mardi 20 août 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
Découvrez notre carte Google pour retrouver les six oeuvres.
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DIJON : Le compte-rendu de l’acte 21 dressé par les Gilets Jaunes en assemblée populaire

10/04/2019 11:08Imprimer l’article
Infos-Dijon publie un bilan de l’acte 21 dressé par des Gilets Jaunes et validé en Assemblée Populaire. Retrouvez également notre vidéo de cette manifestation du 06 avril marquée par des heurts importants.
Un bilan réalisé par des Gilets Jaunes a été proposé et validé en assemblée populaire ce lundi aux Tanneries. Infos-Dijon le publie tel quel ci-dessous. Ses auteurs précisent que «pour ce qui concerne les blessés, les street médics nous ont fourni les chiffres».
Ils ajoutent qu’«il est important de noter qu'en dehors de ce bilan, un appel à témoins commence à circuler sur les réseaux sociaux suite à l'intervention près d'Ikéa. Est mise en avant l'extrême dangerosité de repousser une manifestation sur les rails de chemin de fer sans arrêter le trafic. Le défenseur des droits sera saisi».

Cliquez ici pour lire notre compte-rendu et le communiqué de la Préfecture à la suite de l'acte 21

La vidéo de l’acte 21 réalisée par Infos-Dijon :




Retour sur l’acte 21 par des Gilets Jaunes, compte-rendu validé en Assemblée Populaire :


Du Boeuf Blanc au mouton noir !


Samedi 30 mars à Dijon, une attaque sans précédent a eu lieu contre l’établissement le Boeuf Blanc. Ce restaurant est devenu le mouton noir des forces de l’ordre depuis le quasi début du mouvement.
Pourquoi ? Parce qu’il fait ce que tout bon citoyen devrait faire en ce pays : ouvrir sa porte à ceux et celles qui souffrent, aux personnes en détresse, aux gens qui ont besoin de soins. Donner corps à la devise républicaine en faisant preuve de fraternité. C’est plus de 120 blessés qui ont été secouru ici depuis le 3ème acte des gilets jaunes.
Mais cela ne plaît pas à tout le monde et, prétextant l’arrestation d’un jeune ayant jeté un œuf et des pétards sur la police, les policiers ont franchi en force et sans aucune sommation ni autre parole les portes du Boeuf Blanc, QG de fait des street Médic. Lors de l’interpellation de ce jeune de 18 ans, tout juste sorti d’un IME (Institut Médico-éducatif), la police a blessé au moins 5 personnes dans les restaurant. 3 femmes (2 d’entre elles ont 15 jours d’ITT, pas d’info à ce sujet pour la 3ème). Les 3 femmes ont porté plainte. 2 jeunes hommes ont aussi été blessé par des coups de matraques.
Outre les blessures physiques, les clients, les street médic, les amis et les responsables du lieu sont profondément choqués par la brutalité de cette intrusion.

Afin de dénoncer ces violences, les femmes blessées lors de cette « descente » arboraient ce samedi 6 avril un haut noir avec l’inscription suivante : « Femmes battues par la police ». Alors que les violences sur les femmes sont dénoncées au plus haut niveau (1 décès tous les 3 jours), l’état n’est pas dans l’exemplarité.

Pour répondre à un appel sur les réseaux sociaux, les GJ solidaires du Boeuf Blanc, étaient sollicités pour porter une tenue de deuil.

Du deuil au mariage !


On a beau pester contre la fusion des régions mais il faut bien admettre que la Bourgogne a gagné beaucoup en épousant la Franche Comté, ne serait-ce qu’en humanité ! Car oui, nous n’avons connaissance d’aucun médecin ou professeur bourguignon dénonçant les pratiques et l’usage d’armes provoquant des blessures de guerre sur les Gilets Jaunes et plus généralement dans le maintien de l’ordre en France. Quand Besançon se déplace, c’est avec sagesse et intelligence, c’est ce que nous a montré Laurent Thines, place de la République ce samedi, en arborant une banderole jaune avec ce message : « #STOP_LBD_GLIF4_MUTILATIONS ».
Les médias pourront toujours dire que les GJ sont des beaufs ou des faschos... Nous lorsque l’on voit l’intelligence on l’a reconnaît par contre nous n’avons pas lu une ligne dans la presse régionale sur sa présence. C’est sûr, à Dijon nous n’avons pas Médiapart qui lui a consacré plusieurs tribunes.

Du mariage à la violence, le kit Ikea !


Comme les couleurs d’Ikéa se marient bien avec les événements qui ont eu lieu ce week-end ! Du jaune et du bleu, parfait pour une rencontre entre FDO et GJ. Dommage, car devant c’était plutôt noir ! Le black Bloc avait rejoint le cortège des gilets jaunes ce week-end et pour beaucoup d’entre nous nous ne savions pas bien si c’était du lard ou du cochon. Les apprentis militants que nous sommes ont compris que nous avions des BB avec nous lorsqu’ils ont souhaité barrés la route aux FDO qui nous attendaient devant Leclerc (le pays où la vie est moins chère!) afin de nous empêcher d’atteindre la rocade. Nous avons l’habitude, c’est pour cela que plutôt de monter par l’avenue du Drapeau nous avions choisi ce nouvel itinéraire.

On en pense ce que l’on veut et c’est clair que les GJ sont divisés sur la question, on partage ou pas cette idéologie ! L’État, lui, doit la partager, au moins sur la violence, puisqu’ il l’emploi depuis le début des manifestations des GJ et certainement, les BB ont goutté du bâton avant d’intégrer ce groupe.

D’un côté on casse (abris bus, agence bancaire) et on forme des barricades, de l’autre on gaze. Ikéa et sa zone deviennent rapidement irrespirable, les gens entrent dans les commerces autour, courent à droite et à gauche. Postées d’un côté et de l’autre du rond point d’Ikéa, les FDO repoussent les manifestants rue de Mayence.

Battue dans les quartiers nord de la ville et retour du LBD


CRS et policiers au sud de la rue de Mayence, la BAC et quelques collègues policiers en civil au Nord, la chasse peut commencer. C’est dans l’affolement total que des gens se sont précipités sur les voies ferrées pour échapper au gaz et aux LBD et rejoindre tant bien que mal l’avenue de Stalingrad. Certains d’entre nous ont pensé que la police avait contacté la SNCF pour faire cesser le trafic sur les rails mais on a rapidement compris que tel n’avait pas été le cas ! La police nous a sciemment poussée vers les rails, il s’agit donc d’une mise en danger de la vie d’autrui !
2 personnes (déclarées) ont été visés par des flash ball, dont un dans le dos, la classe !
En direction de la place de la République, amoindris malheureusement, nous croisons des gens qui nous donnent de l’eau, des petits gâteaux, des enfants dans un square qui nous applaudissent et qui chantent en souriant « Macron démission »...

Retour place de la Rép


On arrive en ville sous les ahous et les applaudissements des collègues GJ déjà place de la république.
Ce samedi on a tous eu peur, nous nous sommes sentis comme ces jeunes qui, poursuivis par la police avaient du se réfugier dans un transformateur électrique et y avaient péri. Cette phrase dite à la radio interne des policiers dans l’affaire de Zyed et Bouna nous revient à l’esprit en écrivant ces lignes : «S’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau.» On sait désormais de quoi ils sont capables, reste à savoir d’où viennent les ordres. Cela ressemble de plus en plus à une guerre alors que nous demandions de la justice.

On part en ville, et des black blocs tentent d’ouvrir les portes de la mairie côté jardin, n’y arrivant pas ils ont essayé la porte suivante qui est celle de la Brasserie du Musée. Des gaz ont été lancé sous la porte. La Bac intervient et tirs sans sommation des dizaines de grenades de gaz. Des grenades avec deux gaz différents, le gris habituel que nous connaissons tous et un gaz plus brun vraiment très dur. Toujours aucune infos sur les compositions. Certains disent avoir été visé par des tirs de LBD. Nous ne pouvons pas encore le confirmer.
Gazage rue de la Liberté, oui c’est bien son nom !
Des enfants de badauds étouffent, on demande au commerçants de laisser rentrer les enfants.

Le Boeuf Blanc ou l’acharnement des FDO


Les FDO nous encerclent de nouveau, boulevard de la Trémouille, bloquant la cours Fleury avec les Baqueux, les CRS à gauche, les policiers à droite avec renfort de CRS. Instinctivement une chaîne humaine se tend devant les portes du Boeuf Blanc. Bientôt c’est un déluge de lacrymogène qui nous tombe dessus, on a jamais vu ou vécu cela. C’est insupportable, irrespirable, insoutenable. Un photographe reçoit une grenade sur son appareil. Le toréador passe une fois devant le Boeuf, laisse un des 15 camions de CRS devant le bœuf de manière à obturer la vue aux passants venant du côté cours Fleury. On repasse, un homme qui ramasse une cartouche de grenade lacrymo usagée se fait charger : matraque, coups... Puis on le laisse partir.
Il ne comprend pas et demande pourquoi on l’a taper ?! Les copains devant le Boeuf le disent « vous êtes fous il a rien fait! ». Les CRS cherchent, ils poussent de la main à plusieurs reprises un street en provocation, comme on cherche la bagarre dans un bal quand on ne veut pas taper le premier, l’un d’eux donne des petits coups de matraque avec la pointe pour taquiner (le même peut-être). Un palet de lacrymo continue de se consumer dans les rails du tramway, la flamme est vive, elle pourrait embraser un tissu épais tant la combustion est longue. Un photographe s’approche, quelqu’un pousse un bouclier, les coups s’abattent sur le photographe puis sur un homme qui se fait éjecter ses lunettes d’une grosse claque bien gantée puis repousser à la gorge avec un lance grenade. Les coups pleuvent, matraques, boucliers, un homme se rebelle et se fait exploser par les CRS. Quelques instants plus tard il nous revient le crâne en sang.

Ils s’éloignent, on leur demande pourquoi ils font ça, une femme CRS nous dit qu’elle défend son pays. On comprend mieux. On a du leur dire que nous étions Afghans, Chinois ou Russes. Madame, posez les armes nous défendons aussi ce pays !

REMARQUES :


Aujourd’hui 8 avril, un colonel de gendarmerie a dénoncé des violences policières.
Ce samedi, aucun gendarme n’était présent à Dijon à notre connaissance. Nous rappelons qu’ils se sont désolidarisés de l’action des policiers samedi dernier lors de la charge sur le Boeuf Blanc. Ils ont demandé les vidéos afin de se disculper. Les GJ sont passés aux abords de la gendarmerie Joffre sans troubles, les gendarmes n’ont pas bougés... Nous les encourageons à s’éloigner de ces comportements qui entachent leur métier et les remercions de cette prise de position. L’heure est au dialogue.
Nous adressons nos chaleureux remerciements à la Mosquée des Grésilles qui a invité les gilets jaunes à se réfugier en son sein lors des gazages. Remerciements également aux dijonnais et aux quelques commerçants qui ont ouvert leur porte pour porter secours aux gilets jaunes.

Bilan arrestations de la journée :

- Une dizaine d’interpellations

Bilan Médic (évolutif) suite à l’Acte XXI :

Une quarantaine de prises en charge

* Gaz Lacrymogène :
- Énormément de soins oculaires et du visage Maalox/Serum physiologique sur des enfants, des ados, des adultes et + de 65 an en zone cap nord, en ville a proximité de la rue des forges et devant le boeuf blanc.
- 1 personne extérieur à la manifestation prise en charge pour une crise d’épilepsie.
- 2 personnes prises en charge pour des plaies aux crânes sur des chutes de palets de lacrymo.
- 1 de nos medic avec malaise vagal suite à un gazage à bout portant au visage jusqu’à ce qu’elle chute au sol alors qu’elle était parfaitement identifiée ...
- 1 personne prise en charge pour une contusion à la cheville sur une grenade.
- 9 personnes (souvent âgées) prises en charge pour détresses respiratoires sur des expositions prolongées aux gaz dont 2 avec des vomissements.
- 1 personne prise en charge pour une brulure à la main sur une chute de palet de lacrymo.
- 1 personne prise en charge pour une plaie à la main sur chute de palet de lacrymo.

* Tonfa/Bouclier :
- 4 personnes prises en charge pour une plaie au crâne.
- 1 personne prise en charge pour une contusion au bras.
- 1 personne prise en charge pour une contusion à la cuisse.
- 1 personne prise en charge pour une contusion au bas du dos.
- 1 personne prise en charge pour une plaie au genoux.

* LBD :
- 1 personne prise en charge pour une contusion à la cuisse.
- 1 personne prise en charge pour une contusion dans le dos ... La classe ...
- 1 personne prise en charge pour une contusion sur l’omoplate sur un rebond.
- 1 personne prise en charge pour une contusion à la cuisse sur un rebond.

* Divers :
- 3 personnes prises en charge pour des probables entorses de cheville.
- De nombreuses mise en sécurité sur des crises de paniques sur les gazages et/ou les charges des FDO.
- 1 personne prise en charge pour une plaie au bras sur une chute.
- 2 personnes prises en charge pour une plaie à la main sur une chute.
- 4 personnes prises en charge pour des malaises vagaux sur les tirs de lacrymo et/ou les charges des FDO.
- 2 personnes prises en charge pour des hypoglycémies.
- 1 personne prise en charge pour une plaie avant bras sur le franchissement de grillage au niveau du marché de gros.

Un très grand merci aux commerçants qui ont ouvert leurs portes pour que les gens se mettent à l’abri des gaz tant en zone cap nord (Boulangerie Marie Blachere) que secteur rue des forges (notamment le restaurant le Mayence)…
Pour ceux qui ont refusé d’ouvrir leurs portes pour mettre les gens en sécurité et à l’abri vous manquez cruellement d’humanité.

Un très très très grand merci aux Street Medics de Besançon et du centre de la France venus de Vichy, Clermont, Montluçon nous prêter mains fortes pour cet acte XXI !
À bientôt !

Ce bilan n’est bien entendu pas exhaustif, puisqu’il ne reflète que les cas pris en charge par des Street Medics de notre groupe et ne tient pas compte des blessés éventuels qui se seraient rendus par leurs propres moyens dans des établissements de soins ou aidés/soignés par des personnes extérieurs à nos équipes.
Suite aux événements d'hier nous souhaitons à Perrine, patronne du boeuf blanc ainsi qu'à Virginie un bon rétablissement, nous leur envoyons tout notre soutient.
Nous tenons également à remercier les personnes qui nous ont aidés pour prendre en charge les personnes concernées !