vendredi 22 mars 2019
Avec notre vidéo de la manifestation.
Youth for climate Dijon a réussi à mobiliser environ 2000 lycéens et étudiants dijonnais à l'occasion de la grève et marche pour le climat ce 15 mars, suite à l'appel de Greta Thunberg.
Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
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DIJON : Forte mobilisation, fausses blessures, acide, feux d'artifice et lances à eau pour l'acte 12 des Gilets Jaunes

03/02/2019 03:13Imprimer l’article
Ce samedi 2 février, environ 3000 Gilets Jaunes, sur l’ensemble de l’après-midi, ont défilé dans le centre-ville. Après une manifestation pacifique bien maîtrisée par les organisateurs, des heurts ont de nouveau eu lieu, tandis qu’une délégation était reçue en préfecture. La police a, pour la première fois à Dijon, fait usage de lances incendie depuis le barre-pont.
L’acte XII des Gilets Jaunes n’a fait aucun blessé qui nécessitait une prise en charge par les pompiers. Mais il a tout de même été une nouvelle fois le théâtre de violences, rue de la Préfecture en fin d’après-midi, tandis qu’une délégation était reçue par le directeur de cabinet du Préfet. Cinq personnes ont été interpellées ce 02 février.

Comme chaque samedi, les manifestants avaient rendez-vous à 14 heures place de la République. Mais pas seulement, puisque certains Gilets Jaunes avaient appelé à un second rassemblement, au Zénith. A 14h30, quand le cortège est parti de la place de la République en direction de la Cité Judiciaire, ils étaient environ 500 (550 selon un comptage des Gilets Jaunes), tandis qu’une centaine de manifestants s’étaient retrouvés au Zénith.

Des blessures… symboliques


Nouveauté pour cet acte 12 : Nombre de manifestants, à commencer par les Marianne qui marchaient en tête de cortège, étaient affublés de fausses blessures, traces de sang et coton sur les yeux, en écho au mot d’ordre national de soutien aux blessés et de dénonciation des violences policières que le pays a connus depuis le début du conflit.

Donc le cortège est parti, comme il en a pris l’habitude depuis quelques semaines, loin des forces de l’ordre postées aux abords de la Préfecture. Direction opposée : la Cité Judiciaire, pour une halte symbolique, une minute de silence et une Marseillaise chantée en choeur.

En empruntant le boulevard de la Marne, les Gilets Jaunes se sont ensuite rendus sur l’avenue du Drapeau, où ils ont rejoint le groupe parti du Zénith. Comme c’est le cas depuis plusieurs semaines, le nombre de manifestants a grossi au fil de l’après-midi. Ils partirent 500, mais par un prompt renfort, ils se virent 3000 en arrivant non pas au port, mais au centre-ville.

Moment de tension rue de la Liberté


Car une fois les cortèges unifiés, c’est bien la direction du centre-ville qui a été prise : rue Sambin, rue Devosge, place Darcy, rue de la Liberté. Là, un premier point de tension a donné lieu à quelques salves de gaz lacrymogènes de la part des gendarmes mobiles posté à proximité des Galeries Lafayette. Les gendarmes venaient de recevoir quelques projectiles, mais faisaient surtout face à quelques Gilets Jaunes envahissants, venus se coller à eux sans agressivité spéciale, mais dans un mouvement de foule qui nécessita une dispersion rapide.

Quel que soit l’endroit, c’est bien le contact entre les Gilets Jaunes et des forces de sécurité qui dégénère systématiquement depuis le début du mouvement. C’est d’ailleurs bien pour ça que les organisateurs font leur possible pour éviter ces rencontres. Mais quand le cortège arrive en centre-ville, le face-à-face devient inévitable… et les huées, insultes et jets de projectiles aussi.

Bouteille d'acide


En parlant de jets de projectiles, nous avons pu constater ce 02 février une chose affirmée à plusieurs reprises par le Préfet sans que nous n’ayons pu le vérifier jusqu’à présent : une bouteille d’acide a bien été jetée en direction des forces de l’ordre (pour atterrir devant notre journaliste), un peu plus tard dans l’après midi, rue de la Préfecture, peu de temps avant que le commissaire De Bartolo ne siffle la fin de la partie en donnant à ses hommes l’ordre de donner l’assaut.

Avant cet assaut, ce sont les policiers qui ont expérimenté une nouveauté : depuis le barre-pont, ils ont utilisé des lances incendie pour noyer la rue et le début de barricade, empêcher le feu de prendre dans les poubelles, et, par la même occasion, fixer la fumée de lacrymogène au sol, la rendant plus efficace et plus tenace. C’était rue de la Préfecture, et les forces de l’ordre venaient une nouvelle fois d’être visées par d’impressionnants tirs de mortiers d’artifice (voir notre vidéo ci-dessous).

Une délégation en préfecture


L’assaut a été donné vers 17h30. Il est vrai que cela faisait quelques minutes que les policiers essuyaient jets de boulons, de cailloux, de feux d’artifice, d’acide et d’objets divers et variés. Et cela alors même qu’un «marché» avait été conclu : Alain Cocq, gilet jaune malade, qui défile sur un brancard et est devenu à ce titre une mascotte des Gilets Jaunes dijonnais, était reçu en préfecture avec une délégation, tandis qu’une sorte de «pacte de non-agression» devait être respecté dans la rue. Ce ne fut pas le cas.

Alors quand les forces de l’ordre sont passées à l’offensive, elles n’ont pas fait dans la dentelle : nuage de lacrymogène sur la place de la République, avancée en rangs serrés, courses poursuites jusqu’au-delà de la place du 30 octobre. Une avancée sans difficulté, qui a permis la dispersion des manifestants en quelques minutes.

«Les manifestations pacifistes n’obtiennent rien»


Gendarmes et policiers ont ensuite occupé la place de la République pendant une heure environ, le temps de s’assurer qu’aucun groupe ne s’y reforme. Dès 18h30, les services de Dijon Métropole nettoyaient la rue de la Préfecture. Peu de dégâts étaient à constater en dehors de cette rue, à l’exception de quelques tags de la place de la République à la place du 30 octobre. C’est un signe, car il n’y en avait pas eu lors des deux derniers actes. Un signe du regain de confiance des Gilets Jaunes et des casseurs, lesquels se sont montrés particulièrement virulents pour cet acte XII. Car c’est bien l’état d’esprit de nombre de Gilets Jaunes : que «les manifestations pacifistes n’obtiennent rien, et moins encore avec Emmanuel Macron» qu’avec ses prédécesseurs. Alors inutile d’en douter : il y aura bien un acte XIII samedi prochain.
Nicolas Richoffer
Photos Jean-Christophe Tardivon et Nicolas Richoffer

Notre vidéo des feux d'artifice tirés rue de la Préfecture :



Photos Jean-Christophe Tardivon :


Photos : Nicolas Richoffer




 
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