samedi 07 décembre 2019
Lors des États généraux de l'eau organisés ce vendredi par la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, les collectivités territoriales, les agences de l'eau et les agriculteurs ont fait le point sur la question des retenues collinaires pour affronter les sécheresses. Marie-Guite Dufay a fait un pas en direction de François Sauvadet.
Questions à...
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Océane Charret-Godard : «Le chômage baisse, mais il ne baisse pas pour tout le monde»

07/08/2019 03:16Imprimer l’article
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».

Les chiffres 2018 du chômage sur la Métropole sont plutôt bons mais le chômage de longue durée persiste. Quel regard portez-vous sur la situation ?

L’année 2018 confirme la progression de l’emploi privé à hauteur de 92.000 emplois : +136 emplois dans l’industrie, +1089 emplois dans les services, +167 dans le commerce, +97 emplois dans la construction…


C’est la structuration de Dijon Métropole, impulsée par François Rebsamen et son équipe, qui a permis de renforcer nos moyens dans les champs de l’économie et de l’emploi. Néanmoins, il ne suffit pas de créer des emplois pour faire baisser le chômage, même si Dijon Métropole a très bien résisté, notamment suite à la crise de 2008. On s’aperçoit que cette crise a tout particulièrement éloigné du marché de l’emploi des demandeurs d’emploi qui ont basculé dans le chômage de longue durée. Je rappelle qu’un demandeur d’emploi sur deux aujourd’hui a plus de 12 mois de chômage, un sur quatre a plus de 24 mois de chômage, et on voit bien qu’il y a un écart qui se creuse.

C’est vers ces personnes que les efforts de la Métropole se concentrent ?

Le chômage baisse, mais il ne baisse pas pour tout le monde. Il y a des femmes et des hommes qui sont enfermés dans le chômage. Par exemple, le chômage des seniors s’est encore accrut. Ils représentent aujourd’hui un quart des demandeurs d’emplois.
Nous, sur Dijon Métropole, nous considérons la main d’œuvre comme elle est. Ce sont des femmes et des hommes disponibles et qui ont des compétences. Oui, nous avons une attention singulière envers les femmes et les hommes qui ne bénéficient pas de la reprise de l’emploi, et ce en lien étroit avec les entreprises pour mieux comprendre leurs besoins en compétences. Nous l’assumons ! C’est une politique de gauche. Le projet et l’action politiques que nous portons reposent sur le fait que personne n’est inemployable.
La Métropole travaille avec Pôle Emploi et s’appuie sur deux structures très importantes, Creativ’ et la Mission Locale. Ces deux acteurs historiques de Dijon Métropole nous permettent aujourd’hui d’impulser un service public performant, pour accompagner, pour orienter, pour développer les compétences des personnes les plus éloignées de l’emploi, pour leur faire retrouver la confiance et le chemin vers l’emploi.

C’est une façon de mener une politique sociale ?

Non, nous ne sommes pas que dans une politique sociale, ce n’est pas comme ça qu’on considère la politique emploi. Pour nous, cela relève aussi de la politique économique, grâce à un travail avec les entreprises du territoire, en cohérence avec leurs besoins en compétences et en main d’oeuvre. Aujourd’hui, ce sont des leviers pour le développement économique du territoire. Les entreprises doivent être au coeur de la réinsertion car le marché du travail est en train de se restructurer, principalement autour de contrats courts et contrats d’interim. En 2017, 30% des CDD ont une durée inférieure à 1 jour. Nous nous opposons au cynisme du gouvernement qui dans le cadre de sa réforme de l’assurance chômage qui durcit considérablement les conditions d’indemnisation des demandeurs d’emploi et pénalise les entreprises qui abuseraient des CDD.  Vous l’aurez compris, l’enjeu n’est pas de sanctionner mais d’accompagner le rebond des demandeurs d’emploi sur ce marché du travail qui demande de l’agilité, et d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et permettre un développement économique harmonieux et solidaire. C’est pour cette raison qu’une des ambitions du prochain mandat est de casser ces logiques de cloisonnement entre le social, l’économique et l’emploi pour que le capital humain -les compétences- soient au cœur du développement économique du territoire.

Les chiffres Mission Locale / Creativ’ 2018 :

70 000 contacts
6 713 personnes accueillies
2 241 nouvelles personnes
53 739 services délivrés
4 610 personnes accompagnées (PLIE, Garantie Jeunes, Pacea, PPAE)
3 519 contrats de travail signés (données 2018)

Photos N.R.