lundi 10 décembre 2018
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Le préfet de Côte-d'Or et de Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz, a réagi ce samedi pour Infos-Dijon.
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DIJON : Les «Gilets Jeunes» manifestent en un cortège désorganisé

03/12/2018 17:22Imprimer l’article
Actualisé à 17 heures : Les lycéens dispersés par les policiers, la manifestation est terminée.
Les lycéens, sur le modèle de ce que font les Gilets Jaunes, étaient dans les rues de Dijon ce lundi. Ils ont déambulé en un cortège désorganisés et se sont frotté aux forces de l'ordre quand ils les croisaient.
Sur le campus, les lycéens ont brièvement envahi l'amphithéâtre Galilée et des dégradations ont eu lieu, provocant la colère des étudiants.
«Macron t'es foutu, la jeunesse est dans la rue», «Dijon, soulève-toi»… Les slogans entendus ce lundi dans le cortège de lycéens qui a arpenté la ville de manière improvisée n'ont pas grand chose à voir avec la réforme du bac ou la hausse des frais d’inscription à l'université pour les étudiants étrangers hors Union Eeuropéenne, mais collent plutôt à l'ambiance créée par le mouvement des Gilets Jaunes. Certains aimaient d'ailleurs à se rebaptiser les «Gilets Jeunes».
Cette manifestation n'avait pas de banderoles ni d'itinéraire déterminé, qu'il soit ou non, d'ailleurs, déclaré en préfecture. Il ne l'était pas. Dans la foule, plusieurs centaines de lycéens, beaucoup de jeunes suivaient tranquillement le groupe. D'autres couchaient des poubelles au milieu de la route, d'autres encore les incendiaient parfois, et d'autres enfin tentaient de dissuader les premiers de faire ces dégradations. A chaque étape, à chaque carrefour presque, on se regardait pour essayer de savoir ce qu'on allait faire. C'est ainsi que le groupe a grossi durant la première partie de la matinée, allant de lycée en lycée. Carnot, Eiffel, Hippolyte Fontaine, Le Castel, etc.

Usage de grenades lacrymogènes


Par endroits, comme devant le lycée Carnot en début de journée, mais aussi rue du Transvaal en fin de matinée et avenue Victor Hugo en début d'après-midi, les lycéens ont fait face aux forces de l'ordre. Celles-ci ont été victimes de jets de pierres, parfois grosses comme des pavés, et ont fait usage de gaz lacrymogènes. Policiers et lycéens disent que c'est l'autre qui a tiré le premier.  Mais à l'angle de la rue de la préfecture et du boulevard de la Trémouille, ce sont bien des lycéens qui ont lancé des pierres sur les gendarmes postés en travers de la rue. Lesquels n'ont pas répliqué.

Le cortège est passé là peu avant 13h30, après une halte devant le tribunal décidée à la sortie du campus. A la Cité Judiciaire, les meneurs voulaient que les manifestants soutiennent les interpellés de samedi qui devaient passer en comparution immédiate. Les lycéens sont venus, ont acheté quelques sandwiches au centre commercial Clémenceau, ont bloqué le tram et quelques voitures, et sont repartis, visiblement pas très intéressés par le statu quo. Les inculpés n'auront finalement pas de soutien.

Intrusion au lycée Le Castel


La Préfecture de la Côte-d'Or fait état de «violences contre les forces de l'ordre devant le commissariat de police à l'instigation d'adultes casseurs manifestement extérieurs au mouvement» et signale qu'un policier a été blessé. La réponse des forces de l'ordre a été «mesurée» ajoute-t-elle.
Par ailleurs, elle signale aussi une intrusion au Lycée du Castel et précise qu'une intervention des forces de l'ordre a été décidée en accord avec la Rectrice.
Plusieurs interpellations ont eu lieu ce lundi matin.

Actualisé à 17 heures : les lycéens dispersés


Le cortège a fait un passage mouvementé au lycée Montchapet, où les policiers ont dû de nouveau faire usage de gaz lacrymogènes, face à des manifestants qui ont commis «des violences inadmissibles à l'encontre des forces de l'ordre», tels que des «jets de projectiles, feux de poubelles, dégradations nombreuses».
Les lycéens se sont ensuite rendus place Darcy puis place de la République, où des poubelles ont été mises à l'entrée de la rue de la préfecture pour faire face aux forces de l'ordre. Mais les quelques lycéens qui provoquaient les policiers ont été repoussés par une grenade lacrymogène lancée par la brigade anti-criminalité qui les avait pris par surprise. C'est enfin à proximité du lycée Carnot que le dénouement de cette manifestation a eu lieu. Les forces de police ont décidé de mettre fin au jeu du chat et de la souris. «Ils nous amusent depuis ce matin, ça suffit» confiait un policier. 

Les forces de l'ordre ont alors chargé à plusieurs reprises, repoussant les lycéens au carrefour du boulevard de Verdun et de la rue de Mulhouse, où ils se sont retrouvés encerclés et ont déguerpis comme des lapins à la charge des policiers. Une interpellation a eu lieu à cet endroit et la plupart des lycéens présents ont pu partir sans être inquiétés. Il était alors 16 heures et la manifestation n'allait pas reprendre, d'autant que la pluie commençait à tomber sur Dijon.

Le déplacement de madame la rectrice ce lundi 3 décembre à 18h30 à l'école élémentaire Victor-Hugo dans le cadre d'un «café des parents académique» a été annulé.
N.R.
Photos Nicolas Richoffer


Un policier montre un caillou reçu ce matin, rue du Transvaal

L'intrusion dans l'amphithéâtre Galilée à la fac :




Le cortège reprend la direction du centre-ville :




Devant la Cité Judiciaire :




Place de la République :





La dispersion, à proximité du lycée Carnot :




 
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