mercredi 19 juin 2019
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Olivier Bertat : «Dijon peut faire plus en matière d’accessibilité des personnes handicapées»

08/05/2019 03:16Imprimer l’article
Le président de l’association «Envie d’aller plus loin avec mon handicap» (EAPLAMH) estime que municipalité et commerçants peuvent accélérer leurs mises aux normes. Accompagné de sa compagne, Christelle Auger, il fait le point dans une interview à Infos-Dijon.
Accompagné de sa compagne, Christelle Auger, le président de l’association «Envie d’aller plus loin avec mon handicap» (EAPLAMH), créée en décembre 2016, fait le point pour Infos-Dijon sur la situation en matière de mobilité des personnes handicapées dans la Métropole.

Que disent les statuts de l’EAPLAMH ?


L’association a pour objet l’aide aux personnes handicapées moteur et physique et la promotion de l’accessibilité, tous handicaps confondus. Notre territoire d’action est Dijon Métropole, car je veux parler du territoire que je connais. On se cantonne aussi au handicap physique car d’autres structures sont plus aptes à parler de handicap mental ou psychologique.

Quelles actions ont été mises en place depuis la création en 2016 ?


Pas mal de choses ont été faites avec Divia. On leur envoie régulièrement des courriers pour faire changer les mentalités. Une des premières choses qui a été faite, c’est pour l’accessibilité des Divia City. On s’est aperçu que les bus avaient une rampe mais que les chauffeurs n’étaient ni formés ni habilités à l’utiliser. Après plusieurs courriers, dont les deux premiers ont été «perdus», on a eu une réponse. J’avais bloqué quelque fois des Divia City en forçant le chauffeur à s’en servir… ça a énervé tout le monde mais c’était pour faire avancer les choses. Depuis, ils ont fait une communication spéciale sur les arrêts accessibles aux personnes à mobilité réduite.
On a aussi initié la mise en accessibilité du musée Rude, qui était en gravier à l’intérieur et où il y avait une marche à l’entrée. J’avais laissé des commentaires dans les livres d’or des musées. La Ville a d’ailleurs pu en faire sa pub dans Dijon Mag en mettant en avant son investissement de 23.000 euros.
En mars 2017 aussi, on a fait un reportage sur l’accessibilité à Dijon avec France 3. Et on voit aujourd’hui que ça n’a pas énormément changé.

Qu’est-ce qui ne change pas ?


L’inclusion. C’est essentiellement de l’intégration. Aujourd’hui, on est obligé de prévoir longtemps à l’avance tous nos déplacements. Si tu as un handicap physique, tout est une galère monstrueuse alors que ça ne devrait pas.
À Dijon, il y a toujours des magasins inaccessibles, et quand on le dit au commerçant, on nous répond «vous n’avez qu’à aller ailleurs». J’ai l’exemple d’un commerce avec une marche, qui nécessiterait un petit investissement, mais le propriétaire ne le fait pas car il voit que la loi l’oblige à faire aussi les toilettes par exemple et il ne peut tout faire.

Il y a donc un problème législatif ?


Disons qu’il faudrait que la loi puisse se personnaliser. Il y a un manque de moyens pour faire appliquer la loi. Aujourd’hui, quand on est un commerce, une déclaration sur l’honneur suffit pour dire qu’on est accessible, et personne ne vient vérifier.

A Dijon, qu’est-ce qui pose le plus de problème en fauteuil ?


Les trottoirs. Certains sont mal faits, étroits, avec des obstacles au milieu. Ils ne sont pas toujours aux normes, tout comme les bateaux. Certains sont trop abrupts. On est obligé de toujours avoir une petite cale en bois pour réussir à en franchir certains.

C’est une très vielle ville. N’est-il pas impossible d’en adapter tous les trottoirs ?


Non. L’une des premières lois date de 1975. Ça parlait d’adapter les écoles et les bâtiments publics, et le fait que les transports collectifs soient adaptés aux personnes handicapées ainsi que le cheminement pour y accéder. Donc ça fait plus de quarante ans que chaque fois que quelque chose est fait, ça doit l’être correctement. A l’époque, ils avaient six mois pour se mettre aux normes. En 2005, ils ont fait un truc un peu plus poussé et élargi, et ont donné dix ans aux gens. Mais il y a des dérogations qui sont trop faciles à obtenir.

La France n’est pourtant pas si en retard que ça, si ?


En matière d’accessibilité, la France a dix ans de retard. Je ne connais pas une seule personne en fauteuil qui soit contente de la situation.
On nous dit que l’accessibilité a un coût… Mais le futur, c’est l’inclusion. Le rapport de mars dernier de l’ONU est accablant : il dit qu’il faut faire plus de sensibilisation au niveau des médias et promouvoir une vision positive. Il préconise de faire en sorte que le cadre juridique soit plus adapté à tous. Par exemple, les magistrats pourraient être formés à l’écoute des personnes handicapées. L’ONU recommande aussi au gouvernement de hâter et d’achever dans les meilleurs délais la mise en accessibilité des équipements physique comme l’exige le loi du 11 février 2005. D’adapter les transports en commun. Par exemple, sur Dijon, on se bat pour qu’il y ait, comme à Paris, deux places pour fauteuil par bus, contre une actuellement. Un couple handi ne peut se déplacer dans un seul bus.

Quelles sont les actions en cours de l’association ?


Des shootings ont commencé pour faire une exposition sur «le Handicap vu autrement». Il y aura huit modèles, donc huit textes et 24 photos. Elle sera exposée en fin d’année, elle tournera sur Dijon pour véhiculer une autre image du handicap que le handicap «emmerdant».
On fait aussi partie de commissions de quartier. Quand avaient été faites des tables d’échec à Darcy, on avait soulevé le problème des fauteuils fixes, mais ça n’avait pas été entendu et ces tables sont aujourd’hui inaccessibles aux personnes handicapées. Dijon peut faire plus en matière d’accessibilité. Tout ça, comme une luge pour adultes à la patinoire temporaire de Noël, c’est de l’inclusion. On en avait obtenu une en 2017, qui a servi, mais rien depuis. On l’a demandée pour Noël 2018, mais le prestataire a répondu que ce n’était pas inclus dans le cahier des charges.
Nous avons aussi un projet d’escape game urbain, avec une personne handi dans chaque équipe. On organise aussi des choses pour la semaine du handicap, comme à Saint-Apollinaire l’an dernier. On espère aussi pouvoir intervenir prochainement dans des écoles pour aider les jeunes à changer leur regard et à sensibiliser leurs parents.
Recueilli par Nicolas Richoffer

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Photos N.R.