mardi 24 octobre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
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DIJON : Ce qu'il faut retenir du Facebook Live de François Rebsamen

11/10/2017 22:59Imprimer l’article
Ce mercredi soir, le maire de Dijon et président de Dijon Métropole a répondu durant trois quarts d'heure aux questions des internautes depuis le musée des Beaux-Arts.
Après le premier live auquel il s'était prêté le 2 février dernier (lire notre article en cliquant ici), François Rebsamen a renouvelé ce mode de communication pour encourager la participation des habitants de Dijon et de la métropole et faciliter le dialogue entre élus et citoyens. Cette fois, le maire n'était pas dans son bureau, mais s’est installé au Musée des Beaux-Arts de Dijon, lieu rempli d’histoire au cœur d’une impressionnante métamorphose.

Avant de commencer à répondre aux questions, François Rebsamen s'est exprimé brièvement sur le choix du musée des Beaux-Arts : «La galerie de Bellegarde est un symbole du renouveau du musée des Beaux arts. C'est un chantier lancé il y a 18 ans, et qui sera bientôt achevé». Sur les grands projets en cours, il a rappelé que «la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin, malgré les embuches que tente d'y opposer la droite, verra le jour à la fin de l'année 2019. Mais il y a également des projets plus ludiques, comme la transformation de la piscine du Carrousel qui deviendra un «bassin nordique». C'est un grand projet pour les Dijonnais».
Sur le passage du Grand)Dijon au statut de Métropole, le président de l'agglomération a parlé d'une «communauté de destin» : «Ça avance, ça marche car tous ceux qui y participent adhèrent au projet».

Puis rapidement est venu le temps des questions des internautes. Morceaux choisis.

Sur le renforcement de la sécurité :


«On fait tout pour. Mais la sécurité ne relève pas que du maire. La sécurité publique relève du pouvoir régalien de l'Etat. Nathalie Koenders, ma première adjointe, en charge de la sécurité, était hier dans le bureau du ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, pour voir comment renforcer la police de proximité».

Sur l'habitat :


«Nous avons la volonté de construire des logements, toujours, mais dans une ambition raisonnée. Quand nous sommes arrivés, la ville comptait 11,5% de logements sociaux. La loi en impose 20%. Dijon a gagné 15.000 logements supplémentaires en 15 ans. Il nous faut construire d'abord pour que tout le monde puisse se loger, des plus aisés au plus modestes. Nous travaillons à cela avec Pierre Pribetich. Avant, c'était une ville qui excluait les pauvres. J'en profite d'ailleurs pour dire que je suis très inquiet des mesures annoncées par le ministre du logement concernant le logement social».

Sur le transfert du CROUS à Besançon :


«C'est une mesure administrativement stupide. 43% des étudiants de l'université sont à Dijon, contre 28% à Besançon. J'ai obtenu qu'il n'y ait pas plus d'une dizaine de personnes concernées par ce déplacement, et il y aura construction sur le site de Dijon d'un bâtiment du Crous. Besançon a gagné cette petite bataille de l'université administrée, mais le dynamisme est là, à Dijon».

Sur le centre Dauphine :


«Je veux d'abord dire que le centre ville est le plus attractif de tout le Grand-Est, contrairement à ce que j'entends parfois. Le centre Dauphine, lui, a besoin d'être rénové. Mais c'est une multipropriété. Chaque fois que j'ai essayé de faire avancer le dossier, il a fallu des mois et des mois de discussion. Si un jour la copropriété veux avancer, nous serons à ses cotés».

Sur l'aéroport de Dijon :


«C'est une compétence de la Région. Dijon a eu son aéroport. Mais les touristes ne viennent pas beaucoup en avion à Dijon : ils viennent en voiture, en bus, ou en train sauf pour quelques voyages d'affaire… Dijon ne sera jamais une plateforme aéroportuaire, car nous sommes trop près des grands aéroports comme Paris, Lyon ou Mulhouse. Notre aéroport a sa propre économie, mais on ne sera jamais Dole».

Sur «Dijon 2024» :


«Oui, j'y crois. Dijon veut être une base arrière des Jeux Olympiques. Nous avons tous les équipements sportifs pour y participer : une piscine olympique exemplaire, un stade de foot terminé, une piste d'athlétisme ou Jimmy Vicaut a battu un record, le stade Colette Besson, mais aussi le Palais des Sports, le lac : on a tout ce qu'il faut. La Région porte avec nous ce projet. On y croit».

Quel avenir pour les communes ?


«c'est une vraie question : les maires de petites communes disent que c'est le fondement de la démocratie. Ceux des grandes communes demandent pourquoi il y en a 35.000 en France… Je pense que la commune est le lieu de base de la démocratie française, et il n'est pas question de faire disparaitre l'identité des communes, qui sont un lieu de cohésion sociale, de proximité. Mais elles ont besoin de se réunir pour certains dossiers».

Sur le marché de Noël de Dijon :


«Oui, il y aura un marché de Noël cette année encore. La question, c'est comment y assurer la sécurité : sommes très vigilants mais ne devons pas céder au terrorisme et continuer à vivre comme on vit. Il faut dire aux terroristes qu'ils ne nous ferons pas changer notre mode de vie».

Un Burger King à Dijon ?


«Je n'en sais rien, je ne suis pas fan. Mais si j'avais été maire à l'époque, je n'aurais pas laissé Mc Do s'installer au centre-ville».

Le tramway jusqu'à Chevigny-Saint-Sauveur ?


«Si le maire l'avait demandé avant, on l'aurait fait. Mais on l'étudie. Je pense que dans quelques années, l'option de prolongement sera à étudier. Il y a beaucoup de candidats, on verra les plus attractifs, et Chevigny peut en faire partie».

Sur Prioribus :


«Nous n'avons pas abandonné ce projet : mais nous sommes obligés de recalibrer les projets à l'aulne de nos moyens. Les collectivités locales ont beaucoup donné sous François Hollande, c'est moi qui le dit ! Nous avions hérité d'une situation difficile en 2012 et cela va mieux aujourd'hui, donc je ne comprends pas pourquoi on nous demande les mêmes efforts.
Prioribus se fera, recalibré, un peu plus étalé dans le temps, mais se fera. J'ai hérité de choses pas toujours terribles, mais d'un réseau de transport de qualité, et nous l'avons amélioré et nous continuerons».

Sur les implantations dans la zone d'activité économique de l'est dijonnais :


«Les demandes sont nombreuses à traiter. Nous avons fini Valmy 2, allons ouvrir Valmy 3, et ce n'est pas terminé. Le siège de la grande banque interrégionale Caisse d'Epargne BFC va s'y installer. C'est une bonne nouvelle. Mais tout cela prend du temps. Ce qu'il faut, c'est avoir des réserves de terrain à l'avance».

Sur le taux de chômage à Dijon :


«Actuellement il est 7,8%, contre 9,2 ou 9,4 en France. La petite remontée actuelle est due à la fin des contrats aidés. Pour notre grande Région, 1.600 personnes qui rendaient des services utiles vont perdre leur emploi. Je pense que c'est une erreur du gouvernement».

Sur la «mendicité agressive» :


«Je copréside à France Urbaine la commission sécurité et tranquillité publique. On observe le même phénomène dans toutes les villes de France : de la mendicité, souvent par des gens accompagnés de chiens, agressifs etc. Ce n'est plus comme avant. On avait ce qu'on appelait des clochards. Aujourd'hui, c'est une jeunesse qui choisi ce mode de vie. Nous essayons de faire en sorte qu'ils soient pris en charge, et j'ai donné la consigne aux policiers municipaux qu'on les décale pour qu'ils ne restent pas devant les magasins du centre, mais c'est difficile. Ça existe, malheureusement».

Sur la saturation du concert de rentrée :


«C'est vrai. C'était border-line. J'étais très inquiet. Il y a une solution radicale, c'est de pas le faire. Toutes les villes ne le font pas, gratuitement, comme ça. Je souhaite le conserver, mais nous n'allons pas faire un festival. Cette année, la programmation était trop riche, ce qui a attiré trop de monde. Nous allons faire en sorte que ce soit désormais un événement plus accessible aux familles».

A propos de la circulation sur la Lino :


«Ceux qui ont connu Dijon avant se rappellent que quand il n'y avait pas la Lino, on restait coincé au centre ville. Aujourd'hui, nous avons une grande rocade qui a été financée par l'Etat, le Département, la Région et l'agglomération. Mais je pense qu'il y a eu une erreur tout de même : un des rond-points est mal fichu et nous essayons de pousser l'Etat à le modifier».

Sur le financement de la Cité de la Gastronomie :


«C'est Eiffage qui finance. C'est un projet à 250 millions d'euros portés par Eiffage. La Métropole va financer un parking en ouvrage qui sera de l'autre coté. Mais si c'est le sens de la question, nous n'augmenterons pas les impôts pour la cité de la gastronomie. Bien au contraire».

La Cité de la Gastronomie n'est-elle pas un projet pour riches touristes plutôt que pour les Dijonnais de classes moyennes et populaires ?


«Non. Il y aura des touristes, mais pas forcément riches d'ailleurs. Et le fait qu'il y ait des touristes est bon pour le commerce et l'économie. Mais il y aura de la place aussi pour les Dijonnais».

Sur la suppression de la taxe d'habitation et la hausse de la CSG :


«La taxe d'habitation est la première ressource des maires, donc ils voient très mal sa suppression annoncée. Mais les habitants, eux, voient ça d'un bon œil. Pour l'instant, l'Etat dit qu'il paiera, c'est un engagement. Mais est-ce que ce sera encore vrai ensuite ? Nous n'en savons rien… Je fait confiance mais on verra».
Concernant la CSG, nous attendons de voir. Augmenter la CSG pour les retraités, et faire 3,5 milliard de cadeau par l'ISF à ceux qui ont le plus est une injustice sociale. On va augmenter les inégalités. Ces mesures, c'est un jackpot pour les super riches, et ce n'est pas ce que j'attendais d'Emmanuel Macron».

Sur le devenir du parc de la Toison d'Or et du lac Kir :


«Dijon est reconnue comme une ville qui préserve sa biodiversité et reconquiert ses territoires agricoles : le plateau de la Cras était promis a l'urbanisation. Aujourd'hui, il est promis à l'agriculture bio. Je rappelle que nous voulons aller vers l'autosuffisance alimentaire.
Le lac kir va rester lac Kir : il y a un problème d'algues donc on faucarde pour le moment. Une solution radicale serait de le vider et le nettoyer complètement. Mais cela prend du temps et coûte trop cher. Je ne prendrai pas cette décision. Peut être un autre maire, un jour.
Pour le parc de la Toison d'or, j'ai un projet en tête, que je présenterai le moment venu».

A propos des rencontres avec les Dijonnais :


«J'ai adoré par dessus tout rencontrer les habitants et débattre du budget qu'on avait voté, en début d'année au cours d'une dizaine de réunions publiques. Mais je souhaite désormais en discuter avant. Donc dès novembre, je vais aller à la rencontre des Dijonnais par quatre ou cinq grandes réunions pour échanger sur les décisions et sur le budget en amont du vote».

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