jeudi 19 septembre 2019
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CONSOMMATION : Next, le nouveau concept Carrefour appliqué à Dijon Toison d'Or

03/09/2019 20:03Imprimer l’article
La fin des travaux du magasin Carrefour situé dans le centre commercial de la Toison d'Or a été célébrée ce mardi par son directeur. Il s'agissait d'inaugurer le nouveau concept Next, appliqué pour la premier fois en France dans le cadre de la transformation demandée par le PDG, Alexandre Bompard.
Carrefour Planet est mort, vive Carrefour Next ! Lancé en 2010, le concept Carrefour Planet fondé sur la multiplication des «corners», la diminution des affichages promotionnels et l'animation permanente n'avait pas trouvé sa cible. Cet échec avait coûté en 2012 le poste du directeur général du groupe d'alors, Lars Olofsson. Depuis, Carrefour cherche à se relancer notamment face à la guerre des prix bas avec ces concurrents comme Leclerc ou Intermarché.

Aujourd'hui, le «drive» s'est développé. Les hypermarchés tendent à être trop grands. Il y a une demande de proximité dans les grandes villes. La concurrence qualitative se déplace vers les produits bio et ce sont les magasins spécialisés qui en profitent. À Paris, des Carrefour Bio ont ouvert en 2013 pour suivre cette demande des consommateurs. Il était donc temps de passer à autre chose, de trouver un nouveau concept pour les hypermarchés. Next !

«Redonner à Carrefour de l'agilité»


Parmi les objectifs aujourd'hui assignés par Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, il s'agit de se recentrer sur l'alimentaire, de développer des espaces spécialisés, d'augmenter le déstockage et le «low cost», de poursuivre l'automatisation et de faire du cas par cas. À Dijon, cela concrétise donc par le mode «Next». L'hypermarché situé dans le centre commercial de la Toison d'Or est le premier a être ainsi reconfiguré, trois autres suivront prochainement en France.

Présent à Dijon ce mardi 3 septembre 2019, Pascal Clouzard, directeur général de Carrefour France, indique avoir voulu «redonner à Carrefour de l'agilité pour faire bouger ses formats» : Next, Essentiel, Supeco, Bon appétit... seront autant de «concepts magasins» pour s'adapter aux évolutions des grandes et moyennes surfaces aux demandes des consommateurs.

Venue elle aussi à Dijon, Marie Cheval, directrice des hypermarchés Carrefour en France, insiste sur l'enjeu qui est que «des clients reviennent en supermarché», en particulier les clients de la galerie commerciale qui n'entraient plus dans le magasin Carrefour (le centre commercial est fréquenté par environ 8 millions de personnes par an). Next repose sur trois éléments principaux selon Marie Cheval : simplifier la vie du client,  contribuer à la transition alimentaire et ancrer le magasin dans son territoire.

Au choix, «fresh avenue» ou «shopping avenue»


Concrètement, les consommateurs trouvent à présent une entrée dans l'axe des escalators, la «fresh avenue» pour accéder aux produits alimentaires, aux kiosques repas franchisés (salade bar, grill pizza, indien, italien, asiatique, japonais, fruits et légumes frais découpés...) ou encore à une gamme de pains et viennoiseries (en partenariat avec Moulin Marion qui fournit l'enseigne en farines depuis 28 ans).

L'ancienne entrée est devenue l'accès de la «shopping avenue» menant à l'univers non-alimentaire (cosmétique, maison, culture, habillement, etc.). Marie Cheval rappelle que l'ambition d'Alexandre Bompard est de s'inscrire dans la «transition alimentaire» : plus de place pour le bio, produits en vrac avec contenants réutilisables vendus en magasin, bacs après les caisses pour se défaire des emballages, etc.

Les animations en lien avec l'actualité nationale ou locale se feront à l'entrée «shopping avenue». La place pour les produits locaux a été revue avec, ici, une mention spéciale pour le vin. Un «chai» met en valeur les vins régionaux. Marie Cheval revendique 3.000 produits locaux dans ce magasin. Un espace promo régulièrement renouvelé est toujours présent mais situé au fond du magasin.

La fin de la ligne de caisses


Les clients voulant passer moins de temps en hypermarché, le parcours de caisses a été particulièrement travaillé avec plusieurs possibilités : des caisses automatiques près de l'univers non alimentaire, des caisses automatiques et les traditionnels tapis avec des caissiers et caissières près de l'univers alimentaire ainsi qu'une caisse automatique spéciale pour l'espace restauration. C'est donc la fin de la ligne de caisses connue depuis soixante ans, sans pour autant acter la disparition des caissières.

Cyril Goursaud, directeur du magasin Carrefour Toison d'Or, voit là un «parcours hyper simple» pour les clients même s'il reconnaît que la possibilité d'acheter un produit de «snacking» sans avoir à passer par l'ensemble du magasin pourra surprendre certains consommateurs.

Une «bla-bla-bla-caisse» est spécialement dédiée aux clients souhaitant prendre le temps d'échanger sans se sentir pressés par les clients suivants. De plus, la livraison à domicile a aussi été inaugurée ce jour. Sans oublier le drive de 1.000 m² à l'arrière du magasin qui complète les propositions.

Un espace revendu à la Toison d'Or


L'approche Next se différencie de l'approche Planet dans l'échelle et la position des curseurs au sein du magasin. La superficie a été réduite d'un tiers, passant à 10.000 m². La proportion de produits non-alimentaires a été diminuée pour passer de 50% à 30%. Le groupe n'a pas souhaité communiqué le coût des travaux qui ont duré seize semaines.

Les objectifs de chiffre d'affaire n'ont pas non plus été communiqués. Pressé de questions, Cyril Goursaud concède tout juste l'espoir de faire le même chiffre d'affaire avec moins de superficie, ce qui améliorerait de facto la rentabilité. Dans l'espace dégagé, Carrefour Property est en cours de négociation pour vendre 2.500 m² à Unibail-Rodamco-Westfield où devraient prochainement être accueillies deux nouvelles boutiques du centre commercial de la Toison d'Or.

Le plan Bompard inquiète les syndicats


Le chiffre d'affaire de Carrefour France était de près de 40 milliards d'euros en 2018 avec une baisse de 2,2% dans les hypermarchés. D'où un plan de transformation lancé par Alexandre Bompard visant à des économies en France. D'ici 2022, il s'agit de réaffecter 100.000 mètres carrés des hypermarchés et de diminuer les emplois par un plan de départs volontaires : 2.400 dans les sièges, 500 dans les hypermarchés français. À Dijon, le directeur de Carrefour Toison d'Or constate que 17 employés du magasin ont signalé leur intention de bénéficier de ce plan, cela dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective (un dispositif instauré par l'ordonnance Macron de septembre 2017).

Néanmoins, le directeur du magasin signale avoir besoin d'autant de personnel qu'avant malgré la diminution de la superficie. Pour les 350 employés, il évoque volontiers une «évolution des métiers» du fait d'une approche plus qualitative : «ce n'est pas pareil entre remplir du bazar et du textile et fabriquer de la marchandise».

Du côté des syndicats, Aurélien Dumarché, délégué CFDT interrogé par Infos-Dijon, salue l'initiative de rénover «un magasin un peu vieillot». En revanche, il craint que la diminution de surface ne s'accompagne d'une baisse du nombre de salariés du fait des départs volontaires. D'autant plus que «l'effectif était déjà réduit» face à la charge de travail. Au final, le délégué syndical voit les travaux comme «une restructuration dissimulée derrière un magasin tout beau et nouveau pour les clients». Des travaux qu'il estime à «5 millions d'euros minimum». Pour Aurélien Dumarché, ce n'est que le début de la mise en œuvre du «plan Bompard» (retrouver notre article sur la grève de mars 2018).

Pour Jacqueline Faudot, déléguée FO, «on ne peut que se réjouir du résultat des travaux» qui ont été éprouvant pour le personnel. Elle espère «que les clients vont apprécier». Elle salue la stabilité du nombre de caissiers et de caissières malgré le développement des solutions automatiques. Néanmoins, FO et CFDT se rejoignent en considérant qu'il s'agit «de faire plus avec moins». Des propositions internes ont été arrêtées : découpe de fruits, bijouterie... Des caisses de la station-essence ont été fermées. Jacqueline Faudot  craint une diminution de personnel via l'externalisation des services comme la banque-assurance. Les services ayant eux aussi migré dans un pôle dédié au sein de cette nouvelle organisation «Next».

Jean-Christophe Tardivon