mercredi 19 juin 2019
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DIJON : Le compte-rendu de l’acte 27 dressé par les Gilets Jaunes en assemblée populaire

24/05/2019 14:06Imprimer l’article
L'Assemblée Populaire 21 réunie aux Tanneries, structurée en ateliers de travail, dont l'atelier communication, rédige un résumé «qui vise à donner l'accès aux Dijonnais, et plus largement aux citoyens, à une information factuelle et libre par opposition aux "partis pris"».
Ce communiqué de presse «se veut être un témoignage objectif des actes dijonnais gilets jaunes par différenciation avec la vision des grands médias» :

XXVIIe acte des Gilets Jaunes Dijonnais qui démontrent leur détermination à défendre l’ADN de notre société : JUSTICE FISCALE, JUSTICE SOCIALE, JUSTICE ENVIRONNEMENTALE à laquelle il convient d’ajouter JUSTICE JUDICIAIRE en l’absence de suites données aux nombreuses plaintes relatives aux violences policières. Le gouvernement fait fi de tout, des injonctions de :  l’ONU, Le Conseil de l’Europe, La Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International. Il se croit au-dessus de tout malgré tous ces traités signés. Témoignage d’une schizophrénie. Preuve d’un double-discours.

Comme chaque samedi, la violence ne sera pas du côté des manifestants et aucune dégradation ne sera à déplorer de la part des gilets jaunes. Comme chaque samedi, la détermination à défendre le droit de vivre chacun dignement sera du côté des manifestants. Comme chaque samedi, le face à face se fera avec une police d’état, police provocatrice, police répressive, police de la tension.

Bien sûr le nombre de manifestants se réduit. Qui ne craindrait pas une garde à vue préventive ? Qui ne craindrait pas un fichage ADN ? Qui ne craindrait pas une condamnation même symbolique comme cela est de coutume permettant aux différents corps « d’état » de faire leurs statistiques ? Qui ne craindrait pas de voir sa vie basculer pour défendre une cause aussi noble soit elle ?

Car en plus de ce que chaque manifestant peut subir comme répression physique au moment de la manifestation, il y a tout cet arsenal judiciaire et moral que la propagande politique ne cesse d’agiter. L’objectif du gouvernement, du ministère de l’intérieur, du parquet, du procureur (séparation des pouvoirs ?) est d’étouffer toute manifestation. Il faut faire disparaitre ces manifestants. Rendre invisible ce peuple en souffrance de la même manière que les camps de migrants que l’on repousse en périphérie des villes, sous les ponts des autoroutes. De la même manière qu’il faut cacher ces SDF que les gens qui viennent consommer ne sauraient voir.
La honte, pourtant, devrait être du côté de ceux préférant les intérêts du capital à ceux du peuple.

Le 18 mai, ce sont donc 300 gilets jaunes qui se retrouvent place de la République. Un café solidaire est servi à tout un chacun. Ensuite, le cortège s’élance en évitant le centre-ville. Il se fera rapidement rattraper par les forces de l’ordre, policiers, CRS, BAC Boulevard Carnot. Engagé Rue Paul Cabet, en route pour rejoindre la protestation contre BAYER-MONSANTO, un cordon bleu fait obstacle. Ne choisissant pas l’affrontement, le cortège se replie et change d’itinéraire au niveau de la place du 30 octobre. Mais les forces de l’ordre sont là pour en découdre, Rue Carnot, en embuscade Rue Pelletier de Chambure. Des manifestants, non vêtus de leur gilet jaune, ont pu passer l’intersection et observer la scène. Le chef de la bac, arme (LDB) au poing, a ordonné de préparer les grenades, de faire barrage. Face à cette hostilité, un cortège souriant, non hostile à quelques dizaines de mètres de l'intersection. Pas de black bloc de constitué, pas de violence, pas d'agressivité.

Une sommation rapide, non investie, non audible. Les gaz lacrymogènes et autres grenades sont lancées en tir en cloche dépassant le toit de certaines habitations. Toute agressivité démuselée, ils tirent partout, sur tout, à toute distance, à toute hauteur sans se préoccuper des conséquences. Sachant que des conséquences il n’y en aura pas avec ce gouvernement qui les protège pour ne pas être abandonné en retour. Sans se démonter, sans répliquer avec violence, les manifestants se séparent pour mieux se retrouver place Darcy. Ils rejoignent ainsi les défenseurs de l’environnement, dénonceurs des dégâts de BAYER-MONSANTO. Bien sûr, à nouveau, l’encerclement répressif est de mise. Mais comment oser tirer en cette place où tout un chacun prendrait conscience de cet état ? Le face à face continue. Et les policiers devront se rendre à l’évidence et repartir.

Les gilets jaunes pourront ainsi circuler dans le centre-ville et, à nouveau, en-dehors du prisme déformant des médias usuels, diffuser leurs messages, diffuser leurs revendications qui découlent de la plateforme du « VRAI DEBAT ».  Il s’agit de pallier au rouleau compresseur qui tente de faire croire que ce sont juste « des personnes sans horizon ». Non, les gilets jaunes sont des citoyens qui défendent une société plus juste, libérée du capital, de l’oligarchie.

C’est ainsi qu’ils se retrouvent place de la Libération, au spectacle organisé par la commune au coût de 1.6 million d'euros pour l’inauguration du musée des Beaux Arts. Ce que France 3 ne vous a pas montré ce soir-là. 2 intermittents ont endossé sur la scène leurs gilets jaunes. Les gilets jaunes qui, la même semaine, ont décerné à la remise des Molières, un gilet d’honneur pour tous les intermittents qui, malgré leur précarité, continuent d’alimenter notre culture. Et un Molière du Déshonneur au Ministre de la Culture qui ne cesse de la démembrer. Scène également censurée par France 2.

Les manifestants ont donc scandé place de la Libération, rappelé leur cause, leur détermination avant de repartir, respectant le choix de ceux qui étaient là pour profiter du spectacle. Rappelons ces 1.6M€ dépensés en futilités alors que dans le même temps, sur Dijon, tant de gens souffrent.
Les gilets jaunes se sont ensuite retrouvés Place des Cordeliers pour débattre. Délaissés par les services de l’Etat qui se sont rendus rue Pasteur, Rue Chabot-Charny, aux alentours de la place Wilson qui était initialement le lieu du débat. Comme chaque semaine, les manifestants tiennent des assemblées populaires, terrain d’expérimentation d’une citoyenneté libérée, respectueuse, où chacun peut prendre la parole. Chacun peut débattre. Ensemble, de leur variété, de leurs expériences, avec leur bienveillance habituelle, ils préfigurent le monde de demain.

C’est ainsi que des riverains, des passants, des badauds ont pu découvrir la face cachée (par le gouvernement) de ce mouvement citoyen et solidaire. Aucune arrestation n’a été enregistrée.