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AFFAIRE ADÈLE HAENEL : Franck Riester salue publiquement «le courage» de l'actrice

08/11/2019 03:38Imprimer l’article
Franck Riester a choisi le cadre des Rencontres cinématographiques de Dijon pour apporter ce jeudi son soutien à l'actrice qui a dénoncé une agression sexuelle présumée de la part d'un réalisateur.
Le président de l'ARP Pierre Jolivet et le maire de Dijon François Rebsamen ont quelques difficultés à obtenir le silence en ce début de dîner professionnel accueilli dans la salle des États de Bourgogne du Palais des ducs à Dijon. Une fois le calme établi, l'ambiance changera rapidement de ton du fait du premier sujet abordé par le ministre de la Culture.

Ce jeudi 7 novembre 2019, Franck Riester choisit le cadre des Rencontres cinématographiques de Dijon organisées par la société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs pour réagir publiquement pour la première fois à l'affaire Adèle Haenel. À moins qu'il ne s'agisse d'une affaire Christophe Ruggia, du nom du réalisateur que la comédienne a désigné en se souvenant d'«attouchements» et de «harcèlement sexuel» présumés durant un tournage alors qu'elle avait douze ans.



Une responsabilité collective


Le ministre de la Culture apporte son soutien à l'actrice : «je veux saluer, ce soir, devant vous, le courage d'Adèle Haenel et de toutes celles et de tous ceux qui osent lever le silence». Franck Riester signale que la responsabilité était «collective». Les mentalités étant la première chose à changer face aux violences pour devenir «intraitable». Une responsabilité qui est d'abord celle de l’État car «dans les propos d'Adèle Haenel transparaît un manque de confiance dans la capacité des pouvoirs publics à apporter des solutions». Ainsi, l’État doit «mettre fin au sentiment d'impunité» qui décourage les victimes d'agir en justice.

Le ministre assume. 73% des plaintes pour violences sexuelles sont classées sans suite. Il évoque la loi renforçant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles qui a fait passer la prescription des crimes sexuels sur mineurs de 20 à 30 ans. Une plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles a été mise en place (lien vers le site Service Public). Un numéro de téléphone existe aussi pour les femmes victimes de violences, le 3919 (gratuit et anonyme, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedis, dimanches et jours fériés). D'autres annonces seront faites le 25 novembre dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales.

«Le cinéma véhicule des images qui raisonnent avec notre société»


À partir de l’État, Franck Riester élargit le champ des personnes concernées : «cette responsabilité, c'est aussi celle de ceux qui savent et qui se taisent. (…) Ceux qui acceptent l'inacceptable et qui, se faisant, continue à le rendre banal. Chacun d'entre nous doit prendre sa part de responsabilité». Ce qui l'amène à pointer «une responsabilité qui est aussi celle du monde du cinéma». Une responsabilité que Franck Riester veut positive : «c'est votre responsabilité parce que votre secteur est toujours à l'avant-garde des combats de société, c'est votre responsabilité parce que le cinéma véhicule des images qui raisonnent avec notre société». Et de citer l'influence du film «Jusqu'à la garde» de Xavier Legrand sorti en 2017 et diffusé en avant-première lors de la 12ème édition des Rencontres cinématographiques de Dijon.

C'est aussi la responsabilité du monde du cinéma parce qu'il y a «des inégalités criantes aussi (…) entre les femmes et les hommes et nous devons y remédier». Le 14 novembre 2019 se tiendront les deuxièmes Assises sur la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel : «le cinéma à tout à gagner bien évidemment avec davantage de femmes».

Du fait du rayonnement de la culture française dans le monde, il est essentiel «d'assurer des conditions de travail dignes aux auteurs et aux entreprises qui ont créé ce patrimoine» du cinéma. C'est un des principes du projet de loi que le ministre porte pour le gouvernement et qu'il a souhaité revendiquer devant le monde du cinéma et de la télévision.

Jean-Christophe Tardivon

Retrouver notre article sur la défense de la loi audiovisuelle par le ministre de la Culture

Retrouver notre article sur les débats autour de la loi audiovisuelle