mardi 22 mai 2018
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QUETIGNY : Le robot Nao a fait sa rentrée à l’école maternelle La fontaine aux jardins

11/02/2018 11:43Imprimer l’article
Il est l’outil qui va permettre d’inscrire le Naotisme dans l’enseignement autisme à La fontaine aux jardins. Le lancement du projet a fait l’objet vendredi de la visite d’une délégation.
A l’école maternelle La fontaine aux jardins de Quetigny, l’unité d’enseignement autisme est ouverte pour la quatrième année scolaire. Première unité du genre sur l’Académie de Dijon, l’UEMA est aujourd’hui renforcée peut-on dire par l’arrivée du robot Nao. On parle de renfort puisque les référents de l’unité en parlent effectivement tel un outil pédagogique intéressant et à développer.
Autonome et programmable, Nao est un robot humanoïde de 58 cm né en 2006. Depuis, il ne cesse d’évoluer, développé par SoftBanks Robotics et ERM. Pour sa cinquième version, environ 9 000 Nao ont déjà été vendus dans le monde entier. Dans l’Académie de Dijon, il a fait son apparition fin 2014 au lycée Raoul Follereau de Nevers, dans une classe robotique. Nao est aussi présent au lycée Eiffel de Dijon notamment, à des fins de programmation.

Nao s’intègre


Avec cette arrivée du robot humanoïde au sein de l'UEMA à Quetigny, un temps d’adaptation est nécessaire, mais Nao s’est déjà acclimaté à l’environnement. Chaque matin, il participe au temps du «Dire bonjour». Une quinzaine de minutes pendant lesquelles Nao se trouve parmi les élèves autistes, leur adressant même des «bravo» lorsque les enfants montrent les bonnes formes ou les bonnes couleurs. Ce temps du début de journée, instaurant une ritualisation importante pour les élèves autistes, Nao y participe et les enfants l’acceptent. «Les enfants l’adorent !», ajoute Pauline Audry, l’enseignante spécialisée de l’unité.
Les formes et les couleurs, c’est justement ce sur quoi il est essentiel de concentrer les élèves autistes, et ce à quoi Nao peut aider.
Pour perturber le moins possible les enfants de l’unité, une bonne partie de la délégation reçue ce vendredi matin a assisté en vidéo à ce «Dire bonjour». On pouvait y voir alors la bonne intégration de Nao mais en même temps des difficultés d’attentions de la part des élèves, à canaliser.

«Etoffer la grille d’observations pédagogiques»


«Qu’est-ce que ça change ? Qu’est-ce que Nao vous apporte ?», a demandé la rectrice d’Académie, Frédérique Alexandre-Bailly, lors de la table ronde ayant suivi.
Educatrice spécialisée, Fleur Stawinski s’est montrée confiante en l’arrivée de Nao : «Ce robot apporte une neutralité. Dans l’accompagnement médico-social des enfants, on parle du masque de l’indifférence pour réussir à capter le plus possible leurs attentions. Les enfants peuvent être attirés par le regard de Nao, dont la voix est neutre et la posture reste la même. Pour nous humains, c’est plus difficile de ne montrer aucune réaction, aucune émotion». Ce qui fait la force de Nao dans l’unité, c’est donc sa neutralité, avec des paroles très claires et une posture imperturbable. Ainsi, Nao ne s’inscrit toutefois pas tel un gendarme de l’unité, mais peut être un repère pour les enfants dans leurs apprentissages.
En plus de l’intégration de Nao à l’unité, il sera utilisé en classe de grande section de maternelle (élèves de même âge, sans trouble du spectre autistique cette fois-ci). La méthode ? Particulièrement concernant l’UEMA, chaque séance est filmée à l’aide de deux caméras sur le robot puis mise à disposition d’un doctorat neuropsychiatre. Les vidéos seront analysées du point de vue médical en prenant aussi en compte la vision de l’ensemble des acteurs intervenant dans le projet. Des temps de concertation seront mis en place.

Des potentialités


Si Nao était jusque-là utilisé à partir de projets impliquant des pré-adolescents, ses potentialités, au contact des plus jeunes et d’enfants autistes en l'occurrence, permettront d'aller plus loin et c’est aussi l’objectif du projet : développer progressivement son utilisation par des applications contrôlées sur tablette, pour travailler notamment sur la motricité des enfants.
«Les compétences sont là et l’envie est là», affirme Pauline Audry. En expliquant un peu plus la démarche progressive : «Pour l’instant, nous sommes dans une phase d’observation, pour voir vraiment les plus apportés par Nao, pour voir par exemple combien de fois les élèves portent leurs regards sur Nao, pour voir comment ils évoluent avec lui. Il s’agit en fait d’étoffer la grille d’observations pédagogiques».
Cette phase consiste à adapter Nao à l’environnement de l’enfant, à noter les interactions avec les élèves pour en faire des pistes de développement, en partenariat étroit avec ERM Automatismes, développant justement les applications devant permettre une utilisation poussée de Nao. La phase d’expérimentation devrait réellement débuter à la rentrée de septembre 2018, puis le projet pourrait s’étendre à d’autres UEMA de l'Académie à partir de l’année 2019-2020.
Précisons d’ailleurs, dans ce premier projet de ce type sur l’Académie, que les producteurs et développeurs - SoftBank Robotics et ERM - sont co-financeurs avec le rectorat de Dijon.
«Nao est un outil très intéressant pour la pédagogie», a insisté ce vendredi Pierre-Jean Fave, inspecteur de l’Education nationale chargé de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés. Les partenaires du projet sont : les services du rectorat, les DSDEN de la Côte-d'Or et de la Saône-et-Loire, les équipes pédagogiques, l'Acodège, l'ARS, l'Union des industries et métiers de la métallurgie pour des liens envisageables avec les entreprises.

Un outil à adapter à l’environnement,

au service de l’enseignement


Rappelons que le cadre de l’unité d’enseignement autisme à l’école maternelle La fontaine aux jardins, dont le directeur est Yann Popovic, est bien établi. En collaboration avec le SESSAD Centre Aurore de l’Acodège et l’Agence régionale de santé, on compte deux aides médico-psychologiques, deux éducatrices de jeunes enfants, une psychomotricienne, une psychologue et, on l’a dit, une enseignante spécialisée.
Dans cette unité ouverte à la rentrée de septembre 2014, pouvant accueillir jusqu’à 7 enfants de 3 à 5 ans, les trois années de maternelle sont donc marquées par un programme adapté et des accompagnements personnalisés. Avec un volet d’enseignements disons traditionnels et un volet davantage tourné vers un travail sur la psychomotricité. Dans le suivi de ces enfants, l’association ABA Côte-d’Or apporte ses conseils.
Les inclusions individuelles dans les classes de maternelle traditionnelles sont possibles, et les temps de récréation sont communs avec les trois autres classes. L’objectif partagé par les encadrants et partenaires de cette UEMA est d’agir pour l’évolution de l’enfant et pour son orientation si possible dans un parcours scolaire traditionnel.
Moulay Jellal, adjoint au maire de Quetigny délégué à l’action éducative, a tenu à souligner ce vendredi la pertinence d’une unité - qui fut la toute première sur l'Académie de Dijon - pour laquelle la municipalité a oeuvré. Rémi Détang, maire de Quetigny, était présent pour saluer aussi bien le travail et l’engagement des encadrants de l’unité que le lancement du Naotisme, porteur de nouvelles méthodes qui viendront en complément de l’enseignement autisme déjà assuré. Les encadrants ont bénéficié d’une formation d'une dizaine de jours en ce sens.
Aux côtés de la rectrice d’Académie, on pouvait aussi noter les présences de Fadila Khattabi, députée de la troisième circonscription de Côte-d’Or, Jocelyne Manzoni, IEN de Dijon-Est, Isabelle Kirnidis, directrice de l’Acodège, Patrice Durovray, directeur général, Pascal Bougoin, responsable opérationnel de la Délégation académique pour le numérique éducatif (DANE) et Frédéric Grelier, responsable marketing pour la société ERM.

Alix Berthier









Photos Nao : Rectorat de Dijon