jeudi 19 septembre 2019
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DIJON : Les demandeurs d’asile vont jusqu’à la préfecture «pour que l’Etat les entende»

10/09/2019 17:55Imprimer l’article
Ils ont été stoppés par les forces de l’ordre peu après la place de la République ce mardi après-midi. Avant cela, une situation préoccupante a été réaffirmée par le collectif de soutien aux demandeurs d’asile et migrants, devant la cité judiciaire de Dijon.
La situation des demandeurs d’asile et migrants qui occupaient les anciens locaux de la CPAM à Chenôve a pris une tournure particulière ce lundi. Comme nous en avons rendu compte (retrouvez notre article en cliquant ici), la préfecture a ordonné l’expulsion des occupants.

«Un mépris de la justice» pour le collectif de soutien aux demandeurs d’asile et migrants, qui rappelait qu'une audience relative à cette situation d’occupation devait se tenir ce mardi au tribunal de grande instance de Dijon. Et c’est donc devant la cité judiciaire ce mardi en début d’après-midi qu’un rassemblement s’est tenu, dans l’attente du jugement.

En raison de l’expulsion de lundi, un premier appel avait été lancé pour un rassemblement sur la place Wilson lundi en fin de journée, avec 150 à 200 personnes au rendez-vous et la décision d’installer un campement sur l’ancien terrain des gens du voyage, Chemin des Cailloux à Dijon.

Verdict le 10 octobre, mais peu d’optimisme


À la sortie de l’audience, Paul Garrigues, au nom du collectif de soutien, faisait part d’une certaine indignation : «C’est un jour triste par rapport au respect de la justice. C’est la première fois dans cette ville que l’on voit un passage à l’acte de l’Etat avant un jugement pour dire clairement qu’il s'assiéra dessus, la veille de l’audience. C’est inquiétant pour un Etat de droit».

Alors qu’une injonction de la part du tribunal au préfet était l’un des rendus pouvant forcer les services de l’Etat à trouver des solutions de relogement aux migrants, le collectif n’en savait pas plus après l’audience et devra finalement attendre le 10 octobre pour le verdict. Un report, mais pas d’optimisme pour autant. «Le juge est dans une situation ficelée».

Pour en revenir à l’expulsion, il a été réaffirmé devant la cité judiciaire : «Soyons clairs. Non, rien n’a été prévu hier (lundi) pour reloger la plupart des gens. L’accès au point d’accueil a été en plus interdit aux associations. On voit la considération de l’Etat pour la société civile et le monde associatif, et par conséquent pour le droit aux personnes d’être assistées quand elles sont en difficulté. Sur les 65 personnes officiellement expulsées (11 autres ont été directement emmenées en centre de rétention à Metz), 54 ont été reconnues en situation régulière, mais pas dans la bonne case administrative pour l’Etat».

Suite du rassemblement à l’entrée de la rue de la Préfecture


Ce mardi en milieu d’après-midi, les demandeurs d’asile et plusieurs de leurs soutiens - une centaine de personnes - sont allés manifester jusqu’à la préfecture. Ils en avaient l’intention mais ils ont été stoppés par un barrage des forces de l’ordre.
Un face-à-face relativement calme, même si les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour repousser les manifestants qui tentaient de forcer le barrage en scandant notamment l’expulsion du préfet.

Une grosse demi-heure plus tard, après avoir fait part de leur colère «de ne pas être entendus dans un état de droit», les demandeurs d’asile et leurs soutiens sont allés en direction de leur campement du Chemin des Cailloux, là où des représentants de l’Office français de l’immigration et de l’intégration et de la Direction départementale de la cohésion sociale devaient discuter de solutions de relogement. L’occasion d’ailleurs pour le collectif de parler d’un «camping très précaire» malgré l’installation de quelques barnums lundi soir par la Ville de Dijon, aide tout de même évoquée devant la cité judiciaire. Pour le collectif, la mobilisation se poursuit «même si des avancées en quelque sorte» pourraient être faites.
La circulation des tramways a pu quant à elle reprendre normalement autour de la place de la République.

En fin de soirée ce mardi, le collectif a fait part de son inquiétude quant aux 11 personnes placées en centre de rétention à Metz tout en déplorant une situation bloquée : «Des représentants de l'Etat sont venus sur le campement cet après-midi pour repartir en confirmant qu'ils n'avaient aucune solution un tant soit peu durable pour la plupart des personnes. La situation est donc totalement bloquée».


Alix Berthier
Photos : Alix Berthier