mardi 22 mai 2018
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DIJON METROPOLE : Grand Dijon Habitat s’engage dans la maintenance intelligente, connectée, des installations VMC

14/05/2018 20:35Imprimer l’article
La première tranche d’installations lancée ce lundi est, pour débuter, une expérimentation. Grand Dijon Habitat entend trouver «une solution très intéressante» aux défaillances des groupes VMC pour l’habitat collectif.
Grand Dijon Habitat est le bailleur social sur le territoire de la métropole dijonnaise de 10 000 logements, dont 7 000 sont concernés par un système de VMC (ventilation mécanique contrôlée) collective.

«La difficulté se pose lorsque le groupe VMC

tombe en panne»


Séverine Matrot, directrice du patrimoine pour Grand Dijon Habitat, avec à ses côtés son collègue Alexandre Bertrand, explique d’abord le pourquoi de cette opération : «Les groupes VMC assurent le renouvellement d’air de nos bâtiments, aujourd’hui de plus en plus hermétiques par la recherche de l’isolation thermique. Le renouvellement d’air ne se fait plus comme auparavant, par des défauts qu’ils pouvaient y avoir. Aujourd’hui, le renouvellement d’air se fait donc par une extraction mécanique de l’air dans les pièces humides. Jusque-là tout va bien, mais la difficulté se pose lorsque le groupe VMC tombe en panne (coupure d’électricité dans le secteur, usure d’une courroie par exemple)…».
La panne ne se ressent pas immédiatement et n’est pas facilement détectable par les locataires. Celle-ci est détectée bien souvent trop tard, à la vue des moisissures ressortant sur les parois… Pour Grand Dijon Habitat, ces dysfonctionnements sont conséquents puisque l’enveloppe annuelle moyenne est de l’ordre de 100 000 euros pour rénover les logements impactés par ces moisissures.

Savoir quasiment en direct si les VMC fonctionnent bien


La solution technologique pour laquelle opte Grand Dijon Habitat est la pose de capteurs sur ces VMC collectives, afin de repérer quasiment en direct les éventuels dysfonctionnements et défaillances.
«Un peu comme un système On/off», dit Séverine Matrot. En développant : «Le capteur sera relié à une plateforme internet qui nous permettra, via un relevé par heure, de savoir si nos VMC fonctionnent bien ou s’il faut envoyer notre exploitant pour une opération de maintenance». Plus que les maintenances annuelles, la réactivité, si possible à la journée voire mieux, est recherchée.
Grand Dijon Habitat lance cette semaine une première tranche-test. Concrètement, elle se traduit par l’installation de 20 capteurs, sur des immeubles pour lesquels les groupes VMC desservent le plus de logements. Trois quartiers sont ciblés : des résidences à la Fontaine d’Ouche, à Talant et à Longvic. 20 capteurs sont installés jusqu'à mercredi, un capteur par groupe VMC. L’opération concerne 875 logements, soit près de 1 800 locataires.

Innovation et économie


Via un abonnement sur trois ans avec le prestataire, l’investissement pour cette première tranche est de 7 000 euros TTC. En comparaison aux pertes évoquées dues aux pannes - même si celles-ci ne sont pas fréquentes -, la solution est non seulement innovante mais aussi économe.
«C’est une charge qui est assumée par l’Office et qui n’est pas répercutée sur les locataires concernés», précise Grégoire Ensel pour Grand Dijon Habitat, en soulignant un retour sur investissement très intéressant et un engagement du bailleur social dans la démarche de ville intelligente - «Smart city» -, en l’occurrence sur des bâtiments en place depuis des dizaines d’années. Grand Dijon Habitat voit en cette opération le moyen de «rendre les bâtiments intelligents».
«C’est un premier pas vers une généralisation», reconnait Séverine Matrot. Cette première expérimentation doit être suivie de l’équipement des autres installations VMC du parc collectif de Grand Dijon Habitat.
L’Office estime à 380 le nombre d’installations pouvant nécessiter l’équipement de ces capteurs. Ces installations intelligentes, Grand Dijon Habitat y pense aussi sur d’autres mécanismes, comme par exemple les trappes des toits-terrasses, dont des ouvertures anormales pourraient être alors détectées.

Les données sous les yeux et en temps réel


Sur le toit-terrasse d’une tour de 67 logements, au numéro 34 de la rue du Tire Pesseau, c’est un technicien de la société Citélio qui opérait ce lundi en fin d’après-midi.
La start-up française créée à Angers en 2009, membre active de la French Tech, a été choisie pour la solution connectée qu'elle installe depuis deux ans ainsi que son propre réseau bas-débit. C’est par celui-ci que passent les signaux émis par le capteur, relié au groupe VMC en deux points : pour l’alimentation du système et pour la mesure de la pression. L’indice en Pascal de 197 relevé sur la VMC traitée ce lundi est un indicateur de très bon état, un indicateur aussi qui permettra à Grand Dijon Habitat et son prestataire de jauger l’état des autres groupes.
Pour en revenir à la solution trouvée, Grand Dijon Habitat entend maîtriser bien plus efficacement les pannes de VMC, en ayant les données sous les yeux et en temps réel en quelque sorte.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier