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L'adjointe à la culture sera aux premières loges vendredi pour l'inauguration et la réouverture du Musée des Beaux Arts de Dijon. Un moment qu'elle attend avec «fébrilité, impatience et curiosité».
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DIJON : Le musée des Beaux-Arts et le musée du Louvre partagent connaissances et ambitions sur l'ouverture de la Culture

16/05/2019 20:23Imprimer l’article
Les deux musées ont officialisé un partenariat plus poussé ce jeudi.
En faisant remarquer en amont de la signature de la convention que le musée du Louvre représente 35 000 oeuvres rue de Rivoli à Paris, mais aussi autant «à l’extérieur», son président-directeur Jean-Luc Martinez a rappelé que «les collections du Louvre sont au profit et à la disposition de tous les Français» et qu’«il est naturel qu’elles voyagent» suivant un principe culturel français qui dure. Cela dit, le Louvre n’entend pas «se limiter à cette opération» avec le musée des Beaux-Arts de Dijon.

«Le Louvre a l’expérience extraordinaire dont nous voulons profiter»


«Nous partageons deux ambitions», a donc annoncé le maire de Dijon François Rebsamen, pour évoquer les deux points majeurs du partenariat qui allait être signé : développer la culture scientifique et technique ; ouvrir la culture au plus grand nombre.
«Le Louvre a l’expérience extraordinaire dont nous voulons profiter, pour que nous puissions nous enrichir de vos connaissances, de vos expertises», a poursuivi François Rebsamen en se tournant à plusieurs reprises vers son partenaire de marque. Quant à l’ouverture de la Culture à un plus large public, le maire de Dijon a assuré : «Ce n’est pas qu’un slogan à Dijon, c’est la volonté de conquérir de nouveaux publics, dès l’enfance, en s’ouvrant aux écoles, avec des expériences de visite». La gratuité des musées et des bibliothèques est d’après lui un signe fort de cette volonté.

«Le défi, c’est d’aller chercher les publics qui ne vont pas au musée»


Pour le développement de la culture scientifique et technique, des groupes de travail et d’échanges entre conservateurs des deux structures seront constitués. «Des réflexions sur la présentation et la diffusion des oeuvres seront menées, de même qu’un travail sur la médiation, la matérialité des oeuvres, l’approche des techniques artistiques…», ont énuméré les deux partenaires comme actions à approfondir concrètement.
«En matière d’éducation artistique, c’est un défi qui est devant nous. Le défi, c’est d’aller chercher les publics qui ne vont pas au musée», a déclaré Jean-Luc Martinez en se projetant dans cette dynamique et à propos du défi sur lequel «le travail reste énorme». Il a d’ailleurs ajouté : «Malgré nos très bons chiffres de fréquentation, cette Culture est peu partagée, ou mal partagée… 60 % de nos concitoyens ne franchissent pas les portes d’un musée».

Un musée des Beaux-Arts «dans un état d’effervescence»


En ouverture de l’officialisation du partenariat entre les deux musées, François Rebsamen a lancé, avec le sourire, à l’égard de l’invité de choix : «On voulait l’impressionner en lui montrant ce que ce musée est devenu avec la rénovation». L’opération est réussie à l’écoute des propos de Jean-Luc Martinez sur un musée des Beaux-Arts «dans un état d’effervescence».
La pertinence de réouvrir les portes du MBA avec une exposition de Yan Pei-Ming, cette relation entre arts du passé et création contemporaine, la dimension européenne dans les collections sur le Moyen-Âge et la Renaissance, le juste équilibre entre l’ancrage local et cette dimension européenne, la synthèse entre la culture locale et la culture universelle, le travail réalisé entre l’architecture du musée et l’intégration dans la ville… Le président-directeur du musée du Louvre n’a pas tari d’éloges sur la métamorphose du musée des Beaux-Arts de Dijon.

«Je ne pensais pas qu’une telle transformation était possible»


Il était venu à la suite de la première phase de rénovation en 2013… Il se dit aujourd’hui «frappé par l’ampleur de la transformation». En insistant notamment : «Ce qui est impressionnant, c’est l’époque des bâtiments de l’extérieur et le parcours intérieur…Je ne pensais pas qu’une telle transformation était possible. Il n’est pas si courant de voir une telle énergie mise au service de la Culture». L’occasion de saluer la volonté de la municipalité dijonnaise ainsi que l’implication des équipes du musée dans cette métamorphose.
Pour Jean-Luc Martinez, plus qu’un musée, le MBA est un lieu de vie ouvert sur la ville, et il trouve des points communs aux deux musées, aussi bien historiques que dans l’évolution des approches et de la médiation culturelle, notamment au travers du numérique.
L’idée sur laquelle s’accordent également le MBA à Dijon et le musée du Louvre à Paris, «c’est de faire du musée ce pour quoi il a été créé, ce lieu où on construit une forme d’identité, enracinée dans un passé». Le partenariat visera à faire fructifier des échanges constructifs sur et autour des oeuvres et des collections, dans leurs présentations, dans leur partage aux publics, en réfléchissant sans cesse à «transmettre le patrimoine et éveiller la curiosité des générations».
Jean-Luc Martinez est convaincu que la métamorphose, dont il a eu droit en quelque sorte à une avant-première ce jeudi matin, fera le plus bel effet ce vendredi lors de la grande réouverture annoncée.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier