mardi 25 septembre 2018
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Questions à...
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DIJON : 50 ans après sa mort, les choses à savoir sur le chanoine Kir

25/04/2018 20:26Imprimer l’article
Son nom est connu de tous les Dijonnais, mais l'homme est méconnu de presque tous aujourd'hui. Le Chanoine Kir est pourtant bien plus qu'une figure locale, qu'un ancien maire de la ville, une personnalité singulière. Ecclésiastique, homme politique, résistant.
On a d'abord voulu demander aux Dijonnais de nous raconter ce qu'ils savaient du fameux chanoine Kir. Mais il faut bien l'admettre, on a fait chou-blanc. Hormis le fait que c'est un ancien maire de Dijon, les habitants d'aujourd'hui n'en savent pas tant que ça sur celui dont c'était, aujourd'hui, le 50e anniversaire de la mort. On a donc compilé les infos importantes à savoir pour vous permettre de briller au prochain repas de famille, en servant un Kir à l'apéro…

Félix Adrien Kir est né le 22 janvier 1876 à Alise-Sainte-Reine et mort, il y a cinquante ans jour pour jour, le 25 avril 1968 à Dijon.

Homme d'Eglise


Félix Kir a consacré la première partie de sa vie à l'Eglise. A l'âge de 15 ans, en 1891, il entre au petit séminaire Saint-Bernard de Plombières-lez-Dijon, puis est ordonné prêtre en 1901. Il est nommé vicaire à Auxonne, puis curé de Drée, vicaire à Notre-Dame de Dijon, curé de Bèze et curé de Nolay. En 1928, il est nommé directeur des œuvres et groupements d'hommes et des œuvres de presse par l'évêque de Dijon et s'installe dans la capitale des Ducs, qu'il ne quittera plus. Il est nommé chanoine honoraire en 1931.

Résistant


En juin 1940, le maire, Robert Jardillier, donne l'ordre d'évacuation de Dijon et part se réfugier à Autun. Le 16 juin 1940, le chanoine Kir est nommé membre de la délégation municipale de Dijon. Il fait évader 5.000 prisonniers de guerre français du camp de Longvic, ce qui lui vaut d'être détenu par les Allemands d'octobre à décembre 1940, puis relâché. Mais il perd alors ses fonctions municipales. Le 26 janvier 1944, il est victime à son domicile d'un attentat perpétré par des collaborateurs. Blessé de plusieurs balles, il quitte Dijon et revient le 11 septembre 1944, jour de la Libération de la ville.

Décoré


Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1946 et cité à l'ordre de l'armée. En 1957, il est élevé au rang de commandeur de la Légion d'honneur.

Homme politique


Le chanoine Kir est élu maire de Dijon en mai 1945 et sera réélu jusqu'à sa mort en 1947, 1953, 1959 et 1965. Il est conseiller général de Côte-d'Or et député de 1945 à 1967. Il est le doyen de l'Assemblée nationale de 1958 à 1967, et a présidé à ce titre la première séance de la Ve République.

À Dijon, sa réalisation la plus notable est le lac artificiel qui porte aujourd'hui son nom, à l'ouest de la ville, mais aussi l'urbanisation du quartier de la Fontaine-d'Ouche.
Il a jumelé Dijon avec York et Dallas en 1957, Mayence en 1958, Stalingrad en 1959, Reggio d'Émilia en 1963, Meknès en 1967.

Personnage haut en couleurs


Le chanoine est le dernier prêtre député à avoir porté la soutane à l'Assemblée Nationale. À un député qui lui reprocha de croire en Dieu sans jamais l'avoir vu, il aurait répondu cette phrase célèbre et révélatrice de son caractère : «Et mon cul, tu l'as pas vu, et pourtant il existe !»
Mais si son nom est resté célèbre internationalement, c'est bien-sûr parce qu'il est désormais celui du fameux mélange de blanc aligoté (4/5es) et de crème de cassis (1/5e). Une boisson que la municipalité servait à ses hôtes avant son arrivée. Mais c'est lui qui autorisa la maison Lejay-Lagoutte à la déposer comme marque. Une marque désormais plus connue que le Chanoine, et dont la notoriété dépasse même largement l'enseigne dijonnaise.
N.R.
Photo : capture d'écran Ina.fr
Le chanoine Kir en 1963 (©MaxRST/Wikipedia) :