vendredi 19 avril 2019
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Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
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DIJON : Pascal Boniface, «si la justice n'est pas universelle, ce n'est pas la justice»

29/03/2017 18:24Imprimer l’article
Le directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) est à Dijon ce samedi, à l'occasion de la première édition des Internationales de Dijon. La ville de Dijon et l'institut se sont associés pour lancé ce colloque avec des personnalités très diverses, de Pierre Joxe à Lilian Thuram. Pascal Boniface répond aux questions d'infos-dijon.

infos-dijon : Pourquoi les Internationales à Dijon et pas ailleurs, puisque vous organisez des évènements ailleurs qu'à Paris, comme les entretiens d'Enghien?

Pascal Boniface : «J'étais venu à Dijon faire une conférence, il y a environ un an, pendant la semaine de l'Europe. A cette occasion, j'ai discuté avec Sladana Zivkovic (enjointe déléguée aux relations internationales à Dijon, ndlr) et François Rebsamen à cette occasion. D'autant que Dijon est devenue, aujourd'hui, une métropole régionale à vocation internationale. Pour l'Iris, c'est intéressant de ne pas rester dans Paris mais d'aller également dans des grandes villes comme Dijon, qui ont un tissu universitaire et associatif très développés. Puis je connais Sladana Zivkovic, qui j'avais déjà rencontré lors d'un séminaires sur la coopération décentralisée à Marseille. C'est là qu'elle m'avait invité à Dijon».


Vous intervenez sur la justice internationale. Question provocatrice mais peut-on imaginer un jour un George Bush ou un Nicolas Sarkozy, traduits devant la Cour Pénale Internationale (CPI), ou est-ce réservé aux chefs d'Etat africains…?

«C'est bien le problème. Le fait que CPI poursuive des chefs d'Etat est une bonne nouvelle, cela veut dire plus de justice. Mais pour l'instant, la CPI ne s'adresse uniquement qu'aux pays africains. Donc ces pays, on a vu l'exemple récent de l'Afrique du Sud, s'en retirent. Alors que les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies sont protégés ainsi que leurs alliés. Or, si la justice n'est pas universelle, ce n'est pas la justice».

Dans votre dernier livre (Je t’aimais bien tu sais, Le monde et la France : le désamour?, éditions Max Millo, janvier 2017), vous parlez du «désamour», notamment des pays arabo-musulmans pour la France. Attendez-vous une inflexion de la politique étrangère de la France et avec quel candidat?

«Pour savoir ça, il faudra attendre de savoir qui est élu le 7 mai. D'ailleurs jusque là, les différents candidats se sont un peu exprimés mais on est encore dans le flou. Il n'y a pas suffisamment de débats sur la politique étrangère et le climat ambiant est plus tourné sur les affaires et les personnes.
Alors que celui qui sera élu sera quand même en charge de définir l'action internationale de la France. Je remarque qu'Emmanuel Macron  semble vouloir garder Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense de François Hollande, ndlr)…».

L'Iris peut-il jouer un rôle pour réconcilier le Moyen Orient et l'Occident?

«A l'Iris, nous n'avons pas l'orgueil de le penser. Je reviens de 10 jours en Chine et j'essaye d'expliquer la politique étrangère française. Mais nous, on est pas décideurs, on essaye de faire comprendre. Avec la France, nous avons aussi des contrats avec les ministères mais aussi des relations de personne à personne, afin également de créer des contacts informels».

Et à plus petit niveau, des rendez-vous comme les Internationales de Dijon peuvent informer les citoyens sur le monde complexe qui les entoure?

«Je peux me tromper mais je fais le pari qu'il y aura du monde, pour avoir l'habitude de me rendre en province dans les régions où je suis invité. Les gens s'intéressent beaucoup à la géopolitique, à condition qu'on en parle clairement et que l'on évite le jargon des pseudos spécialistes».

Propos recueillis par Bruno Lédion
Photo : Iris


Le programme


-9h – Allocution de bienvenue par François REBSAMEN, maire de Dijon, président du Grand-Dijon, et Pascal BONIFACE, directeur de l’IRIS

-9h30-11h – La démocratie en danger ?
Au sortir de la guerre froide, on avait le sentiment que la démocratie allait devenir la norme. Pourtant, non seulement des dictatures subsistent mais des élections peuvent permettre le triomphe de dirigeants autoritaires, tandis que les citoyens des démocraties les plus établies semblent se lasser du système.
Roselyne BACHELOT, ancienne ministre
Bertrand BADIE, professeur des universités à Science Po, expert en relations internationales
Pierre JOXE, ancien ministre, avocat au Barreau de Paris?
Lukáš MACEK, directeur de Sciences Po Dijon

-11h15-12h45 – Y a-t-il une justice internationale ?
L’établissement de la Cour pénale internationale laissait espérer la fin de l’impunité. Elle est aujourd’hui mise en cause pour pratiquer un « deux poids, deux mesures » qui revient à n’inculper que les chefs d’États africains et épargner ceux des pays puissants.
Pascal BONIFACE, directeur, IRIS
Monique CHEMILLIER GENDREAU, juriste, professeure émérite de droit public et de science politique à l’Université Paris VII – Diderot
Geneviève GARRIGOS, porte-parole d’Amnesty International France


-14h00-15h30 – Le sport peut-il être mis au service des droits de l’homme ?
Le sport est devenu un fait social total et occupe un espace médiatique et sociétal à nul autre pareil. Comment le sport et les sportifs peuvent-ils contribuer à la promotion des droits humains ?
Emmanuelle ASSMANN, présidente du Comité paralympique et sportif français
Pape DIOUF, ancien journaliste sportif, ancien président de l’Olympique de Marseille
Gérald SIMON, professeur, directeur du Laboratoire de Droit du Sport, Université de Bourgogne
Lilian THURAM, président de la Fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme, ancien footballeur

15h45-17h15 – Les réfugiés
Les opinions occidentales sont divisées face à la crise des réfugiés. Y-a-t-il des réponses crédibles et satisfaisantes à cette crise, respectueuses des droits de chacun ?
Jean-François CORTY, directeur des opérations internationales, Médecins du Monde
Pierre HENRY, directeur général de France terre d’asile
Thomas RIBÉMONT, président d’Action Contre la Faim
Catherine WIHTOL DE WENDEN, directrice de recherche au CNRS

17h15 – Allocution de clôture par Sladana ZIVKOVIC, adjointe au maire, déléguée aux relations internationales et aux relations extérieures de la ville de Dijon

L’entrée est gratuite, l’inscription obligatoire dans la limite des places disponibles sur www.iris- france.org.