mercredi 28 juin 2017
Questions à...
Dans une interview accordée à infos-dijon, la présidente de la Région Bourgogne - Franche-Comté donne sa vision de la future métropole dijonnaise et relève notamment, «il n’y a surtout pas un problème de concurrence entre la région et la future métropole».
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DIJON : 10 000 personnes pour Jean-Luc Mélenchon

18/04/2017 21:14Imprimer l’article
Le «vrai» Jean-Luc Mélenchon a tenu son dernier meeting avant le 1er tour de la présidentielle de dimanche, en expliquant, à Dijon, comment il allait gouverner, une fois élu.
Il est le seul, avec Emmanuel Macron le 23 mars dernier (lire notre article), a avoir pris la peine de venir faire campagne à Dijon à l’occasion de cette présidentielle.
Présent en hologramme à Nancy, Montpellier, Clermont-Ferrand, Nantes, Grenoble et Le Port (La Réunion), c’est en chair et en os que Jean-Luc Mélenchon était à Dijon ce mardi soir pour le dernier meeting de sa campagne avant le 1er tour de la présidentielle, ce dimanche.
Juste avant son entrée en scène, c’est une scène de la vie réelle qui a illustré ce début de meeting, avec un hommage aux aides-soignantes de l’EHPAD des Opalines, à Foucherans, dans le Jura, que Charlotte Girard, une des membres de l’équipe rapprochée de Jean-Luc Mélenchon, a fait applaudir par la foule, tandis que leurs visages étaient retransmis sur les deux écrans géants qui bordaient la scène du parc des expos.
Devant une salle debout, vers 19h20, un des animateurs annonce «35 000 personnes» sur l’ensemble des meetings.
Rien qu’au parc des expos, on peut dire sans exagérer qu’il y avait entre 9000 et 10000 personnes, soit beaucoup plus que les 3500 personnes venues au Zénith lors de la venue d’Emmanuel Macron…

Jean-Luc Mélenchon traverse la foule


C’est peu avant 19h30 que Jean-Luc Mélenchon a fait son entrée en scène. Fendant la foule, il a traversé de part en part le hall 1, dans le sens de la longueur, serrant des mains tout en se laissant photographier avec le sourire.
Heureux de se retrouver «à sept endroits à la fois», c’est bien le «vrai» Jean-Luc Mélenchon qui a pris la parole, pour un discours de combattant.
Mais, en gentleman, il a d’abord eu une pensée pour ses principaux rivaux, visés, comme on l’a appris ce mardi, par des menaces d’attentats. Parlant de «criminels insensés», le candidat de la France Insoumise a eu un mot pour François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, a qui il a adressé, sa «solidarité personnelle la plus totale. Jamais nous ne ferons le cadeau aux criminels de nous diviser devant eux».
Souvent accusé d’angélisme par rapport aux problématiques soulevées par les derniers attentats en France, il a d’ailleurs tapé du poing sur la table : «ces criminels, ils seront pourchassés comme jamais», évoquant «les personnes, mais aussi les entreprises», avec cette allusion au groupe Lafarge, «quand d’aucun ont payé Daech pour payer leur foutu ciment !», le groupe français étant accusé d'avoir commercé avec le groupe terroriste, en Syrie.

«Personne ne doute de l’intelligence de M. Macron…»


Quant à ses adversaires, même s'il s’est attaqué à l’ensemble de ses concurrents, son ennemi, comme l’était «le monde de la finance pour François Hollande en 2012», semble être avant tout Emmanuel Macron, symbole des «riches». Usant de l’humour, Jean-Luc Mélenchon a cité «une organisation collectiviste bien connue, le fond monétaire international (FMI)». «On vous a dit que notre manière de répartir est inefficace, or, selon le FMI, plus la fortune des riches s’accroit plus la croissance est faible, et plus les pauvres augmentent leur part plus la croissance est forte». Puis, toujours moqueur, il a également cité Le Monde, pas toujours tendre avec lui, «même si c’est un très bon journal de centre-droit», qui écrivait, «les avantages des plus riches ne ruissellent pas vers le bas contrairement à ce que disent les économistes néo-libéraux». «Ça fait des années qu’on le dit !», a pesté le candidat.
Puis, il est revenu sur le cas d’Emmanuel Macron, accusé d’être des «griots» des plus riches : «dorénavant, il faut que vous cédiez si on vous fait deux offres d’emplois… M. Macron a dit ça, personne ne lui a dit que ça existe déjà… Il a fait des études, personne ne doute de son intelligence, donc il le sait, pourquoi il en reparle ? Parce que le texte parle d’offre d’emploi «raisonnable»…
Comme s'il ne savait pas que le moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés !». Voilà de quoi rhabiller l’ex-ministre de l’Economie de François Hollande pour l’hiver.

«Dans tous les grands moments, le peuple aura la parole c’est lui qui décidera»


Jean-Luc Mélenchon, vers 20h30, est ensuite rentré dans le dur de son programme et notamment la fameuse assemblée constituante à la VIe République qu’il appelle de ses voeux. «J’ai lu dans un journal que c’était un coup d’Etat, eh ben non !  D’ailleurs dans mon équipe la spécialité de Charlotte Girard, c’est le droit constitutionnel et je ne crois pas qu’elle veuille faire un coup d’Etat». Il a ensuite précisé, «pendant ce temps le gouvernement gouvernera dans le cadre de la Ve République, car nous n’avons pas non plus l’intention de faire un putsch». Pour diriger, Jean-Luc Mélenchon compte bien avoir une «majorité parlementaire» tout en veillant à ne pas «avoir mes propres frondeurs, si vous voyez ce que je veux dire…»
«Dans tous les grands moments, le peuple aura la parole, c’est lui qui décidera», a-t-il lancé devant une assemblée conquise.
«Les gens, vous avez des raisons d’être contents, on nous dit qu’on se rapproche de la qualification», a-t-il lancé devant une salle une nouvelle fois debout sur la fin de meeting évoquant le choix de dimanche entre celui «de l’extrême droite et l’extrême marché, dans ses différentes variétés».
Il a terminé en enflammant le public avec trois mots simples, «liberté, égalité et fraternité», avant de citer un poème de Paul Eluard, «Et un sourire», qui dit notamment qu’«il y a toujours un rêve qui veille». Celui d’un 2e tour ? Réponse ce dimanche.
Bruno Lédion
Photos : Nicolas Richoffer

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