mardi 21 novembre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
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DIJON : Sept ans après l'incendie meurtrier du foyer Adoma, «il faut toujours soutenir les victimes»

10/09/2017 17:51Imprimer l’article
Ce samedi, Alioune Badara Cisse, médiateur de la République du Sénégal, était à Dijon pour une visite de courtoisie et un moment de recueillement devant la stèle érigée à la mémoire des sept victimes de l'incendie du foyer Adoma, le 14 novembre 2010. Sept ans après le drame, des victimes ne sont toujours pas indemnisées.
Rahhal Belgaid, Jean-Claude Kongdara, Cuong Luuthe, Mamadou Ndiaye, Albert Abel Pothier, Demba Samb, Christian Sautreau. Les noms des sept victimes décédées en 2010 dans l'incendie criminel du foyer Adoma de Dijon ont été lentement égrénés, ce samedi, par Alioune Badara Cisse, Défenseur des droits et médiateur de la République du Sénégal, dans un moment de prière et de recueillement devant la stèle commémorant ce drame qui a marqué durablement l'histoire dijonnaise. 72 autres victimes avaient été hospitalisées, et plus de 200 personnes s'étaient constituées partie-civile. Les deux auteurs ont été condamnés à 14 et 15 ans de prison ferme.

Ce samedi donc, Alioune Badara Cisse était à Dijon pour «une visite de courtoisie annuelle». L'occasion pour lui de rencontrer Hyacinthe Diouf, conseiller municipal, «membre éminent des communautés sénégalaise et française». Surtout, le médiateur de la république du Sénégal, accompagné d'une délégation, et rejoint par Jean-Claude Louari, maire de Fada N'Gourma (Burkina-Faso) et secrétaire général de l'association des maires du Sénégal, s'est recueilli à la mémoire des victimes, dont deux étaient sénégalaises, devant la stèle située à l’angle de l’avenue du Lac et du boulevard Bachelard.

«Si on ne pousse pas, ça ne va jamais bien loin»


«Pour certains, les indemnisations tardent» déclarait-il devant le monument. «Ces indemnisations n'arrivent pas à cause de papiers européens qui manquent aux victimes. Je veux donc essayer de pousser en leur faveur. Si on ne le fait pas en pareille circonstance, ça ne va jamais bien loin». En sa qualité de défenseur des droits, Alioune Badara Cisse va se «rapprocher de l'Etat sénégalais pour faire avancer ce dossier».

Comme un message à la communauté sénégalaise de France, il rappelait à ses concitoyens de «toujours respecter les lois françaises. C'est la meilleure façon de représenter dignement son pays» tout en ajoutant qu'il faut «savoir pardonner car on ne peut pas faire revenir les morts». «En tant qu'ancien ministre des affaires étrangères du Sénégal» ajoutait-il à Infos-Dijon, «je les considère tous comme des ambassadeurs du Sénégal. Il ne faut jamais se défausser derrière un reproche».

«Je rencontrerai Jacques Toubon, défenseur des droits»


Sur la question des indemnisations, Alioune Badara Cisse concluait : «Aucune suite n'a été donnée par l'Etat français à la demande d'indemnisation des deux familles des victimes sénégalaises. C'est pourquoi je rencontrerai Jacques Toubon, défenseur des droits français, afin d'évoquer ce dossier. Mais ce n'est pas un problème exclusivement dijonnais ni même français. Partout, dans ce genre de dossiers, l'administration est souvent arrogante et sourde. C'est pourquoi il faut être derrière les victimes et pousser. Je dois d'ailleurs dire qu'ici, à Dijon, nous avons l'oreille attentive de Jean-Yves Pian, représentant de M. le Maire».
N.R.