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DIJON : «Si ça ne pique pas, ça ne bouge pas» lance Benoît Hamon aux grévistes de la Chartreuse

06/03/2018 16:05Imprimer l’article
L'ex-candidat du Parti Socialiste à la présidentielle et leader de Génération.s a rendu visite ce mardi en début d'après-midi aux grévistes du centre hospitalier de la Chartreuse, à Dijon.
«L'impact de ma visite restera modeste. L'Etat ne va pas sortir un chèque du chapeau du fait de ma venue» a prévenu Benoît Hamon dès le début de sa rencontre avec les grévistes, ce mardi à 14h30 au Centre Hospitalier de la Chartreuse. S'il avait potassé le sujet avant son arrivée à Dijon, l'ex-candidat à la présidentielle n'est pas arrivé avec des solutions miracles, et a longuement écouté les membres du personnel.
«Ce qui me frappe, c'est l'immaturité du dialogue social. Il est incroyable qu'il n'y ait pas un début de dialogue» a réagit Benoît Hamon à l'écoute des diverses explications d'Anne-Marie Poinsot (CGT), Delphine Chrétien (CGT), Jérôme Lallemand (CGT) et Dominique Dumoulin (CFDT) notamment.

«On est confronté à une chaine d'irresponsabilités successives»


«On souhaite que l'ARS vienne faire un parcours de soin. On les voit tous les ans, mais le discours est toujours le même. On souhaiterait rencontrer le directeur ici, pas chez eux. Pour qu'il voit le parcours patient, et les conditions d'accueil» a expliqué Anne-Marie Poinsot.
«On est confronté à une chaine d'irresponsabilités successives, mais en bout de chaine, c'est nous qui en assumons la responsabilité vis-à-vis des patients» poursuit Jérôme Lallemand.
«Ce qui me choque, c'est que ça va mal mais que personne n'est responsable au dessus de vous» acquiesce Benoît Hamon, qui était, pour cette visite, accompagné de plusieurs membres du comité 21 de Génération.s, en l'occurrence Christine Renaudin, Jean-Louis Cabrespines, Bruno Léon et Sébatien Saliques. La conseillère régionale Elise Aebicher, membre du comité du Grand-Besançon, était également attentive aux débats.

«On arrive à un moment où ça commence à déborder»


Les revendications du personnel en grève «se concentrent sur la qualité de l'accueil et les fermetures de lits, qui génèrent une surpopulation dans les services restants» poursuivent les syndicalistes. «Nous avons rencontré Jean-Yves Pian, président du conseil de surveillance, mais la Ville nous dit qu'elle ne peut rien, qu'elle n'a aucun moyen de pression». «Et les parlementaires ?» demande Benoît Hamon. «Le député Rémi Delatte a posé une question au gouvernement, mais on lui a répondu que l'hôpital avait reçu une dotation financière». «Oui, c'est une réponse technique classique pour botter en touche» juge Benoît Hamon.

Et de conclure : «On arrive à un moment où ça commence à déborder, où on perçoit qu'il y a une somme de décisions gouvernementales qui concentrent les efforts sur les mêmes épaules. SNCF, Ehpad, hôpitaux, avec une lente dégradation du secteur hospitalier, écoles : quand on fait la somme de tout ça, on voit que le service public se dégrade. Votre conflit est à un moment où les consciences se forgent. D'expérience, je vous dit que si ça ne pique pas, ça ne bouge pas».
Nicolas Richoffer
(Photos Jean-Christophe Tardivon)