jeudi 19 septembre 2019
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DIJON METROPOLE : «On s’est donné un horizon à 2030 et on va y aller ensemble»

13/09/2019 18:21Imprimer l’article
Le projet de territoire modèle «Système alimentaire durable de 2030» a été retenu suite à l’appel à projet TIGA «Territoires d’innovation de grande ambition» lancé par l’Etat. Porteurs et partenaires du projet ont fait part de cette avancée et de leur satisfaction ce vendredi.
Pour la Métropole de Dijon, le projet relève d’une forte ambition. Et la sélection par l’Etat se présentait comme un réel challenge, pour une nouvelle impulsion au projet, une poursuite encore plus élevée des objectifs.
«Des parlementaires de la majorité ont cru bon d’annoncer la nouvelle avant pour se mettre en valeur, mais les vrais acteurs du projet sont là, avec leurs compétences et leurs intelligences». Tels ont été les premiers mots du maire de Dijon et en l’occurrence président de Dijon Métropole, François Rebsamen, ce vendredi à la mi-journée, lors justement d’une conférence de presse visant à faire le point sur le dossier évoqué.
«Un travail de longue haleine s’est engagé dès 2017 : 50 organismes et 180 personnes se sont réunis et ont travaillé ensemble pendant 18 mois pour arriver au résultat formidable que nous connaissons aujourd’hui. Il est le fruit de la mobilisation de tous les partenaires qui ont à cœur de faire de Dijon Métropole une terre d’innovation et d’écologie : l’INRA, le Groupe SEB, le pôle de compétitivité Vitagora, le réseau Food Use Tech, Dijon Céréales, l’Université de Bourgogne, Orange... Ce projet, porté par Dijon Métropole et déjà soutenu par 5 communautés de communes et la région Bourgogne-Franche-Comté, va bien au-delà des frontières de notre capitale régionale et bénéficiera à l’ensemble de notre département».

«Faire évoluer les pratiques pour une alimentation durable»


Ce projet rappelons-le, c’est celui de travailler sur l’alimentation durable à l’horizon 2030. «C’est l’idée de mieux produire et mieux manger. Faire évoluer les pratiques pour une alimentation durable», a résumé François Rebsamen, en parlant d’actionner des leviers de transformation territoriale, de mobiliser la restauration mais aussi d’impliquer les populations vulnérables.
Pour le président de Dijon Métropole, cette sélection par l’Etat vient conforter, reconnaître une réflexion déjà engagée. «Nous y croyons fortement, d’abord pour la population de cette région, et pour le caractère exemplaire de ce que nous allons porter. Nous sommes d’ailleurs signataires du pacte de Milan (alimentation durable à l’échelle mondiale). Le travail est déjà engagé avec des grands groupes mais notre volonté est d’associer les citoyens à cette dynamique, dans le cadre du plan alimentaire territoriale», a-t-il insisté.

«Ça va en faire une vitrine pour d’autres métropoles»


Sur le plan régional, au niveau de la Bourgogne-Franche-Comté, ce sont même deux projets qui sont retenus, sur les 24 dossiers. À Belfort, la thématique développée est l’adaptation industrielle à la transition énergétique. «10 %, et vous savez que nous ne représentons pas 10 % de la population nationale», a voulu faire remarquer Marie-Guite Dufay. «Cela montre l’énorme potentiel que nous détenons sur notre territoire», a-t-elle poursuivi.
La présidente du Conseil Régional est à Bibracte en cette fin de semaine pour parler d’avenir du territoire et de l’agriculture notamment. De Bibracte à Dijon, il n’y a qu’un pas pour Marie-Guite Dufay qui est revenue sur l’engagement de Dijon Métropole «pour un dossier d’envergure et d’avenir». Selon la présidente de la Région, la métropole dijonnaise a fait plus que d’autres collectivités de son rang sur ces questions d’agroécologie et d’alimentation et «ça va en faire une vitrine pour d’autres métropoles».
«Il faut aujourd’hui prendre le train de la transformation de notre société, numérique, écologique, énergétique», lance Marie-Guite Dufay. Ce que fait parfaitement Dijon Métropole selon elle, «avec le souci de l’agriculture et de l’alimentation durables».

«Il nous faut créer les services de demain»


Du côté des partenaires scientifiques et technologiques, l’enthousiasme est réaffirmé. «Le territoire va être un terrain d’application pour mettre en oeuvre toutes les innovations sur lesquelles on travaille depuis bien des années, sur l’agroécologie et l’alimentation. L’enjeu est bien de les mettre en relation au service de tous», a déclaré Philippe Lemanceau, directeur de l’UMR Agroécologie de l’INRA.
«Il y a trois ans, on a eu la reconnaissance de la FoodTech. Voir un projet dans la continuité, se dire comment on va continuer à innover sur les nouveaux usages liés à l’alimentation et mieux produire, mieux consommer, pour le bien-être de l’usager… C’est très encourageant. Ce qui me plait, c’est de remettre l’usager au coeur de la thématique. Ce sera à eux de nous dire comment ils veulent impacter, modifier leurs manières de produire, de consommer. Il nous faut créer les services de demain», annonce Xavier Boidevezi, secrétaire national de l’écosystème dont le grand salon se déroulera les 19 et 20 septembre à Dijon, au Parc des Expositions et Palais des Congrès. Un débat sur les pratiques alimentaires est notamment au programme.
«C’est le résultat de 15 ans de travail en commun. On va porter haut les couleurs de l’alimentation durable pour le bien-être de notre grande région», assure Pierre Guez, au nom de Dijon Céréales et du pôle de compétitivité Vitagora. Le partage des données et les modifications et ajustements à partir de celles-ci, ils sont possibles notamment grâce à la participation d’Orange dont Thierry Germa, directeur des projets innovants en Bourgogne-Franche-Comté, a rappelé la mise à disposition d’outils numériques.

10 millions d’euros de l’Etat


Eric Pierrat, secrétaire général pour les affaires régionales, a évoqué le rôle des services territoriaux de l’Etat (DRAAF, DIRECCTE) dans l’accompagnement du projet de Dijon Métropole.
Financièrement, aux trois millions d’euros engagés par la Métropole et deux millions d’euros par la Région Bourgogne-Franche-Comté, trois millions d’euros sont accordés par l’Etat en subvention de fonctionnement et 6,5 millions par la Caisse des dépôts telle une participation à l’investissement. D’autres investissements, du fait de la dynamique plus large «public-privé», devraient suivre dans le courant du projet. Un budget prévisionnel de 42 millions d’euros est avancé, sur 24 actions.

Les rapprochements avec les territoires ruraux qualifiés d’essentiels…


«Comment produire et manger pour le bien-être de tous les citoyens ?», c’est ainsi la réflexion qui peut être davantage développée et approfondie. Sans oublier une dimension de cohésion sociale, reposant aussi sur les interactions entre l’urbain et le rural.
«C’est parce qu’il y a une réciprocité entre les territoires avoisinants, une complémentarité, que ce projet a été sélectionné. Je pense qu’il faut travailler et vous pouvez compter sur les services de l’Etat pour vous aider. Nous pouvons tous nous féliciter d’avoir deux projets, deux filières d’excellence. La Bourgogne-Franche-Comté a ici deux points forts», a appuyé Eric Pierrat.
Plus tôt lors de la conférence de presse, François Rebsamen a quant à lui souligné les rapprochements effectués avec les Communautés de communes du Châtillonnais, de Montbard et de la Plaine dijonnaise et espéré des démarches similaires avec Pouilly/Bligny et Gevrey-Chambertin/Nuits-Saint-Georges. «Quant aux autres, ça dépendra du bon vouloir du Département…», a-t-il lâché. Avant d’y revenir : «Contrairement à ce que disent certains, le projet ne consiste pas à laisser les agriculteurs produire et les Dijonnais manger ce qui est produit. C’est bien d’avoir des relations avec les autres territoires. Des territoires, qui nous sont proches, sont interdits de participer mais je pense qu’ils vont rejoindre le mouvement qui est bel et bien lancé. Ça ne fait que commencer. On s’est donné un horizon à 2030 et on va y aller ensemble».

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

Le communiqué du Premier ministre, Edouard Philippe :


À l’occasion d’un déplacement dans la Drôme, le Premier ministre a annoncé les 24 territoires lauréats de l’action « Territoires d’innovation », qui seront soutenus par l’Etat dans le cadre du Grand Plan d’Investissement à hauteur de 450 millions d’euros, pour développer à grande échelle des innovations répondant à des besoins de transformation exprimés par les acteurs des territoires lauréats.
 
Le Premier ministre a rencontré les porteurs de deux projets dans la Drôme : « Biovallée » et « Valence-Romans, capitale des start-ups de territoire », figurant parmi les lauréats.
 
Tous les projets ont été co-construits avec les acteurs locaux, réunissant des collectivités territoriales de toutes tailles et des partenaires économiques engagés dans la transformation de leur territoire, avec l’appui de l’Etat.
 
L’objectif de ces investissements est d’accélérer les grandes transitions sur ces territoires pilotes (territoires ruraux, villes moyennes et territoires d’industrie) à travers, par exemple, la réduction de la consommation d’énergie et du tonnage de déchets, le développement de nouvelles formes de mobilité, l'évolution des pratiques agricoles et viticoles et la promotion de la production bio, la reconquête industrielle et le développement de l’industrie du futur conciliant haute technologie et réduction de l’empreinte carbone, la revitalisation de centre-villes, l'évolution des modes de prise en charge du système de santé, le déploiement de nouvelles solutions numériques au bénéfice des populations, l'adaptation des compétences aux évolutions du marché du travail, etc.
 
Les différentes innovations portées par les 24 projets illustrent, dans les territoires, les ambitions du Gouvernement pour faire de la France un modèle en matière de transition écologique, de société de compétences et d'économie d'innovation.?
Les 24 lauréats proposent des innovations du quotidien au bénéfice des populations, reflétant la diversité des projets et des territoires :  développement d’exploitations agricoles bioécologiques, réinstallations d’unités industrielles et décarbonation de processus de production, valorisation des ressources en bois local, meilleure inclusion des personnes en situation de handicap, mise en service de navettes autonomes, développement de l’hydrogène, aménagement et conversion de friches, amélioration de la qualité de l’air dans un territoire portuaire et de l’eau dans un territoire agricole, promotion du tourisme durable, etc.
 
L’action « Territoires d’innovation » du Programme d’investissements d’avenir (PIA) comprend des subventions (enveloppe de 150 millions d’euros) et des investissements publics  (enveloppe de 300 millions d’euros) pour mettre en œuvre ces innovations et faire levier sur les financements apportés par les collectivités locales et leurs partenaires privés. Les 24 territoires lauréats, sélectionnés à la suite d’un appel à projets lancés en novembre 2018, bénéficieront d’un accompagnement dans la durée de la part de l’Etat et de son opérateur, la Banque des territoires.

Le communiqué du Député de la Côte-d’Or, Didier Martin :


Bonne nouvelle : le Gouvernement par la voix de son Premier ministre Edouard Philippe annonce aujourd’hui la mise en œuvre du projet « Territoires d’innovation de grande ambition«  (TIGA) de Dijon Métropole visant à développer un « système alimentaire durable pour 2030 », avec une enveloppe de 450 millions d'euros distribués entre les 24 territoires sélectionnés. 
Ce qui permettra de renforcer l’alliance des territoires urbains et périurbains, l’implication de la population et la collaboration des acteurs publics et privés.

Ce qui répondra également à 3 objectifs principaux correspondant à 3 enjeux de société :

Satisfaire les consommateurs de la métropole avec les maraîchages et les cultures périurbains, les circuits courts, la production bio, la création d’une légumerie et les replantations viticoles.
Renforcer la performance et la sécurité agroalimentaire à travers les organismes de recherche et l’enseignement supérieur - Université de Bourgogne, AgroSup, INRA -.
Innover grâce aux technologies numériques et l’industrie pour une alimentation plus équilibrée, plus saine et une vie quotidienne plus pratique, avec le pôle de compétitivité Vitagora, AgrOnov et la FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté.

Je félicite tous ceux qui ont conçu et porté cette grande ambition justement reconnue par le Gouvernement et demain financée par l’Etat.