissage ; nous voulons en faire une véritable voie d’excellence afin d’attirer plus d’apprentis. Aussi, désormais, une entreprise pourra signer un contrat d’apprentissage toute l’année et ce, avec tout jeune de moins de 30 ans. Nous accompagnerons également les apprentis financièrement à hauteur de 500 euros pour l’acquisition du permis de conduire.

«L’école et l’éducation sont au cœur de l’action du gouvernement»


La loi pour la transformation et la croissance des entreprises dite loi PACTE qui vise à faire grandir nos entreprises, nos PME en facilitant et en simplifiant leur quotidien et ce, de création jusqu’à la transmission. Cette loi vise également à une meilleure redistribution des dividendes aux salariés via entre autres la suppression du forfait social.

Par ailleurs, l’école et l’éducation sont au cœur de l’action du gouvernement : Après le dédoublement des classes de CP à la rentrée 2017, c’est le dédoublement des classes CE1 à la rentrée 2018, dans les quartiers prioritaires, qui permettra d’offrir les mêmes chances de réussite à nos enfants et de faire en sorte que l’école de la république puisse être un véritable ascenseur social. J’ai d’ailleurs pu échanger avec l’équipe pédagogique et les parents à Chenôve, et ils m’ont tous dit les bienfaits d’une telle décision avec des enfants plus calmes, plus réceptifs et donc beaucoup plus en situation de réussite.

«J’ai soutenu la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France»


Par ailleurs, le respect de l’environnement étant un des défis de cette mandature, j’ai soutenu la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France, tout comme la loi EGALIM, qui concerne le secteur agricole et l’alimentation et qui acte un certain nombre de mesures en faveur d’une alimentation plus saine avec notamment l’objectif de 20% de bio dans les cantines scolaires ou encore la sortie du glyphosate dans 3 ans.

L’année législative a également permis la revalorisation du minimum vieillesse, la revalorisation de l’allocation adultes handicapés, le soutien aux familles monoparentales avec la majoration de 30 % de l’aide pour garde d’enfant et je n’oublie pas le reste à charge 0 pour les prothèses dentaires mis en place dès ce début d’année…pour ce qui est des prothèses audio et des lunettes, cela se fera sur les budgets à venir.

«16 milliards de redistribution, c’est du jamais vu»


Pour finir, j’aimerais souligner que le budget 2019 comptait déjà plus de 6 milliards de redistributions nouvelles auxquelles il faut ajouter les mesures d’urgence sociale et économique pour un montant de 10 milliards, ce qui fait 16 milliards de redistribution, c’est du jamais vu.
Comme vous pouvez le constater, le travail à l’Assemblée nationale est intense et encore je n’ai pas évoqué le plan santé, le plan pauvreté ou encore la loi sur le logement. Intense est l’activité à l’assemblée mais cela ne m’empêche pas de travailler aux côtés des élus et des forces vives du territoire qui me sollicitent.  

Ainsi, je tiens à vous dire que tous les projets dans le cadre de la DETR ont été soutenus à hauteur de 1.4 million d’euros rien que pour ma circonscription. Par exemple l’intégralité de la demande de financement de la commune d’Arc-sur-Tille, pour l’extension de son gymnase lui a été accordée.  

«Des projets structurants vont pouvoir voir le jour»


Je sais qu’il y a de nombreuses attentes en matière de développement économique, d’emploi, d’infrastructure, de mobilité et de santé, aussi, vous pourrez compter sur ma pugnacité et ma détermination pour vous accompagner dans la réalisation de vos projets et là, je m’adresse plus particulièrement aux élus et aux présidents d’association.

Je suis d’ailleurs heureuse de voir que des projets structurants vont pouvoir voir le jour, je pense à la création d’une maison de santé ou encore à l’installation de champs photovoltaïques avec ENGIE qui impliquera des retombées financières pour le territoire….           

Pour finir et comme le veut la tradition, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une excellente année 2019 pleine de santé et de joie pour vous et pour tous tous les êtres qui vous sont chers…

Ensuite, je souhaiterais que notre pays puisse renouer avec la sérénité et la confiance pour pouvoir se projeter dans un avenir que je souhaite meilleur et pour pouvoir construire ensemble la société fraternelle de demain.

Vive la République et vive la France !

Fadila Khattabi


 
?>