dimanche 17 novembre 2019
Experts du quotidien, les membres de l'association Envie d'aller plus loin avec mon handicap étudient l'accessibilité des événements ou des moyens de déplacement à Dijon. Après deux années de déboires, ils espèrent que les prochaines animations des Féeries de Noël seront réellement inclusives.
Questions à...
Depuis mars 2018, Sophie Harent occupe la direction du musée Magnin. À l'occasion d'un nouvel accrochage, elle explique pour Infos-Dijon comment elle donne un nouveau souffle à ce musée national.
> Dijon > Dijon

DIJON : La Nuit des Chercheurs invite à enquêter

28/09/2019 08:05Imprimer l’article
La «peluchologie» de la Nuits des Chercheurs a connu un grand succès ce vendredi soir dans les salles de la Maison des Sciences de l'Homme, sur le campus de l'Université de Bourgogne. 70 chercheurs étaient présents pour vulgariser le monde scientifique actuel à partir du thème de l'enquête.
Des familles qui se dirigent avec un ours en peluche sous le bras en direction de l'université de Bourgogne ? Il y a matière à enquêter ! Tel est d'ailleurs le thème de la quinzième Nuit européenne des Chercheurs en ce vendredi 27 septembre 2019. Il s'agit d'un événement initié par la Commission européenne pour contribuer au développement de la culture scientifique dans une ambiance conviviale.

Biologie, psychologie et peluchologie


L'université de Bourgogne et l'université de Franche-Comté coordonnent la participation de la France à un projet européen de sciences participatives : l'étude des ours en peluche. De la «peluchologie» en quelque sorte ! En effet, c'est après avoir interrogé les laboratoires de recherche en France que la proposition de l'université de Montpellier a été retenue : travailler sur le réconfort – ou «qu'est-ce qui fait dans notre société qu'il y a des choses qui peuvent être réconfortantes ?» – avec l'exemple de l'ours en peluche.



Il a été demandé aux visiteurs, petits ou grands, de venir avec leur ours en peluche pour l'étudier selon un protocole à la fois ludique et précis. Cela dans douze villes en France simultanément. À Dijon, plus d'une cinquantaine de peluches sont attendues tandis que, de façon plus globale, 2.000 visiteurs sont espérés dans la Nuit. Les résultats seront diffusés fin novembre sur le site de la Nuit des chercheurs à la rubrique «Grande enquête participative».

Coralie Biguzzi, médiatrice scientifique, détaille la «Grande expérience participative» : «l'idée est de mesurer les caractéristiques qui font qu'un ours en peluche est réconfortant». Après avoir photographié l'ours en peluche, on invite les participants à inventer un nom latin puis à réaliser des mesures comme la circonférence de la tête, la taille, le poids, la longueur des poils... Ensuite, ils répondent à un question affectif avant de comparer leur peluche avec des ours de référence. «Ils utilisent les outils des biologistes qui catégorisent les animaux habituellement et ce que font des chercheurs en psychologie» souligne Coralie Biguzzi. À la concentration qui règne dans la salle, il est évident de constater que les petits comme les grands se passionnent pour cet atelier à la fois joyeux et sérieux.

«Ne plus avoir peur de l'inconnu»


Lionel Maillot, coordinateur à Dijon de la Nuit Européenne des Chercheurs, est chargé de médiation scientifique et responsable de l'Experimentarium. Il donne sa définition d'une chercheuse ou d'un chercheur : «c'est quelqu'un qui s'est fait prendre par le jeu de ne plus avoir peur de l'inconnu – on peut chercher sur tout – c'est quelqu'un qui a envie de répondre à des questions et de créer de nouvelles questions». La recherche peut se faire à l'université, dans les grandes écoles et même dans des entreprises. À Dijon, il y a plus de 1.500 chercheurs. «On commence à être chercheur quand on fait sa thèse qui est un apprentissage de la recherche par la recherche» selon Lionel Maillot.

À cette Nuit des Chercheurs organisée par la Mission culture scientifique de l'Université de Bourgogne, «il y a des chercheurs de toutes les disciplines et on est assez fier à Dijon d'avoir beaucoup de sciences humaines». Par exemple, «de la physique appliquée à des parchemins médiévaux donc c'est pluridisciplinaire». Une équipe de Lausanne est invitée avec Grégoire Courtine qui présente ses travaux pour «faire remarcher des personnes qui ont eu des lésions de la moelle épinière».  Depuis ses 25 ans, Grégoire Courtine fait de la recherche et de la vulgarisation scientifique. De nombreux autres jeunes chercheurs étaient présents parmi les 70 universitaires mobilisés pour cette Nuit.

Humaniser les chercheurs


Après les éclairages colorés, c'est une ambiance feutrée qui est proposée pour le dispositif «Ma recherche à la loupe», prévu pour permettre de rencontrer en petit comité une chercheuse ou un chercheur afin d'échanger sur un détail du parcours de cette personne ou sur un document qui lui est important. Ce cadre intimiste favorise la possibilité de poser des questions à une personne qui incarne un sujet de recherche. Les chercheurs sont invités à parler d'eux pour «humaniser cette rencontre» comme le signale la médiatrice scientifique Élise Cellier-Holzem. Son travail consiste surtout à préparer les chercheurs à la rencontre du public : «ils ont l'habitude de présenter leurs travaux devant des spécialistes et là on va leur dire qu'ils vont rencontrer des enfants, des adultes».

Pour sa part, Lionel Maillot signale que les chercheurs trouvent, eux aussi, du réconfort en participant volontairement à cette Nuit : «ce n'est pas facile de chercher, ce n'est pas facile d'être tout le temps dans l'inconnu, et là on discute avec des gens qui sont bienveillants, c'est salutaire».

Jean-Christophe Tardivon