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DIJON : La manifestation du lycée Le Castel finit mal

09/05/2017 21:09Imprimer l’article
Environ 200 personnes, lycéens et professeurs, ont manifesté ce mardi devant la préfecture contre l'expulsion d'un jeune Albanais du lycée Le Castel de Dijon. Le ton est monté en fin d'après-midi et quelques échauffourées ont eu lieu avec les forces de l'ordre.
La manifestation était bon enfant, cet après-midi, devant la préfecture, pendant qu'une délégation rencontrait Serge Bideau, le secrétaire général de la préfecture de Côte-d'Or. Rien ne laissait présager qu'aux environs de 17 heures, le SAMU serait sur place. Aucun blessé n'a été transporté mais l'inquiétude était vive dans les rangs des manifestants après qu'un professeur ait reçu un coup de matraque à la tête au cours d'échauffourées, tandis que les gaz lacrymogènes de la police avaient calmé tout le monde.

«Lycée d'Accueil International»


Rien ne laissait présager cette fin houleuse, donc, quand à 15 heures, environ 200 personnes étaient réunies devant la préfecture pour défendre le cas d'Angelo, un élève albanais du lycée Le Castel menacé d'expulsion du territoire depuis qu'il a atteint la majorité. «Nous avons symboliquement nommé l'établissement "Lycée d'Accueil International"» expliquait Victor Diaferia, professeur de maths. «Cet hiver, deux de nos élèves confiés à l'aide sociale à l'enfance se sont retrouvés à la rue le jour de leurs 18 ans, et une famille complète, comprenant un élève du lycée, a été expulsée de chez elle, et devait faire appel au 115 tous les soirs. Nous avons fait de notre mieux pour les aider, les nourrir, les habiller, etc, mais ce n'est pas normal.»

Sept élèves sans-papiers


Depuis deux ans en effet, le lycée Le castel accueille des élèves étrangers confiés par le rectorat, dans une classe de primo-arrivants dite UPEAA (unité pédagogique d'élèves allophones arrivants). «Nous avons besoin de stabilité pour les aider au mieux à s'intégrer» poursuit Victor Diaferia. «En tout, nous avons sept élèves sans papiers. Ça ne représente rien parmi les 2000 élèves du lycée. Ça ne devrait pas poser de problème». Une délégation de six personnes (deux profs, deux élèves et deux représentants de RESF 21) était donc reçue cet après-midi par Serge Bideau en préfecture afin d'évoquer notamment le cas d'Angelo. Mais à leur retour, les représentants ne se sont pas montrés satisfaits du résultat obtenu : «ce n'est ni positif ni négatif» déclaraient-ils devant les manifestants. «On nous a proposé une solution partielle, mais que nous devons proposer aux parents afin qu'ils l'acceptent. En attendant, nous ne pouvons pas entrer dans les détails».

«Poursuivre la mobilisation»


Enzo Pontonnier et Mathis Leduque, les deux élèves faisant partie de la délégation, se sont pour leur part montrés plus incisifs en prenant tour à tour le mégaphone pour s'adresser à leurs camarades : «C'est une réponse en demi-teinte. On a été entendus mais pas écoutés ! L'administration n'est composée que de bureaucrates qui ne font que repousser les actes. Nous attendons d'eux qu'ils agissent désormais. Nous comptons donc sur vous pour poursuivre la mobilisation !»
Après les applaudissements, la dispersion des manifestants semblait en bonne voie mais un certain nombre d'entre eux, mécontents de voir les solutions renvoyées aux calendes grecques, ont souhaiter poursuivre la manifestation en reformant un cortège. Lequel ne faisait pas partie de la manifestation déclarée. C'est à ce moment que la tension a commencé à monter.

Echauffourées


Tandis que les forces de l'ordre barraient la rue, comme à leur habitude, pour inciter les manifestants à se disperser en petits groupes, le ton est monté. En première ligne devant ses hommes, le commissaire principal Bruno De Bartolo faisait face à la colère des lycéens et de certains professeurs (lesquels dissuadaient les élèves de se mesurer aux policiers en prônant une mobilisation plus forte à l'avenir), et parvenait à apaiser les esprits, après de longues et animées discussions sur la démocratie, le droit constitutionnel, les combats contre l'extrême droite, etc. C'est quand on pensait que tout risque de débordement était terminé que des incidents ont éclaté. Le contrôle d'un manifestant (qui ne ferait pas partie du lycée) se passait mal et quelques personnes accourraient pour s'interposer. En réaction immédiate, que les lycéens auront trouvée disproportionnée, la police faisait immédiatement usage de la force pour disperser tout le monde. Des coups de matraque sont partis, blessant légèrement Victor Diaferia à la tête tandis que des gaz lacrymogènes puissants dispersaient la foule. Devant la blessure du professeur, qui s'avéra sans gravité, les secours ont été appelés et ont pu rassurer les manifestants, qui ont finalement quitté les lieux.
En promettant de ne rien lâcher dans cette mobilisation pour une poignée d'élèves.
Nicolas Richoffer
(Photos N.R.)


 
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