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PORTRAITS DE FEMMES : Roseline Canet, première femme pompier de Côte-d’Or

08/03/2019 20:05Imprimer l’article
Spécial journée internationale des Droits des Femmes
Capitaine chez les sapeurs-pompiers volontaires, cheffe du centre de secours de Semur-en-Auxois, Roseline Canet a été la première femme pompier de Côte-d’Or. Elle arrêtera en fin d’année, après 41 ans de service au Sdis 21.
«Mon papa était pompier, mon frère aussi, et ma maman tenait le téléphone du centre de secours…» Autant dire que depuis toute petite, Roseline Canet (si on l’écrit souvent Roselyne, son état civil officiel écrit son prénom avec un i) a le métier en elle. Mais voilà, les femmes n’ont été autorisées à devenir pompiers qu’en octobre 76. Si près, si loin. Avant cette date, pour la petite Roseline, devenir pompiers n’était donc même pas une question qui se posait. «Je regardais les pompiers, j’ouvrais les portes, mais je ne pouvais pas en faire plus. Puis le chef de centre, le capitaine Gally, est venu me dire qu’une loi était passée pour les femmes. On l’a su, mais ça a été difficile au niveau du département».



«A Semur-en-Auxois, ça n’a pas posé problème»


Roseline Canet n’en a jamais été vraiment victime, et n’a jamais trop prêté attention au sexisme, mais reconnaît qu’au début, les pompiers ont eu du mal. Il faut dire qu’elle était la première du département. «A Semur-en-Auxois, ça n’a pas posé problème. Tout le monde me connaissait, connaissait ma famille et mon frère.
Elle a été présentée au congrès départemental de 1978. «Je me suis retrouvée au milieu du grand parking de la salle Saint-Exupéry avec tous les regards braqués sur moi» raconte-t-elle avec fierté. «Oui, j’étais contente. Et ensuite, je n’ai jamais eu de problème. Je suis quelqu’un qui m’adapte facilement, et je laissais tomber quand je tombais sur un macho».

«J’avais plus de lacunes sur les questions techniques»


Elle a été monitrice de secours, formateur, etc., et a petit à petit gravi les échelons, en devenant sergent en 1984, adjudant en 1986, sous-lieutenant en 1991, lieutenant en 1993, puis capitaine du centre d’incendie et de secours, en 2011. Pour monter dans la hiérarchie, jusqu’à devenir chef de centre, elle n’a pas connu de difficulté non plus. «J’ai eu l’appui de tout le monde, l’ancien chef de centre m’a laissé le flambeau sans problème car il voyait que j’étais capable. J’avais plus de lacunes sur les questions techniques, surtout en ce qui concerne les véhicules, mais d’autres connaissent très bien ça».

«Miser sur ses compétences»


On sent chez Roseline Canet une retenue, elle qui n’a jamais prêté attention au machisme qu’elle a forcément croisé au sein des sapeurs-pompiers. Pas besoin d’égrener des comportements inappropriés, elle les a toujours ignoré, préférant miser sur ses compétences de soldat du feu. «Au départ, les gens étaient étonnés de voir une femme. Je me souviens d’un stage secours routier à Dijon, quand j’ai parlé à celui qui jouait la victime. Il s’est trouvé très surpris d’avoir à faire à une femme, et on a modifié toute la manoeuvre car il n’était pas censé être une victime consciente» s’amuse-t-elle. Une réaction qu’on ne verrait plus de nos jours, et c’est déjà un grand pas.
Roseline Canet a été décorée de la Légion d'honneur, publié au journal officiel ce 1er janvier 2019, pour ses 40 années de service dans le corps des sapeurs-pompiers.
Nicolas Richoffer
Photo N.R.