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DIJON : Entraînement à la décontamination de victimes au CHU Dijon Bourgogne

09/04/2019 03:07Imprimer l’article
C’est un exercice grandeur nature que le Centre d’enseignement des soins d’urgence a développé sur le site de l'hôpital.
Le 20 mars 1995, du gaz sarin est propagé lors d’un attentat terroriste dans le métro de Tokyo au Japon. En plus des lourdes conséquences sur place, un problème collatéral se pose dans les hôpitaux de proximité. Les victimes arrivant en nombre à l’hôpital représentent un flux massif pour les établissements sanitaires, difficile à gérer… Malgré elles, les victimes viennent contaminer les patients des hôpitaux.

Faire face au flux de personnes contaminées


C’est sur cette situation que le Centre d’enseignement des soins d’urgence s’est basé pour mettre en place un entraînement à la décontamination au CHU Dijon Bourgogne. Deux objectifs s’imposent dans de telles situations d’urgence : décontaminer les victimes de l’attaque pouvant se présenter spontanément sur le site de l’hôpital mais aussi bloquer les entrées au CHU, avant de mettre en place un filtrage.
L’opération de décontamination se fait dans une tente montée spécialement en cas de besoin. Puisque celle-ci n’est utilisable qu’une fois pour une décontamination, et en tenant compte aussi du temps pluvieux à l’heure de l’entraînement mercredi dernier en début d’après-midi, qui aurait engendré plusieurs jours de séchage de la structure, la tente fictive était en fait une partie des garages du SMUR. Mais l’intention était bien de se rapprocher le plus possible d’une urgence réelle.

Un entraînement «grandeur nature» pour mieux évaluer l’efficacité de la procédure


«En théorie, tout se passe toujours bien. Mais le mieux est de créer une simulation la plus réaliste possible. C’est ça qui fait ressortir les difficultés, les points à améliorer… On a choisi de faire un exercice grandeur nature et surtout en temps réel», confirmait sur place Laurent Verrier, infirmier anesthésiste, formateur au CESU 21 et référent paramédical au CHU Dijon Bourgogne pour les situations sanitaires exceptionnelles.
C’est d’ailleurs la première fois que le CESU organisait un exercice de cette importance-là sur le site même du CHU. Elle s’inscrivait dans les exercices annuels pour le maintien des compétences et la revalidation de l’attestation de formation en gestes et soins d’urgences spécialisés en situation sanitaire exceptionnelle.

«La décontamination va primer sur l’urgence médicale»


Le scénario était une explosion à la gare routière de Dijon Ville avec dissémination d’un produit chimique, en l’occurrence le neurotoxique organophosphoré qu’est le gaz sarin, attaquant le système nerveux central et périphérique et pouvant aboutir à l’asphyxie du patient.
«La décontamination va primer sur l’urgence médicale», souligne Pierre-Yves Dupont, médecin urgentiste et formateur au CESU. L’opération de décontamination commençait au point de regroupement des victimes, où celles-ci étaient quelque peu rassurées avant d’être déshabillées puis douchées selon des procédures particulières pour éviter la propagation (découpe des vêtements par exemple).

Former du personnel non-soignant


«L’intérêt est de voir comment les personnels gèrent une telle situation», insistait Pierre-Yves Dupont, en précisant que les décontaminateurs n’étaient pas des personnels soignants, mais plutôt des personnels venant des laboratoires ou même de la sécurité à l’entrée du site du CHU. C’est aussi l’un des buts de ce type d’exercice : former du personnel non-soignant pour que celui soignant puisse rester mobilisé sur ses missions premières le jour d’une décontamination.
Les deux médecins et les dix infirmiers et infirmiers-anesthésistes sur place étaient observateurs, et les formateurs chronométraient chaque phase d’intervention. Pour que l’exercice soit complet, la vraie tente de décontamination avait été montée en intérieur.

Action, observation et débriefing


En plus des étudiants volontaires de l’IFSI, sensibilisés au préalable sur les risques chimiques, sur les procédures de secours et dont les rôles de victimes avaient été définis (personnes valides, non valides, jambe fracturée durant l’explosion, victime paniquée ou même sous le choc et méfiante envers les secours…), les décontaminateurs devaient réagir au malaise de l’un des leurs… Un ajout au scénario que les personnes formées ont bien géré, sous les yeux du personnel d’encadrement.
En tenant compte de quelques problèmes d’ordre logistique ayant engendré des ralentissements dans la procédure, le début de bilan était positif. Un débriefing plus en détails devait être effectué par la suite.
Environ 70 personnes au total - dont 16 victimes, 17 décontaminateurs et 10 formateurs notamment - ont été concernées par l’exercice. Sachant que sur les lieux d’une telle explosion évoquée, ce sont les sapeurs pompiers qui procèdent à la décontamination des victimes prises en charge sur place, des agents du SDIS de la Côte-d’Or étaient invités par le CESU en tant qu’observateurs.
La dernière victime traité est sortie 1h30 pile (temps qui était estimé pour l’opération) après le lancement de l’exercice. Il a pris fin sur le déshabillage des décontaminateurs, là aussi suivant une procédure respectée à la lettre.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier