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FRANÇOIS SAUVADET : «Notre responsabilité est de faire vivre la démocratie du quotidien»

10/01/2019 03:14Imprimer l’article
Le président du Conseil Départemental a présenté ses voeux ce mercredi soir devant 300 personnes.
La cérémonie des vœux du Conseil Départemental de la Côte-d’Or a réuni quelque 300 personnes dans une salle d’honneur de la cité Henry Berger comble, ce mercredi soir.
Devant le président François Sauvadet, trop de monde pour que nous les citions tous. Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, préfet de la Côte-d’Or, Bernard Schmeltz, était là, tout comme des parlementaires, des conseillers régionaux et départementaux, de la majorité et de l’opposition, des maires et des élus municipaux, des représentants des autorités judiciaires, militaires et religieuses et des Présidents d'Associations.

Le président du conseil départemental, François Sauvadet, également président du Comité de Bassin Seine-Normandie et du groupe DCI à l'Assemblée des Départements de France (ADF), a fait un discours de quelques minutes avant de faire le tour de la salle pour saluer tous ses hôtes.

Le discours de François Sauvadet :


«D’abord, je tiens à vous dire que je suis très heureux de vous retrouver ici, dans cette salle d’honneur, pour les vœux du Département de la Côte-d’Or.
Je vous remercie, au nom de tous les conseillers départementaux, d’être venus nombreux, ce qui témoigne de votre attachement au Conseil Départemental de la Côte-d’Or.
Ces vœux, je veux les adresser cordialement à chacune et à chacun d’entre vous, et à travers vous, à tous les Côte-d’Oriens.
Mais je veux les adresser aussi tout particulièrement à notre Nation.»

Sur le contexte social :


«Nous sommes dans un contexte difficile, qui a vu l’expression forte de mécontentement, et cela illustre bien le malaise profond ressenti par une partie de nos compatriotes.
Cette colère, il faut l’entendre.
Mais je veux redire tout aussi fortement, que les violences qui accompagnent ce mouvement sont inacceptables.
Personne de responsable ne peut souhaiter le chaos.

Je veux vous assurer, Monsieur le Préfet de Région, assurer les forces de l’ordre, gendarmes et policiers, nos pompiers, de notre solidarité totale face aux débordements et aux attaques, qui ont eu lieu ces dernières semaines et qui, je le répète, sont inacceptables.
L’Etat est bien sûr en première ligne.»

«Il faut redonner du sens, de la force à la démocratie représentative»


«Il y a un besoin de proximité, d’attention au quotidien.
Et pour sortir de cette période, il faut que l’Etat central, pour ne pas dire le Gouvernement, travaille davantage avec les maires, les élus locaux, avec les Départements, qui sont au cœur des solidarités humaines et territoriales.
Il faut redonner du sens, de la force à la démocratie représentative, que certains veulent détruire, alors qu’elle est au cœur du pacte républicain.
Redonner du sens à l’idée même de commune, cher Ludovic Rochette, parce qu’on est tous de quelque part, parce que c’est dans sa commune où l’on vit et c’est là qu’est la source de la revitalisation de notre démocratie.
La désespérance de beaucoup de nos maires, qui se sentent démunis, est un des révélateurs de la crise citoyenne qu’il faut prendre très au sérieux.
Car quels sentiments peuvent avoir nos compatriotes lorsque leurs élus de proximité ont eux-mêmes le sentiment de ne pas être entendus ?»

«Redonner de la vigueur au dialogue social»


«Oui, redonner de la vigueur au dialogue social, car lorsque les représentants des corps sociaux ont le sentiment, eux aussi, de ne plus être entendus, c’est la porte ouverte à toutes les expressions individuelles, à tous les courants anarchistes et libertaires, qui eux, tentent d’organiser leur propre réponse, qui est une voie sans issue.
Oui, être au plus près, c’est notre ligne directrice, ici en Côte-d’Or.»

«Accompagner 100% des Côte-d’Oriens sur 100% des territoires»


«Toutes nos politiques, tous nos dispositifs ont été mis en œuvre pour assurer nos missions, avec pour objectif d’accompagner 100% des Côte-d’Oriens sur 100% des territoires.
Face aux nouvelles contraintes qui nous ont été imposées - plafonnement de notre budget, après la baisse des dotations - j’ai questionné les maires sur nos politiques.
J’ai interrogé les citoyens de Côte-d’Or de juin à août 2018 et co-construit nos politiques.
J’ai invité les associations, toutes les associations.
J’ai invité les 24.000 jeunes collégiens à nous dire comment ils voient leur avenir, à nous dire ce qu’ils attendent, ce qu’ils espèrent.
Et notre feuille de route, en Côte-d’Or, est claire et précise.»

«La fraude est un cancer pour notre pacte social»


«D’abord, assurer nos missions de solidarité envers ceux qui en ont besoin, partout, dans la métropole comme dans les territoires ruraux.
C’est notre mission première, confiée par la loi, chère Emmanuelle Coint, que de protéger les enfants, veiller à nos aînés, à nos handicapés, faire face aux difficultés sociales, pour aider chacun à retrouver le chemin d’une vie confiante.
Et nous continuerons d’agir avec justice et équité, pour que chacun ait accès au juste droit.
Mais nous continuerons de le faire avec responsabilité, en luttant contre la fraude, car la fraude est un cancer pour notre pacte social.
Nous continuerons de donner la priorité aux habitants des territoires et à leur développement.
Car c’est une attente forte.»

L’aide au communes sacralisée


«Entretenir nos routes, cher Vincent Martin, pour circuler en sécurité, car on a besoin de la voiture, pour travailler, pour accéder aux services.
Nous continuerons d’aider les communes et leurs groupements.
J’ai dit que cette aide serait sacralisée. Le mot est fort, il est à la hauteur de cet engagement, pour aider chacune des collectivités, y compris les plus petites, à financer leurs projets, maintenir leur patrimoine en état, leur voirie communale, accueillir les jeunes, assurer l’animation culturelle et sportive et les associations ont dans ce domaine un rôle essentiel.
On m’a parfois dit : «saupoudrage»… J’assume ! Parce qu’aider les communes, c’est contribuer à la vie dans les communes.»

«Aucun de nos services ne fermera, dans la métropole comme dans nos campagnes»


«Dans le même sujet, nous avons fait le choix de ne fermer aucun service dans les territoires.
Fermer, c’est facile.
Nous, nous avons voulu que les économies que nous faisons depuis une dizaine d’années, sur notre fonctionnement, ne se fasse pas au détriment du territoire.
Oui, aucun de nos services ne fermera, dans la métropole comme dans nos campagnes, parce que la présence de nos centres routiers, de nos centres de secours dans les anciens chefs lieux de cantons, la présence de nos collèges, de nos agences solidarité famille, des EHPAD de proximité, c’est le signal que, pour nous, chaque habitant compte, là où il a fait le choix de vivre.
Nos impôts n’augmenteront pas pour la 6è année consécutive, car le pouvoir d’achat de nos compatriotes, ça compte aussi.
Nous en avions pris l’engagement.»

«Les engagements pris pour le déploiement du Très Haut Débit seront tenus»


«Mais au-delà, nous avons aussi un devoir, une exigence, c’est de préparer l’avenir.
Pour préparer l’avenir, nous avons besoin de ce socle, de nos 700  communes, car c’est bien la question de l’avenir sur 100% du territoire qui est directement posé à notre pays.
Préparer l’avenir, c’est ouvrir les champs du possible.
C’est pour cela que nous avons pris le manche du déploiement du très haut débit dans tout le département.
J’entends les impatiences : elles sont légitimes.
Mais là encore, je vous le dis, le bras départemental ne tremblera pas.
Les engagements pris pour le déploiement du Très Haut Débit seront tenus.
Toutes les communes disposeront du triple-play à 8 Mégabits (fin 2019-2020).
Parce que le Très Haut Débit, c’est la porte d’entrée dans le XXIè siècle.»

«Faire de la Côte-d’Or un laboratoire de l’innovation sociale»


«On mesure mal aujourd’hui encore l’enjeu considérable de cette révolution numérique qui va bouleverser la relation au travail, changer nos modes de vie : la dématérialisation des services, le télétravail, les espaces de co-working, le commerce, les services à la personne.
Tous les domaines sont concernés : l’agriculture, l’économie, l’artisanat.
Tous les métiers.
Dans le cadre de Futurs 21, notre programme d’innovation des modes de vie de demain, cher François-Xavier Dugourd, avec Jean-Philippe Girard et d’autres, nous avons invité toutes les grandes entreprises et les start-up départementales à faire de la Côte-d’Or un laboratoire de l’innovation sociale.

Nous avons ouvert à la Fontaine d’Ouche avec Orvitis le 1er appartement complètement connecté.
En période de canicule : on pourra suivre les consommations d’eau de la personne âgée, l’ouverture des portes de frigo, avoir des chemins lumineux pour les personnes désorientées…
La société ERAM est venue présenter ici la première chaussure connectée, qui sortira dans 6 mois.
Elle permettra, sur son portable, de suivre les personnes en perte de repères ou en cas de chute.
Bref, c’est une opportunité considérable qui s’ouvre et nous devrons veiller, là aussi, à éviter l’e-exclusion, ce qu’on appelle l’illectronisme, pour permettre à chacun de ne pas subir la révolution numérique, mais au contraire, d’en être un acteur.
Cette évolution, on peut la regretter, mais elle est là et notre volonté, c’est qu’elle devienne une opportunité, là encore pour toute la Côte-d’Or.»

«L’idée selon laquelle les Métropoles incarneraient à elles seules l’avenir du pays est une idée folle»


«Alors je veux dire à tous ceux qui entretiennent artificiellement des oppositions entre Métropole et Département, qu’ils ne rendent pas service à l’idée que nous devons avoir en partage d’une terre où chaque parcelle doit vivre.
On a besoin d’une métropole forte.
Je le répète sans cesse.
Mais l’idée selon laquelle les Métropoles incarneraient à elles seules l’avenir du pays est une idée folle, car elle accélère la désertification, elle accélère le mal-être des quartiers et des villes.
Car il y a une aspiration de nos compatriotes à la qualité de vie.
Il y a une aspiration à un retour à l’humain, un nouvel équilibre.
Et c’est notre rôle, à nous, département, en particulier, de veiller à cet équilibre territorial et humain.
C’est l’essence même de notre engagement.
Cet équilibre territorial est une idée moderne, actuelle, car elle a pour objectif de répondre aux attentes de nos compatriotes.»

Deux vignerons primés au concours général agricole mis à l’honneur


«Oui, le vœu que je forme, parce que c’est notre responsabilité collective, c’est que l’espoir prenne le pas sur les doutes.
Nous avons tous les atouts pour réussir.
Ici même, en Côte-d’Or, j’ai tenu à inviter 2 vignerons primés au concours général agricole, pour mettre aussi à l’honneur ceux qu’ils font :
- domaine Germain à Nantoux, représenté par Philippe, médaille d’or pour un Beaune premier cru,
- et puis un viticulteur du Châtillonnais, à Chaumont-le-Bois, le domaine Bouhelier, représenté par Sylvain, qui a reçu une médaille de bronze pour son crémant de Bourgogne.
Et encourager les talents.
Et à travers eux saluer tous ceux qui contribuent, par leur travail, à la croissance et à l’image que porte notre terre.»

«La détresse de nos compatriotes risque d’être  instrumentalisée»


«Chers amis, nous avons une responsabilité qui n’a sans doute jamais été aussi forte qu’aujourd’hui : c’est de faire vivre, dans le respect des positions de chacun, la démocratie du quotidien, la démocratie au service de la vie, car le risque est là.
L’histoire de l’humanité avec un grand H, dans ces épisodes les plus douloureux, nous le rappelle.
La détresse de nos compatriotes risque d’être  instrumentalisée par des agitateurs professionnels, qui n’ont d’autre idée que de provoquer le chaos et de mettre en pièce notre système démocratique à travers le discrédit des élus et de toute forme de pouvoir.
Et on sait où cela conduit.
Alors oui, je forme le vœu pour cette nouvelle année, que notre peuple retrouve le chemin de la confiance, dans son avenir.
Ces vœux de confiance retrouvée, je les forme pour les Côte-d’Oriens, pour la Côte-d’Or.
Je les forme aussi pour les Français, pour la France.
Alors oui, redisons avec force ensemble : que vive la Côte-d’Or, que vive la République, et que vive la France !»

Photos Nicolas Richoffer :