mardi 22 mai 2018
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Médecin régulateur au Samu 21 et conseiller départemental, Christophe Avena décrit les difficultés des médecins régulateurs, confrontés à une augmentation continue des appels. Sans se prononcer sur le contenu de la conversation entre le Samu de Strasbourg et Naomi Musenga, il note une anomalie dans cette affaire, symptomatique d'un manque de médecins régulateurs.
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DIJON : Premier objectif atteint pour la Recyclade avec l'embauche d'un salarié

11/05/2018 19:47Imprimer l’article
L’association dijonnaise, dont la recyclerie est de plus en plus connue et alimentée par les particuliers, vient d’embaucher son tout premier salarié : un directeur... Les perspectives de développement vont bon train pour une association qui a un peu plus d’un an seulement.
«Licencié économique dans une entreprise agroalimentaire, j’ai passé une dizaine d’entretiens avec des réponses négatives, car j’étais soit trop diplômé, soit trop cher, soit trop instable même parce que j’avais fait plusieurs sociétés dans ma vie professionnelle… Puisque je n’avais plu d’emploi, je me suis dit que j’allais créer mon emploi avec les valeurs qui m’animent : le développement durable, l’environnement, l’humain», explique simplement Frédéric Ramette, 53 ans.
Il est donc le tout premier salarié de l’association La Recyclade. Titulaire d’un DUT Génie Mécanique obtenu à l’IUT de Dijon et un diplôme d’ingénieur en Administration et gestion des entreprises passé à l’école de management de Lyon, il avait alors occupé plusieurs postes dans l’industrie en tant que responsable technique. Durant quatre ans, il avait même développé sa propre entreprise de mécanique générale, Méca Pro à Fenay, avant d’arrêter en 2009 et de reprendre des postes dans l’industrie jusqu’à son licenciement économique.

«Nous sommes sur les hypothèses hautes»


Il travaillait sur le projet de La Recyclade depuis trois ans, projet écrit et mis en place avec trois autres membres fondateurs. Les statuts de l’association ont été déposés en mars 2016. Avec l’ouverture d’une boutique éphémère à Gissey-sur-Ouche et surtout l’ouverture, le 26 septembre 2017, de la recyclerie au 11 rue du Nuits-Saint-Georges.
7 mois plus tard, l’association est donc en capacité d’embaucher un salarié. «C’est le meilleur des scénarios possibles. Tout se passe super bien jusque-là. Pour toutes les prévisions et réflexions que l’on a pu faire, nous sommes sur les hypothèses hautes», apprécie celui qui est désormais officiellement directeur de La Recyclade.
Quand on suppose que les finances sont saines, il assure dans le souci de placer l’association comme priorité : «Si on le fait, c’est que nous avons les moyens de le faire. Il est hors de question de mettre à mal l’association».

Un poste à temps plein


L’intitulé du poste créé par La Recyclade est celui de directeur de recyclerie, chargé du développement de la recyclerie. Il implique d’assoir la gestion financière de l’association via des activités ainsi que de développer celles-ci mais aussi des partenariats, des conventions avec des organismes, «avec l’objectif d’être autonome financièrement». Un poste à temps plein, sans forcément compter les heures. «Je prends le temps nécessaire au bon établissement de mes fonctions», assure Frédéric Ramette. L’emploi permet en quelque sorte de professionnaliser l’association.
Présidente de La Recyclade, Patricia Rovira nous parle notamment des partenariats avec Trisomie 21, la SDAT, les Foyers de la Mutualité et Dijon Métropole… Concrètement, il s’agit d’implication de jeunes membres des associations partenaires pour des aides au tri hebdomadaires à la recyclerie… Avec la collectivité territoriale, les ateliers de pratiques liées au développement durable ou de conceptions et fabrications à base de matériaux de récupération sont rendus gratuits pour les Dijonnais.

Confirmer que la structure est sérieuse


«A partir du moment où on crée un emploi, on devient une association plus sérieuse…», répète Frédéric Ramette, pensant à de nouvelles perspectives dont un projet avec l’Acodège sur lequel l’association ne peut toutefois pas encore communiquer.
Un travail avec les grandes surfaces, de bricolage notamment, est à développer pour la récupération des invendus. Rappelons qu’à La Recyclade, on récupère et on recycle tous les types d’objets sauf les produits alimentaires, en montrant que les supposés «déchets» ont une valeur et peuvent encore servir. «L’idée n’est pas de faire la concurrence aux grandes surfaces mais de créer une certaine complémentarité, en leur amenant par exemple des gens qui se mettraient à bricoler grâce à nous», précise-t-on. L'aménagement d'une Bricothèque attenante à la recyclerie est un projet avancé.
Dans les objectifs de l’association, il est aussi inscrit la création d’un poste de valoriste, afin de bien mettre l’accent sur les ateliers et opérations de transformations d’objets proposés par La Recyclade. Un poste en ce sens devrait être créé cette année, avant éventuellement un emploi de collecteur ou bien de vendeur.
«C’est la méthode zen même si on va très vite. On avance, on stabilise, on assoit la structure. On est dans le meilleur schéma qui puisse exister pour nous aujourd’hui, en sept mois seulement à la recyclerie. C’est tout un ensemble qui marche bien», disent la présidente et le directeur dans une approche d’évoluer positivement mais aussi raisonnablement.

Exploiter au mieux les ressources


L’association, bénéficiaire en 2017, est ainsi en mesure de couvrir ses frais et de se développer sainement. Une réussite et une poursuite des objectifs dues notamment à un espace de vente de 300 à 350 m2 bien fourni.
L’association compte plus de 5 000 heures de bénévolat sur l’année 2017 et garde le rythme puisqu’elle devrait approcher les 2 500 heures de bénévolat sur la première partie de l’année 2018. Entre 20 et 25 bénévoles font tourner régulièrement La Recyclade.
Seul point négatif peut-on dire, ou en tout cas qui pose question, l’association n’a pas vraiment de lieu de stockage, hormis évidemment son espace de vente. La location de garages n’est pas une solution suffisante sur le long terme, sachant que la collecte est de l’ordre de 50 kg par jour.
Là encore, l’association n’exclut rien et veut saisir les opportunités, en souhaitant tomber sur un grand lieu de stockage voire pourquoi pas ouvrir une autre boutique… «L’avenir nous le dira. On est suffisamment ouverts pour ne pas se fermer. On verra bien», lance Frédéric Ramette.
L’équipe associative, dans une dynamique «nourrie par des profils et des savoir-faire différents» souligne-t-on, fait en sorte d’exploiter au mieux les ressources que leur offre le succès grandissant de la recyclerie. En faisant en sorte d’inviter toute personne intéressée à trouver sa place dans cette dynamique.

Alix Berthier

Relire notre article sur l’ouverture du magasin de La Recyclade

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