mardi 10 décembre 2019
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DIJON : Dire 132 pose ses empreintes artistiques et un sentiment fort sur le M.U.R.

30/06/2019 11:53Imprimer l’article
ACTUALISÉ - Ce n’est plus la Marianne révolutionnaire de Bom.K mais l’artiste en place est partie de celle-ci pour parvenir à son oeuvre et délivrer un message, là encore proche de l’actualité en quelque sorte.L'oeuvre est terminée et est inaugurée ce dimanche à 17 heures.
Sur le M.U.R., la place est donc faite à Dire 132. Pour la première fois depuis que cet espace d’expression artistique existe, celui-ci n’a pas été totalement repeint au préalable. Dire 132 a voulu prendre la Marianne de Bom.K comme repère… D’une Marianne révolutionnaire, dont on se rappelle que l’artiste lui avait effectivement donné une allure d’amazone ainsi qu’un cocktail molotov dans les mains, on passe à une femme tête baissée et mains regroupées.
«C’est ma Marianne à moi si on fait le parallèle en quelque sorte. J’avais dans l’idée de faire ressortir une idée de recueillement un peu honteuse, honteuse des résultats aux élections européennes...». En transparence, Dire 132 fera apparaître un message, «pour que les gens se rappellent quand même quelle a été l’histoire, avec les guerres notamment, et qu’on arrête d’être dans la haine et le racisme».


«Remember», «Souviens-toi» prend soin de préciser Dire 132, c’est aussi l’intitulé de son oeuvre qui devrait être terminée ce vendredi en fin de journée. Venant d’Aix-en-Provence, il dit s’adapter à la chaleur, et s’exprime avec plaisir sur le M.U.R. 4 x 8 mètres ? «Un bon petit format vertical» selon lui, avec la nacelle comme un jouet.
Pour ce qui est du caractère éphémère de l’oeuvre, c’est propre à l’art pratiqué d’après le graffeur : «On est dans de l’art éphémère à la base. Ça fait 30 ans que je fais du graffiti et, avant, ça ne restait pas du tout, ça partait le lendemain... Ce qui importe en fait, c’est la photographie de l’oeuvre dans ces cas-là. J’ai envie de dire que c’est le jeu ma pauv’ Lucette, c’est un art éphémère et ça doit le rester. C’est sûr que ça peut faire mal au coeur de voir une oeuvre être effacée, mais là ça reste trois mois donc c’est cool. Après, il faut du neuf sinon on se lasse».
Dire 132 ajoute sur la démarche : «On fait ça pour les gens». En ce sens, il apprécie aussi bien la surface d’expression sur laquelle il a carte blanche que le projet plus global : «On montre ici des artistes de rue, dans la rue, là où ça doit être. C’est parfait».
Le vernissage de l’oeuvre, qui restera donc trois mois sur le M.U.R., est annoncée ce dimanche à 17h00 (retrouvez l'article en cliquant ici).

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

À propos de l’artiste :


Dire 132 peint des femmes, sensuelles, qu’il voit comme des énigmes envoûtantes sur lesquelles méditer. Sa passion de longue date pour le dessin, développée avec le graffiti depuis la fin des années 90, l’a progressivement conduit à développer son style à travers des portraits hyper réalistes.
Sa maîtrise impressionnante de la bombe aérosol qu’il manie comme un crayon caractérise ses créations, qu’il réalise sur murs ou sur toile. Derrière les traits réguliers de ses modèles, sa peinture est militante et nourrit la réflexion sur la place des femmes dans la société.

Rappel du projet :


Un musée en plein air, une galerie ouverte à tous qui se métamorphose directement sous les yeux des passants. Ce projet audacieux se cristallise sous l’appellation du M.U.R (pour Modulable, Urbain, Réactif) et est représenté par un support situé au carrefour de la rue Jean-Jacques Rousseau et de la rue d’Assas.
Tous les trois mois, un artiste invité prend possession de cette surface d’exposition afin d’y réaliser une œuvre éphémère et inédite, une création réalisée en toute liberté qui est le fruit de techniques artistiques variées. Le M.U.R. fait peau neuve régulièrement mais la volonté qui l’anime reste la même : faire la part belle à l’art contemporain urbain sous toutes ses formes.
C’est l’artiste Speedy Graphito, l’un des précurseur du street art, qui a été le premier à en prendre possession en juillet 2018, suivi de Bault, Stom 500 et dernièrement Bom.K en avril 2019.

Ce projet est porté par l’association Zutique Productions ainsi qu’un collectif d’artistes dijonnais composé de RNST, Bretzel Film, Yannick Gosset et les Éditions Inencadrable, en collaboration avec la Ville de Dijon.





Photo Nicolas Richoffer :