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DIJON : La CGT a investi la ville pour 5 jours

13/05/2019 18:52Imprimer l’article
Le 52e congrès confédéral de l’organisation syndicale réunit pendant 5 jours 2200 participants à Dijon. Ce début de congrès a été l’occasion pour François Rebsamen et Philippe Martinez de s'amuser de leur dernière rencontre , houleuse, quand le maire de Dijon était ministre du Travail.
Dijon accueille jusqu’au 17 mai le 52e congrès confédéral de la CGT, qui réuni pendant 5 jours 2200 participants au Palais des Congrès. À l’ordre du jour, de multiples ateliers mais aussi l’élection des instances du syndicat. A ce sujet, sauf énorme coup de théâtre digne de la dernière saison en cours de Game of Thrones, il s’agira de réélire Philippe Martinez en fin de semaine.
 
Mais cette grand-messe est aussi une belle occasion pour François Rebsamen de faire la pub de Dijon et d’appuyer sur les marqueurs de gauche qui guident son action, en plein sprint final des élections européennes. Jusqu’à s’amuser avec Philippe Martinez du rapport de force qui les avaient opposés au moment de la loi travail, quand il était ministre de François Hollande.
En marge de ce congrès, le maire de Dijon a accueilli les délégations étrangères dans la salle des Etats du Palais des Ducs pour une petite réception, et est monté à la tribune avec le leader du syndicat en préambule de cette semaine.

«Les traits d’identité» de la CGT


François Rebsamen a vanté les qualités de Dijon, insistant sur sa «vocation internationale», citant les différent jumelages avec Skopje, Mayence, Reggio di Emilia, Guimaraes ou Volgograd pour rappeler que «cela nous donne la possibilité d’appeler toujours à la construction d’une Europe sociale, écologique et solidaire».
Le maire a remercié Sandrine Mourey, la secrétaire générale de l’UD CGT de Côte-d’Or et Philippe Texier, le secrétaire du comité régional, ainsi que tous ceux qui ont pris part à l’organisation, avant de rappeler les grandes lignes historiques de la CGT pour louer «les valeurs qui portent cette résistance, l’égalité, la justice, la citoyenneté», et «les comportements qui lui donnent corps, la solidarité, l’écoute, la responsabilité démocratique», qui forment d’après le maire «les traits d’identité» de la CGT.

«Je ne m’imaginais pas que monsieur Rebsamen citerait du Martinez dans un discours»


Le maire de Dijon a laissé quelques petits mots à l’attention d’Emmanuel Macron, citant Philippe Martinez lui même : «un débat, ce n’est pas de dialoguer pendant des heures et des heures avec 600 maires en bras de chemise». Un clin d’oeil que n’a pas manqué de relever le secrétaire général de la CGT : «Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu le maire de Dijon. La dernière fois, c’était dans un autre palais, avec une autre responsabilité, et à l’époque, je ne m’imaginais pas que, quelques années plus tard, monsieur Rebsamen citerait du Martinez dans un discours à la mairie de Dijon».

107 délégués internationaux représentant 86 organisations de 60 pays des 5 continents, c’est aussi ce qu’amène à Dijon ce congrès. Avec tous ces partenaires, aux visions et méthodes parfois différentes, Philippe Martinez veut «renforcer les droits sociaux, la justice sociale, à un moment où l’ultra-libéralisme a tous les droits, y compris celui de licencier pour n’importe quoi». Ensemble, ils ont «l’intention de changer le monde».

Une ville de gauche selon François Rebsamen


François Rebsamen et Philippe Martinez s’accordent aussi sur la défense des services publics, «qui rendent le pays plus solidaire». Le maire ne s’est d’ailleurs pas privé pour dire que «Dijon, c’st d’abord une ville de gauche. C’est ça son identité : une ville sociale, solidaire et écologiste depuis 20 ans». Et de citer pêle-mêle ce qui permet de reconnaître une ville de gauche : «c’est une ville qui accueille des réfugiés. La municipalité a financé un village d’accueil des réfugiés. C’est une ville qui pratique le taux d’effort : plus on a, plus on paye. Par exemple, on n’a pas attendu le Président de la République pour décider que le tarif de la cantine serait à un euro pour ceux qui ont le moins d’argent. Et quand les parents n’ont pas les moyens, ils ne paient pas. On ne le crie pas sous tous les toits, mais on le sait. C’est ça une ville socialiste, c’est une ville qui paye les licences sportives quand les parents ne peuvent le faire. C(‘est une ville de la culture pour tous, avec tous les musées publics et bibliothèques gratuits».

La «belle satisfaction» de Dijon Congrexpo


Ce congrès confédéral est aussi «une belle satisfaction» au passage pour le Palais des Congrès qui était en compétition avec ceux de Bordeaux, Lyon et Clermont-Ferrand. Dijon Congrexpo avait déjà à son actif la réussite du congrès CGT Métallurgie, qui avait accueilli 900 participants en novembre 2017.

L’ensemble des halls et des salles du Parc des Expositions et Congrès est utilisé. Le service technique de Dijon Congrexpo a construit une salle de 1.500 places dans le grand hall du Parc des Expositions pour accueillir les séances plénières. Le rez-de-chaussée du hall 2 est réservé à une exposition réunissant plus de 100 stands (et 500 exposants) et l’étage aux repas des 1 800 congressistes qui déjeunent chaque jour sur place. Les dîners étant libres, ils pourront profiter de la gastronomie régionale dans les différents établissements dijonnais.

«Les retombées économiques sur le plan local sont considérables à la fois au niveau de l’hôtellerie, des restaurants, des transports ainsi que des prestataires locaux : 150 entreprises (traiteurs, hôtesses d’accueil, nettoyage, sécurité, vidéo, son, lumière etc…) sont en effet partenaires de l’événement» explique Dijon Congrexpo, qui veut aussi montrer au maire sa capacité à participer aux grands événements qui font rayonner Dijon.

Le congrès génère un impact économique indirect évalué à plus de 2 millions d’euros, selon la méthologie de France Congrès. Ce montant est calculé en multipliant le nombre de journées congressistes extérieurs à la région (nombre de congressistes x durée du congrès) par le montant des dépenses effectuées par les congressistes, estimées à 214 euros.
Nicolas Richoffer
Photos N.R.