lundi 10 décembre 2018
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DIJON : La Vapeur a La Frite !

13/06/2018 23:02Imprimer l’article
La Vapeur, avec l’aide du collectif Kogümi à la création et d’autres partenaires impliqués dans la démarche, a La Frite ! Un instrument pédagogique d’expérimentation sonore à destination des élèves des écoles élémentaires, collèges et lycées de Côte-d’Or. La scène de musiques actuelles de Dijon en a fait la présentation.
L’idée a été évoquée il y a trois ans à La Vapeur. La scène de musiques actuelles réfléchissait alors à une nouvelle action dans une approche fidèle au principe suivant : défendre l’apprentissage de la musique de manière ludique. Une nouvelle action devant s'inscrire dans l’un des registres de La Vapeur, à savoir l’accompagnement de la pratique musicale à l’échelle du département de la Côte-d’Or et en même temps le partage des musiques actuelles.
Elsa Girard, directrice adjointe de La Vapeur, l’a rappelé en ouverture de la présentation de La Frite ce mardi en fin de journée, «la musique c’est aussi faire ensemble et c’est s’amuser».

Créer un instrument à la fois excitant et accessible


Ayant déjà observé Kogümi, collectif lyonnais de musiciens-enseignants, à l’oeuvre lors d'une résidence de création, la SMAC lui a passé commande, pour la création cette fois-ci d’un instrument pédagogique qui allait pouvoir s’adresser aux classes d’établissements scolaires.
«On avait envie de créer un instrument qui réponde à nos excitations de musiciens, et qui reste accessible aux jeunes, sans besoin de compétences particulières dans la musique», dit Julien Baratay du collectif spécialisé dans la pratique des musiques électroniques, regroupant aujourd’hui huit artistes, des musiciens mais aussi des constructeurs, des vidéastes…
«Il y a trois ans, ça ne ressemblait à rien», se souvient le musicien, comme point de départ du projet. Dans la conception et le développement de l’outil, Julien Baratay, Grégoire Durande et Simon Drouhin ont collaboré avec le constructeur Mathieu Fernandez du collectif chalonnais La Méandre. C’est donc lui le designer de La Frite.
Au fil des réflexions engagées, La Frite a pris de la consistance. Avec l’objectif entretenu par le collectif de sensibiliser le public, en l’occurrence les scolaires, aux phénomènes sonores et musicaux.

Rencontres et échanges autour de La Frite


En parlant de partenariats, on peut souligner que La Frite a aussi vu le jour grâce à de multiples ressources et plusieurs temps d’expérimentation.
Au rang des partenaires, La Vapeur a pu compter sur : le réseau Canopé 21, pour bien prendre en compte l’aspect pédagogique de l'outil et faire le lien avec les enseignants (sensibilisation, formation), La Minoterie, pour son implication en termes de créations tournées vers le jeune public,  la DRAC Bourgogne-Franche-Comté et son aide financière supplémentaire , considérant que le projet est «propice à l’épanouissement de l’enfant par la fabrication de la musique», et la Ville de Dijon, citée aussi pour son soutien financier.
Echanges autour de l’outil instrumental, résidences de création… Quatre temps de rencontres ont été organisés, à La Vapeur, à La Minoterie et à Canopé. Sans oublier les tests en classe, déterminants selon Elsa Girard, qui insiste sur le fait que La Vapeur avait besoin de l’avis des enseignants, pour voir comment pouvait se passer l’utilisation de l’outil par les premiers concernés : les élèves.
Introduits par les musiciens de Kogümi eux-mêmes, les tests ont été réalisés, de mars à juin, dans quatre établissements, à l’école élémentaire Champollion (dans deux classes de CP), aux collèges Félix Tisserand à Nuits-Saint-Georges (7 classes de 4ème) et Paul Fort à Is-sur-Tille (6 classes de 4ème) et au lycée Stephen Liégeard à Brochon (pour une soixantaine d’élèves).

Des élèves «vite dedans»


«C’était une heure le matin et une heure l’après-midi, tous les jours. On ressent tout de suite le plaisir que les enfants ont à jouer. Ils se mettent vite dedans et ils adorent ça», assure Eugénie Cabrol, professeure en CP à l’école Champollion. L’excitation de disposer d’un «nouveau jeu» se transforme naturellement en un cadre d’expérimentation musicale et surtout d’écoute mutuelle selon l’enseignante, qui précise que les règles se posent comme ça, au fur et à mesure de la découverte de l’outil.
Sur cette «belle semaine autour de La Frite, une expérience concluante à renouveler», elle retient donc l’écoute, la créativité, la coopération que génère le travail sur celle-ci… Ses 18 élèves ont créé quatre morceaux, en partant des images marines de l’ouvrage «Le monde englouti» de David Wiesner. Avec une dernière séance en totale autonomie, leur enseignante et eux, les créateurs donc.
Formés en amont aux possibilités sonores qu’offre le matériel et l'étalage, les enseignants ont été invités à préparer des supports pédagogiques afin que leurs élèves appréhendent au mieux les fonctionnalités des appareils.
Là est aussi l’intérêt d’un tel outil : «en découvrir les mécanismes et pouvoir ensuite l’intégrer à d’autres projets scolaires ou sujets d’enseignement», fait remarquer La Vapeur, proposant avec le prêt de l’outil un accompagnement, des conseils et si possible même une invitation à un spectacle sur le temps scolaire.

Une éducation musicale, artistique et culturelle, stimulée


Vous l’aurez compris, La Frite est conçue pour être un instrument de musique «invitant et à la création», note La Vapeur. Un instrument collectif peut-on dire, composé de six boîtes à rythmes, cinq samplers, deux synthétiseurs et une table de mixage.
«Ça va faire un carton dans les écoles», est convaincue Delphine Blaya, conseillère municipale de la ville de Dijon. «On pense que ça va fonctionner à fond», lance Stella Tanguy, médiatrice culturelle de La Vapeur. Lors de la phase de tests, 430 élèves ont pu partager l’expérience de «La Frite». Pour l’année 2018-2019, son utilisation dans les établissements scolaires débutera en octobre. Et La Vapeur cumule déjà les demandes !
«Il y seulement deux Frites dans le monde», a remarqué en s’amusant Elsa Girard lors de la présentation de celle-ci à La Vapeur. En effet, la scène Château Rouge à Annemasse, séduite par le projet développé par Kogümi, a elle aussi passé commande au collectif. Cette scène conventionnée a ainsi co-produit le projet et est à ce titre partenaire de La Vapeur. Ableton, du nom du logiciel intégré dans l’outil, figure dans cette liste des partenaires pour les deux licences Ableton Live 9 Suite offertes.
Un projet, deux Frites… Toujours est-il que chaque Frite est unique, co-construite en quelque sorte au rythme des échanges entre les créateurs, acteurs et destinataires de l’outil.
Pour la scène de musiques actuelles de Dijon, c’est aussi l’occasion de réaffirmer que la musique électronique est un art musical. Avec La Frite, c’est une éducation musicale, artistique et culturelle, qui est aussi stimulée.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier






 
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