samedi 20 juillet 2019
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Questions à...
A l’issue d’une saison régulière historique en Jeep Elite avec la 3ème place au classement pour la JDA Dijon Basket et à l’approche du premier tour des playoffs, l’entraîneur Laurent Legname fait le point avec Infos-Dijon sur la réussite de son équipe ainsi que ses forces pour poursuivre l’aventure. Entretien.
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LAURENT BOURGUIGNAT : «Ni la démographie ni les créations d’emplois ne justifient la construction de 15.000 nouveaux logements»

28/01/2019 16:45Imprimer l’article
Le président du groupe Dijon Ensemble, au cours de sa première présentation des voeux, a réaffirmé sa méthode «raisonnable et constructive», mais aussi appuyé sur les clivages qui l’opposent à François Rebsamen.
Le groupe Dijon Ensemble a donné vendredi soir sa première présentation de vœux. L’occasion pour Laurent Bourguignat, conseiller municipal de Dijon et conseiller de Dijon Métropole, de dresser un tableau complet des positions de son groupe municipal.

Parmi les nombreux présents à l’hôtel Mercure de la place Jean Bouhey, notons les présences, au cours de la soirée, du Député Rémi Delatte, de Gilbert Menut, maire de Talant, de Jean-François Dodet, maire de Saint-Apollinaire, de Marien Lovichi, Conseiller municipal Modem de Dijon, de Jean-Philippe Morel, Conseiller municipal Radical de Longvic, et de Sébastien Kencker, Conseiller municipal LR de Quetigny.

Le discours de Laurent Bourguignat :


«Me poser, réfléchir à la ville, rassembler mes idées»


C’est la première année que «Dijon Ensemble» organise une cérémonie de vœux. Cette initiative confirme la progression et la dynamique de notre association.
En effet, 2018 a été une année dense ! Après la création de notre groupe municipal, elle a été marquée par la parution du livre «Dijon Ensemble».
Vous savez, quand je me suis lancé dans sa rédaction, je n’espérais pas qu’il rencontre un tel écho.
Au départ, je voulais m’obliger à me poser, à réfléchir à la ville, à rassembler mes idées, à me projeter.
Je souhaitais faire connaitre et valoriser le travail que nous accomplissons ensemble, en particulier au Conseil municipal et au Conseil de la Métropole.
J’espérais lancer le débat pour les prochaines élections municipales sous le bon angle. Pas celui de la critique systématique. Pas celui des tractations politiques. Mais bien celui du fond, des idées, du projet.
Le livre a rencontré plus de succès que nous l’escomptions. Les librairies Dijonnaises ont bien joué le jeu. Elles ont épuisé leurs stocks.  
Mais, au-delà des ventes, ce qui compte, ce sont les débats et les discussions que le livre a impulsés. Lors des rencontres avec les Dijonnais. Lors des séances de dédicaces. Lors du débat public organisé le 15 Juin dernier, à quelques mètres de la Mairie, place Saint-Fiacre. Nous avons rencontré des Dijonnais de tous les horizons, qu’on ne voit pas habituellement dans les réunions politiques.
Ce livre a été une belle aventure humaine. Et cette belle aventure nous donne l’envie, l’énergie d’aller plus loin.

«Nous sommes dans l’action et dans la proposition»


Alors, quel est le message ? Quelle est la thèse, comme on dit ?
François Rebsamen est Maire de Dijon depuis près de 20 ans. Quand on est à la tête d’une ville, pendant trois mandatures, forcément, on fait des choses bien et des choses moins bien. Parfois, on réussit, parfois on échoue. C’est vrai dans toutes les villes : le bilan d’un Maire n’est jamais tout blanc ou tout noir. Il est forcément gris.
A partir de là, certains se donnent pour rôle de relever, de traquer,  d’exacerber tout ce qui est négatif.
Ce n’est pas notre état d’esprit.
Nous aimons Dijon. Nous ne regardons pas dans le rétroviseur. Sûrs de nos valeurs, nous sommes dans l’action et dans la proposition.  
Le débat que nous voulons mener est celui de l’avenir. A partir de l’existant, que voulons-nous faire demain ?

«Certaines de nos idées ont heureusement été prises en compte»


Cette méthode, celle d’élus de la droite et du centre de bonne foi, raisonnables et constructifs, nous permet de nous présenter devant les Dijonnais, avec déjà un certain nombre de résultats. En effet, à force de proposer, d’expliquer, de démontrer, nous avons parfois convaincu. Certaines de nos idées ont heureusement été prises en compte.

- Par exemple, dans le domaine de la sécurité, nous avons proposé que les policiers municipaux soient équipés de caméras-piétons. Ces appareils se positionnent au niveau du torse pour filmer les interventions. En cas de discussion tendue avec un contrevenant, ils sont un outil de dissuasion. La personne se sachant filmée a tendance à baisser le ton. Nous avons obtenu l’acquisition de caméras-piétons pour les policiers municipaux.

- Dans le domaine de l’écologie, nous avons travaillé sur la lutte contre la pollution visuelle. Nous avons demandé et obtenu le démantèlement du totem Ikea. Ce totem était tellement haut qu’on pouvait le voir de toute l’agglomération. Renseignement pris, il était administrativement considéré comme un immeuble. Ce n’était pas correct. Il a été déconstruit et je ne crois pas que la fréquentation d’Ikea en souffre.

- Virginie Voisin-Vairelles a travaillé sur les menus des restaurants scolaires qui mentionnaient trop souvent le nom des marques. Les enfants, rentrés chez eux, avaient tendance à réclamer tel ou tel produit à leurs parents. Cette anomalie a été rectifiée. Les marques ne figurent plus sur les menus diffusés.

- S’agissant du centre-ville, lorsque les travaux de piétonisation de l’arrière du Palais des Ducs ont été présentés, nous avons d’emblée indiqué qu’il fallait piétonniser également la place Notre-Dame faute de quoi elle allait devenir une impasse où s’enfileraient inutilement les voitures. Nous avons, là aussi, été entendus même si l’équipe municipale n’a pas eu l’élégance de signaler l’origine de la proposition.

- On pourrait citer d’autres exemples. Vous le voyez, on peut être constructif sans se renier. On peut être utile sans attendre. Ce n’est pas parce qu’on est dans l’opposition qu’on ne peut pas agir concrètement pour sa ville.

«Nous allons avoir de bonnes nouvelles sur les bibliothèques»


Dans la même veine, je sens bien que nous allons avoir de bonnes nouvelles sur les bibliothèques.
Vous le savez, nous défendons l’ouverture des bibliothèques municipales le dimanche. Pour les gens qui travaillent la semaine, le dimanche est souvent le seul jour où ils ont le temps de se rendre à la bibliothèque. Ouvrir le dimanche. Ouvrir le samedi entre midi et deux. Proposer une fermeture tardive un jour par semaine. Voilà des idées concrètes.
Or (je manque peut-être de prudence), il semble que l’adjointe à la culture réfléchisse sérieusement au sujet.
Si ça fonctionnait, alors nous aurions fait œuvre utile. L’ouverture d’une bibliothèque le dimanche, ce n’est ni de droite, ni de gauche. C’est bon pour Dijon. Bon pour les Dijonnais. Bon pour la culture.

Principal clivage : l’urbanisme et le logement


Alors, bien sûr, il y des clivages, des divergences avec la majorité municipale. Ça ne surprendra personne !
La plus forte concerne sans doute l’urbanisme et le logement.
La métropole veut construire 15.000 nouveaux logements entre 2020 et 2030. Nous pensons que c’est excessif. Ni la démographie, ni les créations d’emplois ne justifient une telle fuite en avant.
Les conséquences de cette politique peuvent être graves, en particulier dans les quartiers résidentiels. Du jour au lendemain, on construit des immeubles massifs dans des rues jusqu’ici paisibles. On supprime des espaces verts. On crée des problèmes de stationnement. On diminue la valeur des maisons avoisinantes. Nous rencontrons beaucoup les riverains concernés et on assiste parfois à de véritables catastrophes.  

«Nous ne partageons pas l’opposition systématique à la voiture»


Il en est de même pour les déplacements.
Nous ne partageons pas l’opposition systématique à la voiture. A nos yeux, le problème, ce n’est pas la voiture, c’est la pollution.
Or, la voiture de demain, on le sait, sera plus petite, plus propre, plus connectée.
Il est regrettable que Dijon n’anticipe pas cette révolution technologique qui verra, sous dix ans, la généralisation des voitures électriques ou, plus surement, à hydrogène.
Empêcher les gens d’utiliser leur voiture pour les contraindre à utiliser un autre mode de transport, ce n’est pas notre méthode.

«Il est temps de revenir au plus près des habitants»


Au contraire, le projet de «Dijon Ensemble» a pour objectif d’améliorer le quotidien des Dijonnais.
Après des mandats municipaux consacrés à de très gros projets (le tramway, le zénith, la piscine olympique et autres) il est temps de revenir au plus près des habitants. Les Dijonnais doivent sentir une municipalité à leurs côtés.
Cette action de proximité, de quotidienneté, elle est sans doute plus difficile à valoriser qu’un grand équipement dont on peut couper le ruban.
Pourtant, j’ai la conviction qu’elle est plus utile au bien commun.
Dans un monde de plus en plus complexe, qui isole, où il y a beaucoup de défiance vis-à-vis des élus, je veux que les Dijonnais sachent qu’à Dijon ils trouveront toujours un élu municipal à leurs côtés pour les écouter et les accompagner.
Cette ligne directrice, elle guide notre action avec une présence très forte sur le terrain, lors des manifestations locales, auprès des associations, des bénévoles et des forces vives de Dijon.
Elle est aussi le fil d’Ariane de la préparation de notre projet.

Un projet autour de 5 thème majeurs


Vous l’avez peut-être lu dans le livre, ce projet repose sur 5 thèmes majeurs, cohérents et complémentaires :

- Le premier, c’est l’écologie.

Nous croyons à une écologie positive, pas à celle qui impose de nouvelles contraintes aux habitants. Par exemple, nous défendons une meilleure anticipation du dérèglement climatique et, en particulier, des canicules estivales qui vont, on le sait, se multiplier dans la décennie à venir.
Dans notre centre-ville très minéral, cela passe par un travail de végétalisation, la plantation d’arbres, la création d’ilots de fraicheur. Cela passe aussi par un réseau de froid urbain qui permettra de rafraichir les logements qui y sont reliés.

- Le deuxième thème, c’est celui de la sécurité.

Comme toutes les grandes villes de France, Dijon fait face à des phénomènes de délinquance. Il ne faut pas fermer les yeux. Il faut voir les choses en face. Il faut agir avec fermeté et constance.
Il y a aussi, la menace terroriste. Elle existe à Dijon, comme partout dans le pays.
C’est pourquoi, nous sommes favorables à l’armement des policiers municipaux. Par leurs missions de proximité, ils sont les premiers présents sur un évènement. Ils sont des cibles. Il faut donc qu’ils soient en mesure de se protéger et de protéger les Dijonnais en cas de danger.

- Notre troisième axe, ce sont les familles.

Nous voulons qu’il soit plus facile de vivre à Dijon pour un jeune couple qui a des enfants.
Parmi nos propositions figure le retour de la semaine de 4 jours à l’école. Dijon se trouve aujourd’hui isolée sur ce sujet. La plupart des grandes villes de France ; la majorité des communes de la métropole, de droite comme de gauche, sont revenues à la semaine de 4 jours.
Notre association « Dijon Ensemble » s’est rendue l’année dernière à la sortie des écoles pour interroger les parents d’élèves. 81% des 582 parents interrogés se sont déclarés favorables à une modification des rythmes scolaires.
Le constat est unanime : Les enfants sont plus fatigués depuis qu’ils doivent aller à l’école le mercredi matin. Par ailleurs, il est important qu’ils puissent se livrer à des activités sportives et culturelles en dehors de l’école.

- Notre quatrième axe, c’est le centre-ville.

Dans une ville, le centre n’est pas un quartier comme les autres. C’est celui de tous les habitants. C’est le cœur de la Cité.
Je veux avoir une pensée ce soir pour les commerçants durement éprouvés par les manifestations à répétition des gilets jaunes les samedis, en période de Noël, puis en période de soldes.
Je regrette les dérives de ce mouvement, les casseurs. A Dijon, le quartier Deflandre a été attaqué. La porte de la Mairie a été incendiée. Le coût des dégradations du mobilier urbain dépasse les 300.000 euros. Rendons hommage aux forces de police, de gendarmerie, à la Police municipale, aux services techniques de la Ville de Dijon.
Revenons, au centre-ville. Ensemble, nous voulons agir pour le vitaliser. Pour cela, le cœur historique dispose d’un atout qu’aucun centre commercial périphérique ne pourra jamais lui prendre : c’est sa beauté ; c’est son patrimoine ; c’est la culture.
Nous faisons donc une série de propositions pour créer une ébullition culturelle au centre-ville, parmi lesquelles la transformation du Centre Dauphine qui vous a été présentée par Henri-Bénigne de Vregille.

- Enfin, dernier axe, mais non des moindres, c’est le développement économique.

Je l’ai positionné en dernier pour le mettre en exergue.
En vérité, il est la pierre angulaire de l’équilibre social. Quand une métropole est dynamique sur le plan économique, qu’elle attire les entreprises, qu’elle crée des emplois, alors elle dispose des moyens pour mettre en place des solidarités solides, pour soutenir le sport, pour accompagner la culture.
Parce que nous sommes de bonne foi, nous reconnaissons une évolution positive de la Métropole depuis quelques mois sur ce sujet. Cela se traduit par l’aménagement de nouvelles zones d’activités, par l’arrivée de grandes écoles, par un dispositif d’appui à l’immobilier d’entreprises.
Nous pensons pouvoir aller plus loin, en particulier en boostant notre agence de développement économique. A l’image de ce que fait Reims, elle doit devenir « Invest in Dijon », recruter des commerciaux, prospecter, aller chercher des entreprises en France et dans toute l’Europe.

Une grande consultation sur l’avenir de Dijon


L’économie, la culture, les familles, la sécurité, l’écologie, tous ces thèmes, comme tant d’autres, doivent être mis au débat.
2019 est une année charnière. Ne nous trompons pas : l’année électorale, c’est 2020. En l’attendant, mettons à profit les mois à venir pour travailler et rassembler.
Il s’agit de faire partager nos premières propositions. De les enrichir. De les préciser. De les compléter. Et cela ne peut pas se faire sans les Dijonnais.
Il est fini le temps où les programmes arrivaient ficelés des états-majors des partis politiques. Désormais, chacun doit pouvoir y prendre part. Dans un exercice de démocratie participative, nous vous proposons d’y contribuer.
C’est pourquoi, «Dijon Ensemble» lancera dans quelques semaines une grande consultation sur l’avenir de Dijon. Chaque Dijonnais pourra s’exprimer, donner ses idées, faire entendre sa voix.
Nous nous rendrons dans chaque quartier, non pas pour des meetings électoraux mais pour des rencontres de proximité, faites d’écoute et de discussions, en toute simplicité.

«Je suis préoccupé par la montée des populismes dans notre pays»


Vous le voyez, «Dijon Ensemble» avance !
J’ai la chance d’être entouré d’une équipe dynamique, enthousiaste, positive. Avec des nouveaux visages, des femmes, des jeunes, des personnes de différentes idées politiques, de différents quartiers de la ville.
C’est une chance dans cet environnement si morne.
Vous le savez, je suis préoccupé par la montée des populismes dans notre pays. Par la banalisation de ses thèses. Par ses connexions de moins en moins voilées avec les partis traditionnels.
Or, Danielle Nudant le sait bien, la lutte contre l’extrémisme, c’est l’ADN de mon engagement.
J’apprécie «l’éloge de la modération» dressé récemment par Alain Juppé en référence à Montesquieu. «Quand on dit modéré, on pense zone grise» écrit-il.
«Or, la modération c’est une vertu. Monter aux extrêmes, c’est la facilité. Il faut beaucoup de courage pour être modéré. La modération demande une discipline personnelle, une discipline morale». Voilà ce que nous dit le Maire de Bordeaux.
Alors que la montée du populisme n’épargne malheureusement pas notre ville, croyons en la modération. Osons aborder chaque dossier dans sa complexité et ses nuances. Rassemblons les gens de bonne foi, qui aiment Dijon et qui veulent le meilleur pour ses habitants.

«L’Homme n’est pas fait pour l’immobilisme»


Il me reste à vous présenter mes vœux pour 2019.
Je le fais non sans avoir une pensée pour celles et ceux qui souffrent de la maladie, de la solitude, de l’absence d’un être cher. Voilà des maux qui sont universels, qui ne connaissent aucune barrière sociale ou géographique.
A vous tous, dans la diversité de vos chemins, je souhaite bien évidemment :
- La santé.
- Du bonheur en famille.
- Des moments de complicité, des fous-rires entre amis.
- Je vous souhaite du travail, (des activités pour les retraités). Parce que l’Homme n’est pas fait pour l’immobilisme. C’est le travail, c’est l’action, qui lui permettent de s’épanouir.
- Et puis je vous souhaite à tous de beaux moments d’évasion. Que ce soit par la lecture, par les voyages, par la musique, par l’art.
Ce sont ces moments qui nous permettent de nous libérer, de nous élever et parfois même d’approcher les étoiles.
Belle et heureuse année à tous !
Et que vive Dijon !

Photos Nicolas Richoffer :