mercredi 21 août 2019
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DIJON : La mobilisation des Gilets Jaunes ne faiblit pas, 25 interpellations et quatre blessés

06/01/2019 00:31Imprimer l’article
L’acte VIII de la mobilisation des Gilets Jaunes, ce samedi 5 janvier, a rassemblé 1500 à 2000 personnes, et a été le théâtre de heurts, notamment aux abords de la caserne de gendarmerie et rue de la Préfecture.
La nouvelle année n’y a rien changé : ils étaient encore nombreux ce samedi 5 janvier dans les rues de Dijon. Au moins 1500 au départ de la place de la République à 14 heures. Sans doute plus sur l’après-midi.
Comme la semaine dernière, le cortège a tout d’abord décidé de s’éloigner des forces de l’ordre, postées aux abords de la préfecture, pour éviter le contact et les affrontements. Alors les Gilets Jaunes sont partis dans la direction opposée, celle de l’auditorium, par le boulevard Georges Clémenceau.

Déambulation en fanfare


Au rythme d’une fanfare, la foule déambulait joyeusement, criant des slogans essentiellement anti-Macron. Dans les rangs des manifestants, c’est la fierté de voir que la mobilisation ne faiblissait pas qui dominait. Direction le centre des finances publiques, rue de la Boudronnée, où un premier car de policiers veillait. Quelques insultes fusent, mais rien de plus. Des Gilets Jaunes vont discuter avec le commissaire De Bartolo, mais en réalité, l’itinéraire s’improvise à chaque carrefour. Ce sont ceux qui tiennent la tête du cortège qui décident et entraînent les autres. C’est ainsi qu’après un passage place Saint-Exupéry, la manifestation emprunte le boulevard Maréchal Joffre.

Incidents aux abords de la caserne de gendarmerie


Là, des participants tentent de dissuader les autres. «On va passer devant la caserne de gendarmerie, il vaudrait mieux la contourner pour aller à la Toison d’Or». Mais la Toison d’Or, ils n’y seront finalement pas allé ce samedi. Les premiers heurts ont eu lieu vers 15h15 devant la caserne Deflandre. Et les choses auraient pu très mal tourner. On se demande même comment ça n’a pas été le cas.
Les gendarmes n’avaient en effet pas vraiment anticipé le passage des Gilets Jaunes le long de leurs grilles. En catastrophe, un fourgon arrive à proximité et une poignée d’hommes en sortent, bouclier et flashball en main. La foule les conspue, la pression monte, et les gendarmes reçoivent des projectiles : pierres, bouteilles, panneau de signalisation. Ils ne sont toujours que trois. L’un d’eux tire au flashball dans la foule par dessus le grillage. Immédiatement, les manifestants prennent les gendarmes d’assaut. Les projectiles pleuvent. La grille cède sur une quinzaine de mètres. Les renforts arrivent et quelques gaz lacrymogènes plus tard, le cortège reprend la direction de la place de la République par la rue Plancher et l’avenue du Drapeau. De toute façon, un «mur» de gendarme descendait le boulevard Joffre, prêt à repousser les assaillants.

Danses joyeuses place de la Libération et barricades rue de la Préfecture


De retour en centre-ville, les manifestants ont déambulé bruyamment et pacifiquement. Rue Devosge, rue des Godrans, rue de la Liberté… On a même dansé devant les grilles du Palais des Ducs protégées par la police municipale.
Mais c’est encore à l’angle de la rue de la Préfecture et du boulevard de la Trémouille que les choses se sont ensuite corsées. Les manifestants les plus virulents sont de nouveau venus se frotter aux forces de l’ordre qui avaient déployé la grille d’un barre pont. Une barricade a été allumée et de nombreux projectiles ont été lancés sur les policiers et gendarmes, lesquels ont, évidemment, répliqué par des grenades lacrymogènes, grenades de désencerclement et flashball avant de donner l’assaut.
Il était environ 17 heures et un jeu du chat et de la souris allait s’engager pendant environ une heure. Repoussés place de la République puis avenue du Drapeau, les manifestants ont enflammé nombre de poubelles sur leur chemin, et renversé plusieurs publies à verre sur la route. L’objectif étant bien-sûr de compliquer la marche des forces de l’ordre qui les suivaient. Ils ont fait demi-tour en empruntant la rue de Jouvence puis ont pris la direction du quartier Montchapet par la rue du Havre. 

25 interpellations et 4 blessés


La nuit était tombée et il restait une grosse centaine d’individus qui laissait un paysage de désolation derrière eux. Tandis que certains voulaient brûler des voitures, d’autres les en dissuadaient. C’est finalement après avoir serpenté dans le quartier quelques dizaines de minutes que ces derniers manifestants ont été dispersés, encerclés par les forces de l’ordre. Mais un gros coup de filet a été réalisé par les policiers : 23 interpellations rue Auguste Perdrix, où le groupe s’était fait coincer dans une cour d’immeuble notamment. En ajoutant deux autres interpellations réalisées avenue du Drapeau, cela porte le total du jour à 25. Du jamais vu à Dijon depuis mai 2016 et les incidents liés aux manifestations contre la loi El Khomri. Sur ce bilan de la journée, la préfecture indique également quatre blessés pris en charge par les pompiers, dont deux gendarmes. 
Nicolas Richoffer

Photos Nicolas Richoffer (sauf mention) :

Incidents à la caserne de gendarmerie :


Déambulation dans le centre ville :



Les affrontements rue de la Préfecture et l'assaut des forces de l'ordre :



Place de la République (Photos Alix Berthier) :