jeudi 12 décembre 2019
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DIJON : Agnès Pannier-Runacher à la rencontre des commerçants

26/11/2019 21:04Imprimer l’article
La secrétaire d’État a effectué un déplacement à Dijon ce mardi pour rencontrer des commerçants afin de s'enquérir de leurs difficultés après les journées de manifestation au centre-ville.
Opération reconquête pour Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, qui est tout particulièrement chargée du commerce et de l'artisanat. Reconquérir les consommateurs qui délaissent encore les centres-villes après la crise des «Gilets jaunes» et reconquérir des commerçants et artisans qui se sentent délaissés par les pouvoirs publics. Ce mardi 29 novembre 2019, Agnès Pannier-Runacher a visité cinq boutiques du centre-ville.

La matinée commence par un trajet de tramway depuis la gare offert par la fédération Shop In Dijon tout comme les consommateurs peuvent en bénéficier avec l'opération «J'ai le ticket avec commerçant» qui est reconduite durant le mois de décembre avec deux heures de parking offertes ou un aller-retour de bus ou tramway chez les commerçants participant (lire notre article sur les Féeries de Noël). La délégation prend le temps d'un accueil en plein air par le Colombus Café – utilisant des thermos en carton – avant d'entamer  le parcours.



Les avantages d'une plateforme et du conseil personnalisé


Chez Home et Tendances, rue Mably, la thématique abordée est celle de l'articulation entre commerce de proximité et commande par Internet. Le propriétaire Jean-François Puchot vante l'intérêt de son «point connecté», un très grand écran tactile utilisable comme une tablette que les clients peu à l'aise avec les outils numériques peuvent découvrir avec l'assistance d'une vendeuse. Cela permet de répondre – en 48 heures – à une demande de consommateurs concernant des produits qui ne seraient pas en stock.

Agnès Pannier-Runacher voit là «les avantages d'Amazon et les avantages du conseil» au sein d'une boutique physique. Un système qui fonctionne à plein puisque des commandes sont passées tous les jours, du petit ustensile à  deux euros ou un broyeur de café à mille euros. Jean-François Puchot confie que ces commandes représentent 15% de son chiffre d'affaires : « cela fidélise notre clientèle».

Avec humour, le commerçant signale que la fin d'année se présente «mieux que l'année dernière» grâce à l'équipe de vendeuses qui «a la confiance du client». Depuis le début d'année, la progression des ventes est de 6%.

Des marques attentives à l'organisation des commerces


Avec un large sourire, Marie-Laure Mouillon accueille la secrétaire d’État et la délégation au sein de son magasin Chouette France,rue Bossuet. Elle présente ses produits made in France avec des marques comme Armor Lux, le Slip français, 1083, Labonal... Des produits qui peuvent aussi être locaux comme les Nin-Nin fabriqués au Creusot, les chaussettes Perrin à Montceau-Les-Mines ou encore les chemises Gauthier à Chalon-sur-Saône.

Des marques que la commerçante choisit elle-même. Elle s'assure ainsi que ses fournisseurs ont une démarche entrant dans le cadre de la consommation responsable. La gérante évoque un travail particulier sur la gestion du stock pour rester au plus près des besoins des consommateurs et une attention de certaines marques qui «reprennent les invendus», facilitant ainsi la gestion et la trésorerie. «Je peux commander moins et plus souvent» souligne  Marie-Laure Mouillon.

«Les samedis, on n'arrive pas à récupérer un chiffre d'affaires»


L'équipe du magasin Swarovski, située rue de la Liberté, est encore traumatisée par les violences de certains samedis de manifestation. Le besoin d'en parler est encore sensible. Certains samedis, l'équipe de vente a dû rapidement baisser la grille de protection, vider les vitrines des bijoux et se réfugier dans une pièce à l'étage pour se protéger des gaz lacrymogènes. «Depuis le début des gilets jaunes, on a perdu beaucoup de fréquentation et, les samedis, on n'arrive pas à récupérer un chiffre d'affaires même encore aujourd'hui» se lamente Sandra Fuchs.

La gérante constate «la perte de flux» des consommateurs alors que «on a un superbe centre-ville». Elle demande des opérations «plus marquantes» pour redynamiser le commerce de centre-ville et de faciliter le stationnement le week-end. La clientèle étrangère est importante pour l'activité du magasin, les Suisses notamment apprécient de pouvoir acheter meilleur marché à Dijon, ville située sur la liaison ferroviaire Lausanne-Paris. En revanche, la clientèle asiatique est encore en retrait.

Sandra Fuchs aspire à «la quiétude pour bien consommer». Ce à quoi Agnès Pannier-Runacher répond que son objectif est de «redonner envie aux Français de revenir chez leurs commerçants et de retrouver ce plaisir de la discussion et du conseil». Le commerce ne marquant pas de baisse en France, cela signifie que les consommateurs reportent sans doute leurs achats sur le commerce en ligne. «Les centres-villes ont cette vocation à être des lieux de vie, des lieux de partage» dont la consommation fait partie selon la secrétaire d’État.

«Les salariés, premiers touchés»


Au salon de coiffure Vog, situé place Grangier, Patricia Lauria fait visiter les locaux et même essayer les confortables fauteuils installés devant les bacs à shampooing. Sans perdre son sourire, Patricia Lauria évoque le phénomène des annulations de rendez-vous au moment des manifestations, «beaucoup d'annulations» qui ne se reportent pas ensuite sur le centre-ville. Et d'évoquer encore «50% de pertes le samedi après-midi».

Pourtant, Patricia Lauria exprime sa motivation «pour ne pas lâcher» : «il y a une équipe à faire vivre». Elle aussi a recours à des outils numériques pour dynamiser sa relation client, elle utilise notamment la plateforme FlexyBeauty pour permettre à ses clients (et à ses clients du salon masculin à l'étage) de prendre facilement rendez-vous. Denis Favier rappelle l'importence «des salariés des commerces» dans l'activité économique, «ce sont les premiers touchés». Le président de Shop In Dijon estime que les commerçants constituent quasiment «le premier employeur de Côte-d'Or» avec «des emplois non délocalisables».

Le président de CMA France, le réseau des Chambre des métiers et de l'artisanat, est un coiffeur, Bernard Stalter. Régis Penneçot est président de la section de la Côte-d'Or de la CMA interdépartementale de Bourgogne. Trésorier de CMA France, il se fait le porte-parole de  Bernard Stalter qui rappelle son «soutien» à Agnès Pannier-Runacher du fait de «son engagement sur l'économie de proximité, le commerce et l'artisanat». Le Côte-d'Orien en profiter pour mentionner «l'engagement très fort» de Dijon métropole suite «à la crise des gilets jaunes».

Arrivant au marché des Halles, les personnalités de la délégation peuvent profiter d'une dégustation proposée par Galles Herbert du Gourmet traiteur. Autour des mini jambons persillés et terrines au cassis, la convivialité à la bourguignonne prend le pas un instant avant que matinée ne se termine par des prises de parole plus politiques et un bref passage à la Région où Marie-Guite Dufay accorde un accueil républicain.

Jean-Christophe Tardivon

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