mercredi 11 décembre 2019
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DIJON : Des élèves du collège Clos de Pouilly engagés contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations

21/11/2019 13:17Imprimer l’article
Alors que des élèves de 3ème ont reçu le prix Ilan Halimi en 2018 pour leurs travaux autour des génocides, des élèves de 5ème se penchent sur un kaléidoscope sur la coexistence des cultures chrétiennes, juives et musulmanes.
De janvier à juin 2018, des élèves de 3ème encadrés de cinq professeurs s’étaient impliqués dans un projet visant à s’intéresser aux génocides reconnus du 20ème siècle afin d’éveiller la conscience des jeunes face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations en faisant le lien entre les génocides, la montée des extrêmes et le développement des théories complotistes et obscurantistes.

«Comprendre Hier pour Agir et Réagir Aujourd’hui»


«Comprendre Hier pour Agir et Réagir Aujourd’hui», c’était l’intitulé du projet articulé selon plusieurs volets, sous plusieurs angles. L’occasion de travailler sur la Mémoire mais aussi de réfléchir aux théories du complot et surtout aux moyens de lutter contre la désinformation. «Ça a demandé deux ans de préparation pour pouvoir avoir des connaissances fiables et solides. On ne se sentait pas de transmettre des connaissances à moitié vérifiées», indique Solenne Lévêque, professeure en histoire-géographie ayant coordonné le projet qui a permis aux 12 élèves impliqués d’aller rencontrer des rescapés de génocides, de travailler avec le CLEMI sur l’éducation aux médias, d’aller visiter le site du Camp des Milles…



«On continue d’en parler, les valeurs perdurent»


«Il nous a permis de bien développer notre esprit critique», dit une élève. Une autre assure : «C’est bien de ne pas cacher ces génocides, de savoir comment on en est arrivé là pour ne pas répéter les même erreurs». Lycéens aujourd’hui, en classe de première, ils ont «une sorte de maturité pour en parler» et disent sortir grandis de cette expérience. «Les élèves nous ont rendu au centuple tout ce qu’on a pu faire», apprécie encore Madame Lévêque. «On continue d’en parler, les valeurs perdurent», ajoute sa collègue elle aussi impliquée dans le projet, Madame Truchot. Une réussite à tel point que les douze élèves ont été récompensés du prix Ilan Halimi (1ère édition), du nom du jeune français enlevé, séquestré et torturé à mort par la haine et les préjugés antisémites en 2006. Ce prix salue «un travail collectif mobilisant au moins 5 jeunes de moins de 25 ans ayant mené une action visant à lutter contre les préjugés et les stéréotypes racistes et antisémites».

Une grande fresque avec l’artiste Combo ?


C’est pour les féliciter que Frédéric Sampson, directeur de cabinet du préfet, a reçu ces élèves en préfecture mi-novembre, avec Frédéric Potier, Délégué Interministériel à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH). Le même jour, la réunion du Comité Opérationnel de lutte contre le Racisme et l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (CORAH) était placée sous son haut patronage.

Les échanges entre les élèves, les professeurs et les représentants de l’Etat ont alors amené à parler du projet Kaléidoscope que le collège Clos de Pouilly a lancé cette année avec deux autres établissements de Côte-d’Or. Une centaine d’élèves se réunit une fois par mois «pour les faire réfléchir sur l’identité multiple, aussi bien individuelle que sociétale». Le thème développé est la coexistence entre les cultures chrétiennes, juives et musulmanes, depuis la période médiévale jusqu’à aujourd’hui.

L’institut européen en sciences des religions, l’institut du monde arabe ou encore le dessinateur Thibault Roy sont sollicités. Et l’envie est même de faire appel à l’artiste Combo pour la réalisation d’une fresque. Plus de 10.000 euros manquent pour pouvoir le faire venir. Les discussions en préfecture sont allées en ce sens.
En tout cas, l’envie et l’engagement sont là. Comme le projet CHARA, Kaléidoscope s’est vu décerné le label citoyen par la fondation du Camp des Milles.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier