dimanche 26 mai 2019
Les neuf artistes annoncés présentés par neuf clips.
Questions à...
A l’issue d’une saison régulière historique en Jeep Elite avec la 3ème place au classement pour la JDA Dijon Basket et à l’approche du premier tour des playoffs, l’entraîneur Laurent Legname fait le point avec Infos-Dijon sur la réussite de son équipe ainsi que ses forces pour poursuivre l’aventure. Entretien.
> Dijon Metropole > Dijon Metropole

DIJON METROPOLE : «En cas d'incendie grave, la sécurité des Dijonnais et Dijonnaises n'est pas assurée» persiste François Rebsamen

30/11/2018 05:16Imprimer l’article
Emmanuel Bichot, appuyé un peu plus tard par Didier Martin, a mis le sujet des pompiers de l'agglomération dijonnaise sur la table ce jeudi soir au conseil métropolitain. François Rebsamen et Jean-Patrick Masson leur ont répondu, renvoyant le Conseil Départemental à sa responsabilité dans le financement du Service d'Incendie et de Secours.
Le sujet avait déjà parasité, et même enflammé le débat d'orientation budgétaire du conseil départemental, lundi (cliquez ici pour lire notre article). Ce jeudi soir, la question des conditions de travail des sapeurs-pompiers du SDIS (service d'incendie et de secours) de Côte-d'Or, en particulier dans les centres de secours de la métropole de Dijon, est revenue telle un fil rouge.

Depuis plusieurs mois, en Côte-d'Or comme dans d'autres départements de France, de nombreux sapeurs-pompiers, à l'appel notamment du syndicat SPP-Pats, enchaînent les manifestations pour demander des moyens supplémentaires et des embauches. Dans notre département, cette «crise» a même été relancée le mois dernier par la démission du président du SDIS, Vincent Dancourt, remplacé par Hubert Poullot. Les SDIS sont majoritairement financés par les conseil départementaux (mais aussi par les communes et intercommunalités), et par conséquent présidés par un élu départemental. La question des moyens est donc, politiquement, avant tout une affaire de financements, laquelle est un autre terrain d'affrontements indirects entre François Sauvadet, président du conseil départemental, et François Rebsamen, président de Dijon Métropole.

Emmanuel Bichot : «Je suis particulièrement choqué

par les propos que l'on trouve dans ce rapport»


Donc le sujet est revenu sur la table au cours du débat d'orientation budgétaire ce jeudi soir. C'est Emmanuel Bichot, pour le groupe d'opposition «Agir pour Dijon Métropole», qui a allumé la première mèche lors de sa prise de parole sur les orientations budgétaires :
«Je voulais revenir sur la question des pompiers. C'est une de nos compétences importantes puisqu'elle concerne la sécurité de nos concitoyens. Il s'agit de verser la contribution de Dijon Métropole au SDIS. Ce n'est pas la totalité du financement puisque c'est, en gros, le conseil départemental qui le finance pour deux tiers et la métropole pour un tiers. Mais je suis particulièrement choqué par les propos que l'on trouve dans ce rapport. Je lis : «La Métropole déplore que le SDIS s'octroie des marges de manoeuvre supplémentaires, et se réserve la possibilité de plafonner sa contribution à une hausse de 1,2%».

François Rebsamen intervient : «C'est le département et non pas le SDIS. C'est une erreur de frappe».

Emmanuel Bichot dément la faute de frappe et poursuit : «Le conseil d'administration du SDIS a demandé à ce que la Métropole fasse un effort exceptionnel en augmentant sa contribution de 1,78%. Vous dites dans ce rapport que vous déplorez cette demande et que vous vous réservez la possibilité de plafonner l'augmentation à 1,2%. Notre position, c'est qu'il faut soutenir le SDIS».

Ces fameux 1,2% correspondent à la hausse maximale du budget de fonctionnement autorisée par l'Etat dans le cadre de la contractualisation avec l'Etat. Une contrainte qui pèse sur toutes les grandes collectivités locales.

François Rebsamen : «Quand les pompiers me disent 

que la sécurité n'est pas assurée dans la Métropole, je les crois»


François Rebsamen répond : «En effet, la Métropole apporte plus de 8,4 millions au SDIS. L'ensemble des communes apporte 49% des financements départementaux. La métropole devrait augmenter de 1,93% alors que le département n'augmente, lui, que de 0,6%. Ce n'est pas acceptable pour nous, d'autant que je ne suis pas sûr que ce que reverse le département correspond à un versement global de plus de 51%.
Quant au fonctionnement du SDIS lui même, il était prévu d'avoir une caserne à Longvic, à Saint-Apollinaire et à Chevigny, et seule celle de Chevigny a été faite. Le département ne l'a pas fait pour des raisons qui lui sont propres. Mais quand, lorsque je les rencontre devant la foire de Dijon, les pompiers me disent que la sécurité n'est pas assurée dans la Métropole, je les crois».

Didier Martin : «Le colonel ne confirme pas»


C'est, un peu plus tard, Didier Martin (LREM) qui revient sur le sujet, parlant de «polémiques malheureuses sur le SDIS». «Je regrette d'avoir entendu que la sécurité des Dijonnais n'est pas assurée. J'ai rencontré le colonel, et il ne m'a pas confirmé cette vision des choses».

François Rebsamen persiste et signe : «J'ai entendu ce que m'ont dit les pompiers lors de leur manifestation devant l'inauguration de la foire. Ils disent que sécurité n'est pas assurée en cas d'incendie grave. Je dis bien, en cas d'incendie grave. Il y a eu un exemple sur un feu qui s'est déclenché à l'hôtel La Cloche. Je sais le temps d'intervention qu'il a fallu, car les pompiers mobilisés venaient de l'extérieur de la Métropole. Je dis attention.»

Jean-Patrick Masson : «Le département a fait le choix de faire payer à la Métropole 

ce qu'il refuse de payer lui-même»


Jean-Patrick Masson, en fin de débat sur les orientations budgétaires, est lui aussi revenu sur la question, d'un point de vue plus… budgétaire justement. «Je veux revenir sur ce qu'a dit M. Bichot concernant les pompiers : le motif pour lequel on nous a présenté l'augmentation de 0,6% par le Département, c'est l'orthodoxie budgétaire des 1,2%. Donc le département a fait le choix de faire payer à la Métropole ce qu'il refuse de payer lui-même pour rester dans la limite imposée par l'Etat. De plus, le SDIS a fait une cote mal taillée et notre part grandit tous les ans. Enfin, je voudrais signaler que nous sommes propriétaires d'un bâtiment rue du Transvaal où nous logeons gratuitement 14 familles de pompiers, ce qui nous coûte 200.000 euros par an et qui ne rentre pas dans le calcul».

De quoi alimenter un débat déjà bien nourrit. Les positions de chacun se clarifient sur le sujet des pompiers, et nul doute que ce dossier sera de nature à refroidir encore un peu plus les relations entre François Sauvadet et François Rebsamen, déjà bien glaciales depuis que chacun se renvoie la responsabilité du futur non-accord au sujet du transfer de compétences entre le département et la métropole.
Dijon sera en effet, le 31 décembre au soir, la seule métropole de France à ne pas avoir trouvé d'accord avec son département, et à laisser le préfet trancher sur ce qu'elle récupère comme compétences sur son territoires.
Nicolas Richoffer
Photos N.R.