mercredi 21 août 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
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La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
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DIJON METROPOLE : Le plein d’espoirs et d’ambitions sur le chantier de la future piscine du Carrousel

03/05/2018 20:25Imprimer l’article
C’était un temps fort annoncé par Dijon Métropole ce jeudi en fin de matinée. La pose de la première pierre de la future piscine du Carrousel a été effectuée. Un geste important, pour la concrétisation d’un projet et la poursuite d’un chantier dont les enjeux ont été réaffirmés et partagés dans les discours.
Selon le premier vice-président de Dijon Métropole, il s’agissait là de marquer symboliquement la «métamorphose» annoncée de la piscine du Carrousel (retour sur l’historique de la structure ainsi que les perspectives quant à la réalisation future en cliquant ici).
Une «nouvelle piscine», comme la voient déjà les porteurs du projet, qui s’inscrira totalement «dans l’attractivité de la métropole dijonnaise».
Pierre Pribetich s’est exprimé ce jeudi à côté de Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon, et n’a pas manqué de rappeler à plusieurs reprises la dynamique impulsée dans ce dossier et dans d’autres par le maire de Dijon et président de Dijon Métropole François Rebsamen.

1952-2017… Vive la future piscine !


Avant d’insister sur les perspectives fédératrices en cette mi-journée d’une pose de première pierre symbolique, Pierre Pribetich est revenu sur l’histoire d’un site «jalonné d’événements historiques», cela pour en arriver au 7 septembre 1952, jour de l’inauguration de la piscine du Carrousel. L’année d’après, la structure accueillait des championnats de France de natation.
Mais depuis ces années 50, il faut bien dire que les années ont passé, non sans vétusté progressive et grandissante évidemment… Moderniser cette piscine, c’était le sens de projet.
«Les habitants pourront profiter d’un centre aquatique public dédié avant tout aux loisirs, où natation, forme, détente et bien-être auront toute leur place», a affirmé Pierre Pribetich, en ajoutant qu’«il sera possible de nager en plein air et en toute saison grâce au bassin nordique».

Le bassin intérieur reste ouvert


Débutés à l’automne 2017, les travaux s’étaleront au moins jusqu’à l’hiver 2019. Une opération d’envergure appuyée par les propos de l'élu métropolitain : «20,7 millions d’euros de travaux, avec une réduction de consommation d’énergie et d’eau réduite de 20% par rapport aux standards, une performance en termes de confort à hauteur de 30% par rapport aux standards actuels». La fréquentation espérée est de l’ordre de 300 000 personnes par an. «A noter que pendant la durée de la construction, le bassin intérieur actuel restera ouvert au public», a-t-il été précisé.

La révolution numérique même dans la construction


Lorsque Pierre Pribetich assure que cette nouvelle piscine s’inscrit dans l’attractivité de la métropole, il n’oublie pas non plus de rappeler que ce projet respecte également un «dossier emblématique» : la gestion publique de l’espace centralisé, On Dijon.
D’où la démarche suivante exposée : «L’agence Coste Architectures chargée de métamorphoser le site a conçu un projet en harmonie avec cette volonté d’utiliser les nouveaux outils numériques. Et c’est grâce au BIM (Building Information Modeling) que cette piscine va être conçue. Parmi les 20 entreprises retenues pour réaliser le chantier, 8 ont eu l’obligation d’intégrer ce BIM dans leur travail, 4 autres l’ont fait d’office. Soit 12 entreprises qui vont travailler en full-BIM.
La volonté de notre métropole à se tourner vers la révolution numérique se concrétise dans tous les champs. C’est une première pour un équipement sportif en France. Cette maquette numérique sera un outil performant pour aider à la fois à la gestion et à l’exploitation du bâtiment».

Une piscine «new wave»


Pour le public, les atouts ont été confirmés : «Ce seront de nouvelles lignes d’eau accessibles toute l’année. En 2010, la Communauté d’agglomération de l’époque avait fait le choix de créer une piscine olympique. Nous avons fait de celle-ci une destination phare pour les équipes de compétition. Toutefois, les pratiquants des sports aquatiques restent nombreux et la demande reste élevée. La piscine du Carrousel new wave permettra ainsi d’ouvrir des espaces sportifs et familiaux. Pour qui ? Pour l’ensemble des publics, pour les adeptes de la natation sportive, du fitness et pour les familles et les enfants apprenant à nager.
Nous aurons deux espaces complémentaires. D’un côté, le bassin extérieur de 50 mètres sera transformé en bassin nordique. Sur les plages extérieures, les usagers pourront profiter d’activités. La joie sera au rendez-vous pour les enfants.
Un nouveau bâtiment sera aussi construit au nord du site, avec une entrée depuis le rond-point Michelet. Il abritera un bassin polyvalent de 25 mètres et une lagune de jeux pour les enfants, avec aussi des espaces Forme-Fitness et de restauration.»

Métamorphose et innovations


Pour ce qui est du cadre, il ne s’agit pas non plus de dénaturer l’environnement : «C’est une piscine qui sera en osmose avec son environnement. L’agence a imaginé un concept végétal inspiré du tracé du parc de la Colombière, tout proche, poursuivant cette trame verte au sud de la ville. Ce parc aquatique s’intégrera dans une clairière végétale, doté aussi d’une toiture végétalisée».
L’occasion pour Pierre Pribetich d'insister sur la volonté de Dijon Métropole : «La métropole a voulu cette forte dimension écologique au coeur de tous ses projets. L’agence Coste Architectures est reconnue comme une référence dans ce domaine». Protection du vent, désinfection de l’eau à l’ozone, amélioration de l’air à proximité des bassins, couverture thermique du bassin extérieur, récupération de l’énergie de l’eau, stabilité thermique par le biais de la toiture végétale… Le premier vice-président métropolitain a donc énuméré ces innovations, «bénéfiques à la biodiversité urbaine».
Enfin, pour clore son intervention, l’élu métropolitain a tenu à assurer : «Il y a la volonté de recourir, pour la gestion de la piscine, à une délégation de service public. Les objectifs d’exploitation sont fixés par notre collectivité. Les tarifs n’ont aucune raison d’être prohibitifs et nous y veillerons. Nos piscines sont parmi les moins chères au niveau national, y compris la piscine olympique, elle aussi en délégation de service public. Je voudrais également souligner la compétence et le professionnalisme de nos agents, qui ne sont pas remis en cause mais qui sont réorientés vers nos établissements de proximité. La rénovation de la piscine de la Fontaine d’Ouche se terminera à l’été 2018, et d’ici 2020 pour la piscine des Grésilles».
Objectif fixé au 2 cours du parc : inauguration de la première phase des travaux et ouverture des nouveaux bassins à l’automne 2019. Dans cette opération qui permettra aussi de se livrer à des fouilles archéologiques, Pierre Pribetich a cité notamment les partenaires financiers. Il a cité aussi pour conclure André Malraux : «Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de métamorphose». Un parallèle donc avec la nouvelle piscine du Carrousel, «une métamorphose» dont il espère qu’elle renforcera l’art de vivre à la dijonnaise».

Le bien-fondé architectural du projet


L’architecte Emmanuel Coste a quant à lui parlé d’un art de la conception, dans un projet qui, d’après la commande, se voulait déjà à la base «différent» d’autres piscines. Cette différence, elle se fait dans la prise en compte évidente de l’aspect environnemental, selon l’architecte lui-même : «Nous avons été d’emblée séduits par le lieu. C’est rare aujourd’hui d’avoir une piscine en ville, dans un quartier de qualité avec ses espaces verts. Il fallait vraiment s’intégrer en douceur dans ce contexte urbain».
Certes, une reconstruction, devant être à terme totale, n’est pas une petite opération mais l’architecte s’est exprimé sur le bien-fondé du projet : «On est partis de quelque chose d’existant. Notre écriture architecturale est fortement orientée vers la nature, avec un projet conçu sous la forme d’une dune végétalisée (référence à la toiture). L’idée était aussi d’entourer le bassin historique, afin qu’il devienne la pièce majeure de ce nouveau complexe. Ce bassin sera d’ailleurs rénové en inox, par une entreprise française. L’ensemble des bassins sera en inox, pur à l’extérieur et revêtu à l’intérieur. C’est là aussi une volonté de se tourner vers l’avenir avec des technologies durables et plus agréables pour les baigneurs». Quant au bâtiment, Emmanuel Coste annonce qu’il offrira des vues de tous les angles sur l’extérieur.
Pour travailler sur le économies d’énergies, le cabinet est parti d’un constat : «Les piscines sont parmi les bâtiments les plus énergivores. On a employé les solutions de récupération les plus innovantes, avec une forme bioclimatique du bâtiment ouvert au sud, une isolation renforcée. C’est assez marquant sur la performance énergétique».
Emmanuel Coste et son équipe se sont basés, on l’a dit avec le BIM, sur une modélisation 3D, «pour une conception collaborative»… Ce qui fait de ce chantier une grande première, la première fois sur un chantier de ce type que les entreprises contribuent et avancent suivant une maquette numérique.
«On a voulu donner de la joie et du plaisir. Qu’est-ce que l’architecture finalement ? C’est l’amour d’un lieu, pour les gens qui vont l’utiliser. Je suis sûr que ce projet fera le bonheur de beaucoup de monde», a ponctué Emmanuel Coste.

Des soutiens financiers justifiés


Du côté des partenaires, les soutiens financiers sont légitimes pour un tel projet.
En rappelant que l’aide accordée par la Caisse des dépôts provient d’une enveloppe d’1,5 milliard d’euros «pour favoriser la rénovation énergétique des bâtiments publics», son directeur régional Antoine Bréhard, à l’écoute des précédentes interventions, a répété l’utilité du prêt d’1,3 million d’euros. Tout en ajoutant : «Sur l’enveloppe, Dijon métropole et la ville de Dijon ont pu bénéficier de 10 millions d’euros, notamment pour la rénovation du musée des Beaux Arts, la restructuration d’un groupe scolaire ou bien la rénovation d’un lieu emblématique comme La Vapeur. En région Bourgogne-Franche-Comté, nous avons financé 140 projets, pour 148 millions d’euros. Nous allons bientôt nous appeler la Banque des territoires».
Au nom de cette Région Bourgogne-Franche-Comté, Eric Lançon, conseiller régional délégué aux sports et à la préparation des JO 2024, a insisté en l’occurrence sur un moment lors duquel les citoyens peuvent voir ce qu’est réellement une action publique. «Ceci est d’autant plus important aujourd’hui car les collectivités doivent s’engager dans des équipements adaptés et performants. Les contraintes budgétaires obligent à faire des choix dans lesquelles le moindre doute n’est pas permis. Le service rendu doit être à la hauteur des attentes et de la population. Ce beau projet est en phase totale avec cette ligne de conduite». L’élu régional y voit l’engagement de collectivités dans un équipement structurant pour la métropole, au croisement de trois priorités : l’économie, la transition énergétique et le vivre-ensemble.
C’est en 2015 que la Région s’était engagée à soutenir ce projet de nouvelle piscine, un lieu de lien social et d’utilité dans le «savoir nager», dans l’enseignement de la natation. 5,5 millions d’euros ont été apportés par le Conseil Régional. Cette piscine sera d’après l’élu régional un élément de plus afin de promouvoir la place de la région, de la métropole et de la ville de Dijon comme possible base arrière des JO de Paris 2024.
Equipement sportif structurant, transition écologique et solidaire, amélioration des services pour le plus grand nombre d’usagers, soutien à l’enseignement de la natation, mise en conformité et en accessibilité… C’est pour tout cela que Jean-Baptiste Peyrat, pour la préfecture, a justifié l’aide d’1,6 million d’euros accordée par l'Etat, via le FSIPL et le CNDS, en en profitant également pour rassurer les élus territoriaux sur le fait que «l’investissement local reste une priorité».
Celle de la mi-journée était bien la pose de la première pierre de la future piscine. Les personnalités s’étant exprimées ont en fait versé de l’eau dans un bac en forme de moellon. La symbolique était poussée jusqu’au bout. Elle a réunie élus de Dijon, de la métropole, de la région, mais aussi entrepreneurs et habitants, rassemblés en nombre. Le signe d’une reconstruction qui compte.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier