vendredi 21 juin 2019
Les conditions météorologiques actuelles sont favorables à la pollinisation des graminées, espèce fortement allergisante, explique Atmo.
Questions à...
A l’issue d’une saison régulière historique en Jeep Elite avec la 3ème place au classement pour la JDA Dijon Basket et à l’approche du premier tour des playoffs, l’entraîneur Laurent Legname fait le point avec Infos-Dijon sur la réussite de son équipe ainsi que ses forces pour poursuivre l’aventure. Entretien.
> Côte-d'Or > Côte d'Or

SOCIAL : Grève des ambulanciers de Jussieu-Secours Dijon

13/04/2019 10:37Imprimer l’article
Actualisé samedi matin : La Direction répond.
Dans un communiqué, la CGT dénonce «l'extrême financiarisation du Groupe Combe Bourgogne-Franche Comté / Jussieu-Keolis Santé».
Le communiqué de l’union départementale CGT 21 du 10 avril 2019 :

Nous ambulanciers de JUSSIEU-SECOURS DIJON Ambulance Saint-Bernard Assistance, nous élevons contre l'extrême financiarisation du Groupe COMBE Bourgogne-Franche Comté/JUSSIEU-KEOLIS SANTE, qui a préféré cette année payer l'actionnariat à hauteur de 180.000 euros et augmenter la valeur de ses actions par une prime d'émission à hauteur 106.804 euros plutôt que de nous donner des conditions de vie et de travail décentes .

Consécutivement à notre préavis de grève, il nous a été proposé, une augmentation de notre taux horaire de 0,06 centimes d'euros brut !!!! c'est dire le mépris total de cette direction.

Chaque année la HOLDING COMBE à laquelle nous appartenons rachète des sociétés d'ambulances, monte en puissance sans que nous ayons part à la richesse produite par notre travail .Ainsi ont été acquises plus d'une vingtaine de société d'ambulances ou de taxi conventionnés dont :

BEAUNE/HERMARY, JUSSIEU BESANCON, TAXI CONVENTIONNES KRUMM, JUSSIEU SECOURS MONTBELIARD, AMBULANCES JUSSIEU SECOURS VESOUL, JUSSIEU-SECOURS HERICOURT, SANI TAXI, NOE SERVICES.

Plus la part de l'actionnariat grandi dans notre entreprise plus nos traitements et salaires diminuent. Les choix du gérant ne correspondent plus à l'activité d'une société d'ambulance, tout se résume pour lui à des coûts et nos salaires et demandes de réparations de matériels constituent pour lui un coût et uniquement un coût.

Nos véhicules sanitaires ne sont plus révisés comme ils le devraient et présentent de multiples déficiences qui vont de l'absence de chauffage dans la cellule arrière jusqu'à des problèmes d'ABS, de non renouvellement de pneumatiques lisses. Nous sommes parfois contraints d'utiliser des véhicules sans pneus neige en hiver.

Nos brancards perdent leurs roues en charge de patients, les plateaux ne sont plus fonctionnels, les chaises porteuses sont grippées et augmentent nos risques de troubles musculo-squelettiques.

NOS PATIENTS ET NOUS MEME SOMMES EN DANGER.

Notre stock de bouteille d'O2 est contigu à notre lieu de pause et à un garage dans lequel on laisse fumer le personnel. Nos locaux ne sont pas adaptés au nombre d'ambulanciers que nous sommes et ne répondent plus aux normes en termes d'hygiène et de sécurité.

Nous subissons des pressions répétées de la part de notre gérance, qui nous oblige à signer des documents de refus de jours de fractionnement, sous la contrainte d'un refus de nos congés d'été, ce refus est exigé de manière collective avec des imprimés pré-remplis.

Nos arrêts et accidents de travail ne sont pas toujours déclarés en bonne et due forme, nos compléments de salaires pas toujours versés, ce qui occasionne pour les ambulanciers des pertes financières notables.

Nos bulletins de paie sont remplis d'erreurs « oublis » de repas, règle des 10éme de CP non appliquée, erreurs sur les heures travaillées. Ceci peut s’apparenter à du travail dissimulé.

Nous subissons des harcèlements de la gérance : dégradations de nos véhicules personnels « mal garés » sur un parking devenu trop étroit , jet de notre vaisselle et de notre nourriture à la poubelle, contacts physiques avec le gérant, discrimination de certains salariés syndiqués ou non, menace de licenciements.

STOP, NOUS SOMMES AMBULANCIERS
PAS UNE VARIABLE D'AJUSTEMENT
DU GROUPE COMBE/JUSSIEU KEOLIS SANTE
NOUS INVITONS NOS COLLEGUES AMBULANCIERS
DU GROUPE COMBE
ET TOUTES LES PERSONNES SOUCIEUSES DE LA DEGRADATION DE
NOTRE SERVICE DE SANTE
A NOUS REJOINDRE



La réponse de la direction, adressée à Infos-Dijon :


Nous comprenons le mouvement de protestation et les revendications, qui sont légitimes, mais l'entreprise est actuellement dans une grande tension économique à cause de la gouvernance des transports sanitaires des patients par les différentes institutions en charge de la gestion des transports sanitaires en France, pour des raisons qui sont d’ailleurs bien connues de la CGT, qui l'ont conduit à interpeller la Ministre de la santé le 29/03/19. Nous invitons les ambulanciers mécontents à interroger l’ARS et l'Assurance Maladie pour obtenir de véritables négociations professionnelles tarifaires adaptées à notre métier d'ambulancier professionnel et une véritable reconnaissance du rôle des ambulanciers dans la chaîne de soins des patients de notre territoire sur avis médical.

Notre responsabilité, en tant que chef d’entreprise, est d’éviter que l’entreprise mette la clé sous la porte par cessation de paiement. Notre première préoccupation est de sauvegarder l’activité sur notre territoire et les efforts ne sont pas ménagés en ce sens.

Nous souhaitons apporter plusieurs précisions :


1/ Sur la croissance externe et l’ « extrême financiarisation » :

Aujourd’hui, les entreprises d’ambulances ne peuvent pas survivre sans soit un repli sur elle-même ou soit un développement. C’est pourquoi la profession se partage en deux tendances :
- l’ubérisation atomisée par la multiplication de microstructures avec co-gérant et sans salarié,
- et l’entreprise structurée professionnalisée certifiée.

L’ubérisation ne va pas dans le sens du droit des salariés, ni dans la valorisation professionnelle puisqu’il s’agit de micro structures, affranchies de nombreuses obligations sociales et administratives.

A l’inverse, si une entreprise structurée de plus de 50 salariés est soumise à des obligations sociales plus favorables aux personnels, il doit alors mettre en place une organisation permettant d’amortir les charges sur une plus grande surface, de bénéficier de réductions de prix sur les achats, et d’obtenir des marchés importants. Ces éléments sont déterminants dans la capacité de résistance de l’entreprise aux contraintes économiques actuelles. Il ne faut donc pas confondre « financiarisation » et structuration. L’entreprise ici finance sa structure, son maintien et son développement.

2/ Sur le versement à l’actionnariat et de primes d’émission :

Nous avons financé un développement en empruntant auprès d'investisseurs privés et bancaires. Il y a donc le versement des remboursements prévus. Il est important de préciser qu’il ne s’agit pas de distribution de dividendes aux actionnaires sur des prétendus bénéfices. Notre entreprise ne saurait être comparée à une grande entreprise capitalistique à la recherche de profit comme unique objectif. C'est une accusation fausse, gratuite, caricaturale, inadaptée, et injuste.

3/ Sur le plan de la qualité de service :

Nous sommes obligés de fonctionner suivant la convention Assurance Maladie avec une tarification contrainte, inadaptée et imposée tout en garantissant la sécurité de nos services ambulanciers à chaque instant, pour tout le personnel et pour tous les patients accompangés sur avis médical.

Enfin, nous tenons à rappeler que :

- l’exercice comptable de l’entreprise clos au 30 septembre 2018 s’achève avec un déficit et que, contrairement aux années précédentes, l’entreprise n’est effectivement pas en mesure cette année de verser une participation aux salariés.
- le premier semestre de l’exercice en cours est préoccupant au plan de la trésorerie suite à la réforme en vigueur de l'article 80 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2017. Les prochaines étapes programmées de cette réforme vont amplifier le phénomène de destruction des équilibres économiques des entreprises de transports sanitaires. Le délai moyen constaté de réglement des factures de transports sanitaires des patients est passé de 72h pour l'Assurance Maladie à entre 60 jours et 90 jours pour les établissements de soins prescripteurs payeurs!

Malgré tout, des propositions salariales, compatibles avec ce que l'entreprise peut payer de manière immédiate, sont sur la table. Une nouvelle réunion de concertation est programmée à Lundi 15/04/19 après la réception d'une délégation de 6 ambulanciers gévistes du Vendredi 12/04/19.

La direction