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VIOLENCES CONJUGALES : Les acteurs publics et associatifs de la Côte-d’Or veulent renforcer la lutte

02/10/2019 16:19Imprimer l’article
En déclinaison du Grenelle des violences conjugales, la lutte contre celles-ci fait l’objet de réunions de travail dans les différents territoires. En l’occurrence en Côte-d’Or, certains points sont ciblés comme prioritaires.
Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes a lancé le Grenelle des violences conjugales le 3 septembre dernier. Dans les territoires, une démarche de consultations partenariales est engagée, dans l’objectif de faire remonter au ministère des recommandations de politiques publiques pour lutter plus efficacement contre les violences conjugales.

26 partenaires en Côte-d’Or


En Côte-d’Or, cette démarche est développée. Le 4 septembre, un schéma d’aide aux victimes a été validé. Le 18 septembre, c’est un travail sur le parcours des victimes mais aussi celui des auteurs qui a été engagé avec le réseau associatif. Et fin septembre, une réunion de travail a réuni 26 partenaires agissant sur le territoire, de l’Etat aux associations en passant par les institutions judiciaires et personnes qualifiées, les collectivités locales et territoriales, les organismes sociaux et établissements publics. Les associations notamment ont jusqu’au 15 octobre pour identifier des priorités et amorcer des projets devant être soutenus par une dotation issue du fonds Catherine de lutte contre les féminicides. La région Bourgogne-Franche-Comté va recevoir 60.148 euros de ce fonds d’un million d’euros.



Bien ancrer les dispositifs existants


«L’idée est de réfléchir à la manière dont nous pouvons aller plus loin dans la réactivité face aux violences conjugales, dans la continuité des dispositifs», souligne Joël Bourgeot, sous-préfet de Montbard et référent sur les violences faites aux femmes pour la préfecture de la Côte-d’Or. «On fait déjà beaucoup sur le territoire. Les partenaires n’ont pas attendu pour travailler sur les thématiques et s’organiser mais l’idée est de formaliser les dispositifs pour les responsables et acteurs qui arriveront sur le territoire et remplaceront leurs prédécesseurs», ajoute Isabelle Galmiche, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité, en référence au protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences conjugales signé le 8 mars de cette année.

Prendre en compte toute la sphère familiale


S’appuyer sur l’existant pour la préfecture, la DDDFE et leurs partenaires, c’est notamment rappeler que les forces de l’ordre ont leurs Brigades de protection des familles. «La questions des violences conjugales, c’est une mobilisation importante qui nécessite un engagement majeur, du policier primo-intervenant jusqu’aux enquêteurs», peut assurer la commissaire Emilie Biancalana, cheffe de la sûreté départementale à Dijon. Une BPF, pour le commissariat de Dijon, dotée de 5 enquêteurs et de référents pour le suivi des affaires, qui vise à «traiter ces problématiques en prenant en compte toute la sphère familiale et non simplement tel ou tel cas de violences conjugales de manière isolée». Pour la commissaire, le «plus» vient aussi des intervenants sociaux, «permettant une meilleure efficacité au moment de la prise de plaintes».
Pour la Gendarmerie, le lieutenant Lucio De Oliveira insiste aussi sur une collaboration étroite entre les enquêteurs spécialisés dans les violences intra-familiales (45 en Côte-d’Or avec un référent dans chaque compagnie et un référent de groupement) et l’intervenante sociale dans le cadre de la BPF 2.1.

«Nous respectons la démarche et le rythme de la victime»


«France Victimes 21 s’inscrit dans une chaîne de compétences, un maillage de partenariats», assure Orane Duchatel, directrice de l’association d’aide aux victimes en capacité d’assurer une prise en charge juridique de la situation et de proposer à la victime un soutien psychologique et un accompagnement social. «Nous respectons la démarche et le rythme de la victime», assure-t-on du côté de l’association, référente pour plusieurs mesures de protection dont la fiche-point-sauvegarde ou «mémo de vie» qui permet à la victime de conserver des documents à l’abri du conjoint violent (certificats médicaux, attestations de voisins sur les violences, photos…), et le téléphone grave-danger devant permettre à la victime d’alerter les secours via Mondial Assistance en activant le bouton d’alerte sur ledit téléphone, demandé par France Victimes 21 au procureur de la République après évaluation de la situation avec la victime. 5 TGD, voire plus sur sollicitation d’autres départements (le dispositif est interdépartemental), sont aujourd’hui à disposition sur le territoire de la Côte-d’Or.

Mettre l’accent sur un cadre plus sécurisant et rassurant pour les victimes


L’aspect humain est certainement l’un des facteurs le plus difficilement mesurable dans une situation de violences conjugales, dans le sens où la décision d’en sortir doit venir de la victime elle-même… Les partenaires de l’accompagnement et des suivis possibles affirment travailler à des mesures renforcées afin de créer un cadre disons plus rassurant, ou au moins plus sécurisant, encourageant la victime à engager les démarches.
«L’hébergement et la sécurité des victimes, c’est très important car c’est ce qui permet de prendre la décision de quitter le domicile», insiste Isabelle Galmiche, en poursuivant : «Et puis, nous devons travailler sur le parcours des auteurs, sur la prévention de la récidive, et pour que ce soient eux qui quittent le domicile et non les victimes… Sans oublier qu’au milieu de ces violences, il y a les enfants…». Le recueil de plaintes dans les hôpitaux et le dispositif électronique anti-rapprochement sont aussi des mesures d’urgence énoncées lors du lancement du Grenelle sur lesquelles les partenaires côte-d’oriens entendent accentuer les discussions.

Une opération de sécurisation du quotidien à étendre


Quant aux nouveaux dispositifs pouvant être développés, la police municipale de Quetigny est prise en exemple pour une opération de sécurisation du quotidien des victimes. «Ça se base sur un protocole individuel de sécurisation pour définir, avec la victime qui nous sollicite, les modalités de surveillance, à proximité du domicile, plus loin du domicile suivant ses appréhensions, ou même à la sortie de l’école si elle a des enfants. La sécurisation dure le temps qu’elle reprenne confiance en elle», explique Céline Cuillier, faisant le parallèle avec l’opération Tranquillité Vacances.
La ville de Quetigny étant signataire du protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences conjugales, l’idée est de voir avec d’autres communes s’il est possible de décliner cette opération plus largement.
Plus globalement, pour terminer sur ce Grenelle des violences conjugales, notons qu’en juin 2019, l’association Solidarité Femmes 21 a enregistré une hausse de 33% de son activité. Elle avait reçu plus de 760 femmes victimes de violences conjugales en 2018 (retrouvez notre interview de la directrice en cliquant ici). Depuis le début de l’année 2019, à l’échelle nationale, 33.000 femmes ont appelé 39 19, dont une centaine en Côte-d’Or.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier