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DIJON : Le Club de la communauté Airbnb «étonné» par les propos de François Rebsamen et de l’UMIH

15/04/2019 03:09Imprimer l’article
L’association des habitants de Dijon ouvrant leur domicile aux voyageurs rappelle notamment que la taxe de séjour leur est prélevée et demande une rencontre «afin de discuter de solutions adaptées».
Réaction du Club de la communauté Airbnb de Dijon suite à l’Assemblée Générale de l’UMIH 21 (cliquez ici pour lire l'article d'Infos-Dijon) :

Nous sommes des centaines d’habitants de Dijon et ses alentours qui ouvrons nos appartements et maisons aux voyageurs du monde entier via la plateforme Airbnb. Début 2018, nous avons créé un club de la communauté réunissant une trentaine d’hôtes et voyageurs. Ce club nous permet de nous entraider notamment pour la bonne compréhension des règlementations qui alourdissent de plus en plus notre quotidien et notre activité, et se veut simple et dans le respect de la loi.

En tant qu’habitants, citoyens et électeurs, nous ne cachons pas notre étonnement suite aux propos tenus par M. François Rebsamen, Maire de Dijon, et les représentants de l’UMIH 21, lors de la dernière assemblée générale de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie de Côte-d’Or, récemment relayés dans un article en ligne en date du 9 avril 2019 sur le site Infos Dijon.

Nous sommes des centaines d’habitants de Dijon, hôtes sur Airbnb, et avons beaucoup de choses à dire sur ce que notre activité apporte à notre quotidien, comme à la ville où nous vivons. Les élus oublient de nous consulter, nous, habitants de Dijon et hôtes sur Airbnb, alors même qu’ils sont particulièrement attentifs aux arguments des hôteliers. Nous aussi, hôtes dijonnais, souhaitons une meilleure écoute, au même titre que d’autres acteurs du tourisme de notre ville. Rappelons à juste titre que les hôtes Airbnb ont généré en 2018, rien que pour la Ville de Dijon, un peu plus de 60.000 euros de taxe de séjour. Un montant important qui profite directement à la ville et ses habitants, puisque ces ressources sont dédiées aux investissements touristiques et au fonctionnement de l'office de tourisme métropolitain.

À la lecture de cet article, notre plus grand étonnement concerne la demande de l’UMIH 21, quant à la mise en place d’une procédure d’enregistrement des locations Airbnb par la Ville de Dijon, afin que les taxes de séjour soient appliquées à tous. Aujourd’hui, il est permis de se demander à quoi sert ce numéro d’enregistrement, largement décrié par les récentes décisions de justice comme c’est le cas à Paris. Pourquoi lier cet enregistrement à la déclaration à la taxe de séjour, alors même que cette dernière est déjà prélevée automatiquement et totalement par Airbnb sur chacune de nos transactions depuis avril 2019?

Précisons-le, la taxe de séjour est collectée de manière automatique par Airbnb et reversée à la Ville de Dijon depuis 2017 (forfait de 0,40 € jusqu'en mars 2019). Sur ce point, n’oublions pas non plus de rappeler la réforme votée par le Parlement en décembre 2017 qui instaure un nouveau mode de calcul de taxe de séjour pour les seuls meublés non classés. La Ville de Dijon a décidé de fixer le montant de la taxe de séjour à 5% pour une nuit par personne pour les meublés non classés, alors que les hôtels, les résidences de tourisme et les meublés classés conservent, quant à eux, leur montant fixe par nuitée par personne, en euros. Ainsi, lorsque l’UMIH 21 parle d’égalité de traitement et évoque vouloir une concurrence qui soit loyale, permettez-nous d’en douter quelques instants. Cette réforme de la taxe de séjour favorise encore une fois un traitement injustifié qui stigmatise les utilisateurs d’Airbnb et les loueurs de meublés non classés. Elle instaure une disproportion de traitement par rapport aux autres hébergements touristiques, notamment le secteur hôtelier, avec une taxe de séjour près de 6 fois supérieure.

Vouloir instaurer un numéro d’enregistrement pour les locations Airbnb afin de ne pas aggraver la pénurie de logements est une raison qui nous surprend tout autant. Il est étonnant de voir les hôteliers, acteurs du tourisme, s’inquiéter à ce point de potentielles tensions sur le secteur du logement des particuliers, un secteur dont ils ne sont pas acteurs directs si ce n’est dans l’occupation commerciale du bâti. N’oublions pas qu’un peu plus de 6000 logements restent encore vacants à Dijon (et que la Région Bourgogne-Franche-Comté est la région qui affiche le taux de logements vacants le plus élevé : 9,3 % contre 7,7 % au niveau national). Sans oublier, non plus, le récent projet de construction d’un hôtel dans la zone Beauregard, dédié à une clientèle internationale.

Les hôtels français, à Dijon et partout en France, sont plus chers que jamais. Concentrés sur un tourisme d’affaires, et pour clients aisés, les hôtels laissent de côté de nombreux voyageurs, jeunes ou moins fortunés. Si nous offrons une diversification de l’offre dans notre ville, nous accueillons également une clientèle complémentaire, plus jeune et plus populaire, qui privilégie un autre cadre de séjour, qui vient à Dijon pour des séjours courts avec la volonté d’avoir l’impression d’être “comme à la maison”. Quant à l’instauration d’un contrôle efficace des locations, notons que le Conseil Constitutionnel a estimé que les visites de logements loués à des touristes en l’absence de l’occupant sont donc jugées illégales.

L’UMIH 21 semble se préoccuper de la baisse de dynamisme du tourisme dans notre ville et souhaite s’engager pour un tourisme plus attractif. C’est un souhait partagé par les hôtes Airbnb de Dijon qui se mobilisent en ce moment-même autour de la revalorisation des commerces locaux à Dijon à travers la création d’un guide des bonnes adresses. À un an des élections municipales, il est important que les habitants soient écoutés car il est dans l’intérêt de la Ville de Dijon et de tous ses acteurs locaux de comprendre et de respecter l’activité et les souhaits de chacun. Le Club de la communauté Airbnb de Dijon profite de cette réaction pour demander à Monsieur Rebsamen une prochaine rencontre, afin de discuter de solutions adaptées qui garantissent un développement responsable et équilibré de notre activité, au bénéfice des habitants, de Dijon et de son attractivité.

Photo Alix Berthier