jeudi 17 octobre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
Découvrez notre carte Google pour retrouver les six oeuvres.
Questions à...
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
> Côte-d'Or > Côte d'Or

VIOLENCES CONJUGALES : L’impact sur l’enfant et sa protection au centre d’une journée d’échanges

07/10/2019 10:27Imprimer l’article
La députée LaREM Fadila Khattabi s’est rendue auprès d’acteurs de terrain, mobilisés en l’occurrence dans la lutte contre les violences conjugales.
«Un conjoint violent est un père dangereux». Ce fut l’un des points d’accord au coeur d’une table ronde réunissant des acteurs locaux de la lutte contre les violences conjugales. Celle-ci s’est tenue au centre LBA à Dijon, jeudi 3 octobre.
Plus tôt dans la journée, Fadila Khattabi, députée de la troisième circonscription de la Côte-d’Or, s’était rendue dans la matinée au commissariat de Police de Dijon afin d’échanger avec les enquêtrices et enquêteurs de la Brigade de protection des familles, puis en début d’après-midi auprès des travailleurs sociaux de l’agence Solidarité Famille 21. Fadila Khattabi et la députée de la Nièvre Perrine Goulet - toutes deux référentes du Grenelle des violences conjugales en Bourgogne-Franche-Comté - étaient à l’écoute sur la question de l’impact des violences conjugales sur les enfants.



«Le lien du sang ne fait pas toujours un bon parent»


Pour en revenir à la table ronde évoquée, c’est notamment l’autorité parentale qui a suscité échanges et réflexions. Faut-il la suspendre voire même la retirer ? Les points de vue des acteurs de la lutte contre les violences conjugales ne sont pas forcément radicaux au motif que «ne plus voir l’un de ses deux parents peut être aussi une violence pour l’enfant». En tout cas, «le lien du sang ne fait pas toujours un bon parent» pour ces différents intervenants, de la brigade de Police à Solidarité Femmes 21 en passant par l’UDAF.
Un père violent doit être mieux encadré. C’est le constat qui a été partagé autour de la table ronde, au cours de laquelle il a été demandé aux députées des moyens pour accentuer la formation.
Dans la sphère de l’Education nationale, on reconnait que le renforcement de l’accompagnement et de la communication sur la question est nécessaire pour faire en sorte que les signalements de la part d’enseignants soient plus évidents. L’année dernière, 537 écrits de protection ont été recueillis concernant 502 enfants.

«Il faut des moyens humains, des tribunaux dédiés…»


«La parole se libère mais il faut que les réponses suivent», a-t-on résumé lors de la table ronde, en soulignant aussi l’importance d’ancrer les dispositifs de protection existants, «pour que les initiatives dépassent les personnes», comprenez que les mesures de protection puissent suivre même si telle ou telle personne référente est remplacée par une autre.
«Ce que nous voulions, c’est échanger avec vous sur un sujet délicat, avec vous qui êtes acteurs sur le terrain. Cette lutte contre les violences conjugales, c’est un engagement de campagne du président. Pour ce qui est de la question des enfants, elle est essentielle, non seulement pour l’éloigner des violences mais aussi pour éviter qu’il reproduise des années plus tard ce qu’il a pu vivre», a répété Fadila Khattabi en ouverture d’un atelier citoyen devant terminer la journée.
«Il faut des moyens humains, des tribunaux dédiés… On peut voir que des magistrats ne sont pas assez formés», a affirmé Marie Vindy. Et la présidente de Solidarité Femmes 21 a appuyé ses propos par un exemple fort du manque de moyens humains : «C’est insupportable de dire à une femme que nous ne pouvons pas la recevoir parce que nous avons trop de demandes et que nous manquons de personnels». Un besoin dont nous avait fait part la directrice de l'association en septembre (retrouvez notre interview d'Anne Joseleau en cliquant ici).

«Est-ce que les magistrats ne seraient pas un peu trop frileux sur cette question ?»


La prise en charge psychologique de l’enfant demande aussi à être renforcée de l’avis des acteurs sur le terrain. Et «le cas par cas» doit être selon eux la démarche pour se poser le plus justement possible «la question de l’intérêt du lien parental pour l’enfant», souligne l’association l’Enfant Bleu. «Est-ce que les magistrats ne seraient pas un peu trop frileux sur cette question ?», a-t-on d’autre part entendu comme remarque dans l’assistance.
Pour les députés LaREM - Guillaume Gouffier-Cha et Bérangère Couillard également au rendez-vous en tant que représentants de la délégation aux droits des femmes -, «on arrive à maturité pour aborder franchement les violences conjugales en France», pour se pencher sérieusement sur des mesures telles que le dispositif anti-rapprochement. La journée à Dijon s'inscrivait dans un tour des régions.
En déclinaison du Grenelle des violences conjugales dans les territoires, notons que les partenaires accentuent le travail et les réflexions en Côte-d’Or (retrouvez notre article en cliquant ici).

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier